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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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trâmait à la villa et, pour lui remonter le moral, l’avait submergé de nouvelles… avant même que l’autre n’ait pû lui annoncer le terrible accident.
-J’adore mon Hubert, il me fait découvrir tellement de chose. C’est un ancien légionnaire, il y a passé cinq ans, en Amazonie. Tu verrais les photos qu’il a, avec une chauve-souris sur le nez, ou à côté d’indiens qui viennent de fracasser le crâne d’un croco, ou qui viennent de chasser des perroquets, leurs arcs en bandoulière… On est allés bivouaquer… c’était trop cool! Et toi ça s’arrange.
-Oui, heu je te raconterai… je rentre bientôt. N’avait pu qu’ajouter Patty.

Très vite les conclusions de l’enquête avaient été émises. Il s’agissait d’un parfait accident. Une lésion à l’orteil et au tibia de Miranda, ainsi qu’un énorme traumatisme à la tête et surtout les microscopiques fibres de revêtement de piscine trouvés dans la plaie du crâne, prouvaient d’après les pros, qu’elle avait trébuché, était tombée à la renverse, dans l’angle de la piscine où elle s’était tapé la tête. Evanouie, elle s’était simplement noyée. La thèse que quelqu’un ait pu la pousser n’était même pas évoquée. Aucune trace qui puisse laisser penser à un intrus confortait cet état de fait. l’affaire était close. Répondant à Paul, l’enquêteur avait même souligné que Miranda était tout à fait sobre au moment de l’accident. Et quand l’autre lui avait soumis la possibilité d’une prise trop importante de médicaments, le premier avait sorti le dossier l’air interloqué.
-Des médicaments, quels médicaments? Regardez vous-même, cette femme ne suivait visiblement aucun traitement, ses résultats d’analyses sont formels. Elle ne prenait rien et ce depuis un moment, il n’y a aucun résidus, aucune trace, même pas d’un doliprane…
-Quoi? Paul lui avait pris les feuillets des mains et d’un coup d’œil rapide avait fait le point. Dingue, elle ne prenait plus rien, c’est vrai. Il avait dit cette dernière phrase en regardant tous les autres un à un. Alors comme ça, par on ne saurait quel tour de passe-passe, Miranda leur avait fait la nique… Tout ce qui s’était passé ces derniers temps, elle l’avait vécu et fait sciemment… De quoi les maintenir un moment dans leur malaise.

Le corps de Miranda avait été rapatrié et tous avaient pris l’avion. A part Patty qui s’était proposée de cloturer tous ce qui devait l’être ici, avant de retourner à Paris. C’était seulement sur son insistance que ça lui avait été accordé, et la remerciant franchement, les éléments nécessaires pour le bail et les employés lui avaient été transmis. Rick était très mal à l’aise, mais satisfait de prendre le même vol que les siens…Avant de partir, il avait tout de même attrapé Patty et entraînée dans leur chambre. Seuls, il lui avait pris les mains, et les yeux droits dans les iens lui avait dit :
-Je sais que ce n’est pas le moment. mais j’ai appris qu’il faut vivre le moment présente. Je t’aime. Veux-tu être ma femme. Patty tombait des nues.
-Rick, t’es pas bien. Elle l’avait embrassé. Oui, bien-sûr que l’idée me dit. Mais tu es dans une mauvaise phase, je ne voudrais pas que tu regrettes.
-Je ne regretterais pas. Je veux me lever et me coucher à tes côtés, jusqu’au dernier souffle. Son air était si grave que Patty comprit qu’elle n’aurait pas à souffrir de cette demande. Ce n’était pas un coup de tête.
-Oui, je veux être ta femme. Elle l’avait embrassé et ils avaient fait l’amour, doucement, tendrement… la tête vide. Leurs corps et leurs âmes ne demandaient qu’à s’aimer tranquillement, ils avaient obéi.

Outre mer, les funérailles furent organisées. La douleur générale avait invité chacun à y mettre du sien, comme pour tout enterrer, humblement… et se racheter d’on ne savait quoi. Anaïs avait pris en main toute la paperasse, Paul la secondait, lui fournissant tous les documents utiles. Il avait tout chez lui. En attendant l’enterrement, lui, était rentré à Paris : il n’avait pas pensé un instant pouvoir rester au ranch… La mort de Miranda l’avait bousculé outre mesure. Il était bouleversé et avait prié ses beaux parents de lui pardonner son absence, c’était au dessus de ses forces. Anaïs, Rick et ses parents s’étaient eux chargés des funérailles. Un beau cercueil, des fleurs et tout le tintouin. Ils ne pouvaient rien oublier, le commerce de la mort est trop bien rodé, et les pompes funèbres savent vous faciliter la tâche. Comme une sorte de forfait, avec ses options. Vous payez votre dernier voyage, en première, deuxième ou troisième classe, selon les moyens engagés. Pour Rick cela avait un arrière goût de déjà vu trop récent et très désagréable, mais il en profita pour se charger du maximum et délester ainsi les siens.

