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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet

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miroir, elle s’en mit dans le creux du coup. Puis, refermant le flacon, elle alla embrasser son frère.
-C’est vraiment bon de se retrouver.
-Oui, c’est un baptême que je suis heureux de fêter avec toi. Tu es la première à pénétrer dans mon repaire.
-Ho, Ho… Qu’attends-tu pour y piéger quelques douces proies.
Ce faisant, elle retourna dans sa chambre, prit la boîte de havanes achetée tout spécialement pour Rick, en provenance directe de Cuba et la lui tendit.Elle saisit ensuite le plateau sur le bar et se sauva presque dans le salon. Elle ne savait pas si elle n’avait pas réveillé de douloureux souvenirs et préférait laisser à son frère la possibilité de passer outre. S’il le désirait. Il n’en fit rien.
-Ne t’inquiète pas, dès que j’en vois une, je l’empoigne et ne lui laisse aucune chance. Merci pour les cigares… c’est trop cool… je peux encore en profiter, je n’ai personne à enfumer…
Ils étaient maintenant assis. Anaïs posa ses immenses yeux noirs sur lui. l’air de lui insinuer de poursuivre. Elle ne glisserait pas sur cette voie s’il ne lui tendait pas la perche. Elle se rappelait trop bien leur dernière discussion, même dispute à ce sujet. Il y avait trois mois. C’était d’ailleurs la première fois qu’ils en étaient venus là, et heureusement ils avaient vite calmé le jeu. Ni l’un ni l’autre ne tenait à gâcher l’amitié qui les liait. Bien qu’elle ait souffert pour son frère, et qu’elle ait également pris en considération son mal, elle ne pouvait plus admettre. Cela faisait quatre ans que Diane était morte. Dans d’affreuses circonstances, certes. Néanmoins, il ne pouvait pas rester indéfiniment célibataire.
Il avait rencontrée Diane à ses débuts à Paris. Leur relation était rapidement devenue très sérieuse. Il l’avait même invitée en Louisiane. Tout le monde l’aimait, sauf Miranda évidemment. Ceci dit, celle-ci s’était gardée de lui jouer quelques entourloupes. Elle n’avait jamais vu son frère si épris, et elle avait redouté de lourdes représailles. Diane incarnait la douceur tout en ayant un caractère de baroudeuse insatiable. Elle était blonde, longue et fine, toujours joyeuse, dynamique et très coquine, la comparaison avec la princesse n’avait rien de déplacé. Ils avaient passé des moments inoubliables. Elle adorait la nature, si bien que leurs loisirs se résumaient à bivouaquer dans quelques camps de vacances. Randonnées, escalades, pêches et autres loisirs de ce type récapitulaient leurs villégiatures.
Hélas, un drame atroce était survenu, plongeant Rick dans un désespoir sans précédent. A trois jours de leurs fiançailles, qu’ils comptaient célébrer à Deauville (tout comme leur mariage), ville natale de Diane, un terrible accident avait cueilli la jeune femme. Elle avait chevauché sa 750 et rentrait à Paris, pressée de raconter ses derniers préparatifs à son futur. Ils avaient loué une auberge et tout se ferait dans une ambiance très champêtre. Un an plus tard, elle voulait arriver à l’église en calèche. Cette petite fête annoncerait parfaitement le bal mémorable dont elle promettait justement d’être la princesse, ce jour spécial où elle donnerait sa main au seul homme qu’elle n’ait jamais aimé.
Elle était sur l’autoroute, transportée par ce genre de rêveries, lorsque brutalement elle s’était littéralement faite aplatir contre la rambarde de sécurité. Un poids lourd avait dévié de sa route. A près de cent kilomètres heure ou plus, le choc avait été impitoyable. Plus tard, le camionneur n’avait jamais pu expliquer ce qu’il s’était passé. Il n’avait même pas bu, l’alcotest était clair. Un moment d’inadvertance qui valu la vie de l’une et trois ans d’incarcération doublé d’une forte amende à l’autre. Rick n’avait même pas voulu en savoir plus. Il savait que les parents avaient fait appel, mais s’en était trop pour lui. Pour la justice, cet épisode s’ajoutait à leurs longues listes. C’était un dossier supplémentaire qui pèserait dans leurs quotas, leurs statistiques… Mais pour Rick?