Le jour dit, Laïla avait tenu, malgré la réticence des siens, à maquiller sa fille. Déjà, à la morgue, elle l’avait veillée de longue heures et personne n’avait insisté davantage. Ce matin là, elle était partie très tôt, Rick était avec elle.
-Cette nuit j’ai fait un rêve bizarre : Je sortais d’un endroit étriqué et sombre. En poussant la lourde porte, j’ai compris que j’étais dans la chambre froide. Miranda était là, assise et elle m’a dit : “Maman, il ne faut pas que tu sois triste, ni que tu aies peur. Mon esprit repose maintenant en paix. Le corps que tu verras demain ne sera que mon enveloppe, je suis déjà en chemin pour le repos de mon âme.” Laïla avait raconté ce rêve, comme un songe; ajoutant : Elle avait la bouche un peu tordue… mais comme elle me parlait, je n’ai pas eu peur.
-J’ai fait de drôles de rêves ces derniers jours aussi…N’avait trouvé qu’à dire son fils, en lui prenant la main.
En rentrant dans la petite salle, elle avait eu un sursaut, lui aussi. Dans son linceul, dans ce cercueil, Miranda paraissait toute petite, fragile, mais sereine. Tour à tour, ils l’avaient embrassée. Rick avait senti ce corps dur qui sort du frigo et un frisson lui était passé tout le long de la colonne. C’était pas si souvent qu’il avait touché sa sœur et c’était ce dernier souvenir qui supplanterait tous les autres. Il se souviendrait toujours de ce petit corps froid et dur qui ne ressemblait en rien à ce qu’il avait connu de sa sœur. Miranda n’était plus là. Effectivement, juste son enveloppe… Et sans son âme, ce n’était plus qu’une sorte de…? Non, c’était Miranda, paix à son âme.
Laïla lui avait demandé de de la laisser seule. Une fois seule, elle avait sorti de son petit sac un poudrier, un fard à joue, un pour les paupières et un rose à lèvres. Chantonnant une berceuse, elle avait commencé à maquiller sa fille, se remémorant l’enfant qu’elle avait été. Elle avait continué, s’adressant directement à sa petite… Presque comme si elle l’avait fait belle pour aller au bal. Elle y allait doucement, car dès le premier coup de blush, elle avait vu que la peau inerte ne réagissait pas pareil. La poudre s’était posée d’un coup et ne s’était pas estompée comme elle l’aurait dû. Le froid et la rigidité certainement. Elle avait continué, se forçant à ne pas penser à ça, mais elle avait fait bien attention de garder sa main légère. Arrivée aux lèvres, ça s’était compliqué, elles étaient un peu tordues, comme dans son rêve. En plus, elle aperçut le petit maintien en plastique placé là certainement pour maintenir la bouche fermée de l’intérieur… Sa main tremblait, involontairement, l’image de cette bouche béante au moindre faux mouvement la freinait. Le bâton de rose ne glissait pas et quand elle prenait le pinceau ce n’était pas mieux. Elle n’avait pas osé appuyer plus, cette peur inconsciente que la bouche s’entrouvre l’en empêchait décidément. Comme elle avait entrepris ce rituel plus pour passer un dernier moment tranquille avec sa fille, plutôt que pour remuer le couteau dans la plaie, elle avait finalement demandé au préposé de l’aider. Elle s’était enfin assise et était restée là jusque l’heure de la mise en bière.
Tout le cortège avait ensuite pris le chemin de l’église et comme si l’émotion n’était pas assez à son comble, le corbillard s’était trompé de chemin. Le chauffeur du minibus funéraire qui emmenait tout le monde s’était arrêté, comme s’il ne connaissait plus sa route… Heureusement, l’autre véhicule s’était immobilisé presqu’aussitôt et avait fait demi-tour… Certains se diraient que c’était une dernière farce de Miranda, d’autres penseraient amèrement et au contraire que c’était un signe de mauvais augure. N’était-elle pas trop jeune pour quitter la vie? N’était-ce pas un signe de sa part? Après, l’église, le cimetière, l’interminable fermeture du caveau familial et puis c’était tout. Tous étaient rentrés, c’en était fini pour ce chapitre de leur vie.

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