Rick n’évita nullement le regard de sa sœur. Il était bien décidé à tourner la page.
-Je sais, j’ai mis du temps. Mais jamais je n’oublierai Diane.
C’était la première fois qu’Anaïs l’entendait prononcer ce prénom depuis la tragédie. Visiblement, il avait pris sur lui et fait le point.
-C’est sûr, Rick… Je n’ose même pas m’identifier. Je n’ai même jamais réussi à vraiment ressentir ta souffrance. Cela m’effraie trop…
-J’ai passé le cap grâce à mon dernier film. Dedans, j’ai en quelques sortes exorcisé ces démons.
-J’imagine que cela a dû être éprouvant, depuis trois ans que tu y travailles presque sans relâche.
-Oui, je ne voulais pas schématiser en n’évoquant que ma propre expérience. D’où mes longues recherches, dans les centres de polices, les hôpitaux, avec de nombreux accidentés de la route, leurs familles… l’association qu’ont créé les parents de Diane… Cela m’a recadré. Certains s’en sortent dans d’effroyables conditions et gardent la tête haute. Je me devais de les imiter.
-Hum…
Anaïs ne pouvait rien ajouter, mais elle écoutait avec beaucoup d’émotion, s’imaginant le dur périple auquel son frère s’était contraint.
-Tu sais, moi j’ai perdu ma fiancée… Combien ont ainsi perdu toute leur famille? Le pire c’est pour ceux qui étaient au volant. Le sentiment d’avoir assassiné les siens ne disparaît que difficilement. D’autres ne sont pas même fautifs de quoi que ce soit, pourtant ils se retrouvent au mieux dans une chaise roulante, au pire allongé sur un lit d’hôpital, dans le coma. Tel un légume, n’ayant plus que la tête qui daigne encore leur répondre. Bref, je ne vais pas te foutre le bourdon. Evidemment, je n’ai pas pu éviter de dénoncer et une pointe de cynisme ponctue le tout… Mais que veux-tu? “Désolé, c’est dans ma nature dit le scorpion à la grenouille…”
-As-tu trouvé de bons collaborateurs?
-Non, là tu touches mon point faible. Pour le moment, mon profil d’homme de télé me dessert plutôt.
-Pourquoi ne viens-tu pas chez nous quelques temps. Tu trouverais sans aucun doute exactement ce que tu cherches. Nous connaissons pas mal de monde tu sais. Sans te pistonner, nous pourrions au moins t’intégrer doucement au milieu. Et puis cela ne t’empêcherait pas de rester en France!
-Oui, c’est vrai. Depuis la dernière fois que tu m’en as parlé, j’y ai pas mal réfléchi. Ce ne serait pas idiot… Quoique la concurrence doit être rude… Je vais voir. Pour le moment, j’aimerais prendre les dispositions pour les derniers travaux à effectuer ici…

CHAPITRE 4

Voilà une bonne semaine que Patty écumait toutes les annonces possibles. Celle qu’elle venait de trouver était la première qui semblait répondre à ses attentes. Sans perdre une minute, elle pris son portable et composa le numéro.
-Allo? Heu, oui bonjour…
-Bonjour.
-Je serais intéressée par votre annonce… A propos de la collocation.
-Oui? D’accord. Quand voulez-vous visiter?
-Quand vous pouvez.
-Bien, ce soir, 18h30, ça vous va?
-Parfait, j’y serai.
Et voilà. Elle espérait que ce coup-ci serait le bon. Le descriptif annonçait un trois pièces. Deux chambres, un salon, la cuisine et la salle de bains. Seules les chambres n’étaient évidemment pas communes. Tout le reste était à disposition. Il fallait simplement voir quelles étaient les conditions d’emménagement. Elle emporterait tout ce qu’il fallait pour pouvoir conclure le jour même, si le bail lui convenait. Références, RIB et compagnie. Par contre, elle ne changerait rien de particulier à sa tenue habituelle. Si son style déplaisait, autant ne pas cohabiter.
Aujourd’hui, elle n’avait pas cours, le temps était pluvieux, elle décida donc de passer chez le chinois prendre une salade, quelques nems et des vermicelles aux champignons noirs. Elle se ferait son petit festin en rentrant. Il était déjà presque 3h. Il fallait qu’elle se dépêche si elle ne voulait pas se casser le nez sur un rideau de fer.

En rentrant, elle mit un peu de musique et déballa le tout pour l’enfourner. Faisant office de cuisine, elle avait un simple micro-ondes. Petits-déjeuners, déjeuners et dîners, il comblait tous ces besoins quotidiens. Rien de plus pratique, vaisselle réduite au minimum, odeurs presque inexistantes… Bref c’était une “batterie” dont elle ne se séparerait jamais et qui convenait à son appétit plutôt léger. En réalité, la nuit qui avait suivi l’enterrement de Marielle, Patty avait fait un terrible cauchemar dans lequel elle avait vue son amie se faire dévorer par la vermine et les vers. Elle s’était réveillée en sursaut… et rien n’avait pû dissiper ce flash. Au contraire, chaque jour qui avait suivi lui avait valu de se demander dans quel état de décomposition était Marielle. Bien qu’elle s’en voulait de ne pas garder un souvenir moins macabre, elle n’y pouvait rien. Et même maintenant, la question se posait encore. Choquée, elle avait eu l’appétit coupé et en avait gardé l’habitude… À tel point qu’elle devait presque se surveiller pour ne pas être une anorexique involontaire… Son corps serait si fin que les vers n’auraient ni le temps de l’attaquer, ni le temps de la dévorer; l’incinérateur ferait le boulot en cinq sec. Un petit corps, c’est vite brûlé… C’était d’ailleurs le seul papier officiel qu’elle s’était précipité de déposer chez un notaire : sa dernière volonté serait l’incinération…Bref, ce micro-ondes, sa chaîne stéréo, et bien-sûr la petite coiffeuse, étaient son seul patrimoine. Dérisoire pour certains, largement suffisant pour d’autres, en l’occurrence pour elle.
De toute façon, elle était contre le fait de s’attacher aux biens matériels. Elle ne dénigrait nullement la valeur des choses, qu’elle soit réelle ou sentimentale, mais ne voulait pas entrer dans le bal. Elle avait trop souffert de voir ses parents se déchirer lors de leur divorce. Elle avait alors douze ans et était en âge de parfaitement comprendre la situation. Ce qui avait également été de l’avis de M. et Mme. Frémont, qui l’avaient généreusement laissée assister à

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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet -

 

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Je suis avant tout une créative, de formation styliste et illustrateur… le développement professionnel augure d'intégrer les prestations de création de site et de référencement… Passionnée, j'utilise la toile web aussi pour exposer mes passions, L'art et l'univers enfant. Vous connaissez mon atelier de coloriages, Activités manuelles et jeux éducatifs… peut-être aussi mes talents d'illustrateur enfant… mais encore tous les loisirs artistiques pour les enfants et artistes et le magazine enfants. Enfin, mon tout dernier né : la-visionneuse.com… résultat de mes longues et vaines recherches de visuels libres de droits. Cette banque photos est directement tirée de mes archives… là aussi, quelques photographes m'accordent leur soutien. Pensez-y, vous pouvez y partager vos photos, et vous faire une place dans l'annuaire photographes.

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