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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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de foutre la merde.
Rick se sentit pris de court. Il n’avait rien dit… A quoi faisait allusion son beau-frère? Il n’eut pas le temps de savoir, l’autre avait pris congés, décidé à ne pas changer d’avis. Il rentrait faire ses bagages et réserver son vol.

CHAPITRE 23

Les Wilson avaient été plus longs que prévus. Ils étaient restés jusque la fin des horaires autorisés. Ils avaient retrouvé leurs enfants et concubins à la cafette.
En résumé, Miranda s’était offert une sacrée cuite. Elle était maintenant réveillée et presque dessoûlée. Devant le médecin-chef, elle n’avait pas sourcillé, à aucun moment. Quand il avait quitté la salle, elle avait même avoué à ses parents qu’aussi monstrueux que cela puisse paraître, elle était soulagée. Bien-sûr, elle avait parlé de la peine que cela faisait de perdre la chair de sa chair, mais plus franche qu’elle ne l’avait peut-être jamais été, elle avait insisté pour leur dire que c’était mieux ainsi… Surtout pour le petit… Quelle vie aurait-il vraiment eu? Aux dires des parents, elle avait parlé très calmement…Ils soupçonnaient carrément qu’elle ait longtemps cogité avant de prendre son premier verre. D’après ce qu’elle avait pu leur raconter, elle avait vraiment fait le point, et était on ne peut plus objective. Elle s’était finalement soûlée plus pour ne plus penser à rien, comme il arrive à tout le monde de le faire une fois dans sa vie. Sauf que pour elle, ça s’ajoutait à toutes les autres fois. Mais ses parents voulaient bien la croire que cette fois là était différente tant elle leur avait semblé sincère. Voyant bien qu’ils ne faisaient pas l’unanimité, et qu’ils ne la feraient pas quels que soient leurs arguments, Laïla avait finalement tiré la fameuse lettre qu’avait écrite Miranda la veille au soir. Elle l’avait tendue à son fils, qui l’avait silencieusement survolée avant de la tendre à sa sœur, qui l’avait lue à voix basse, mais de façon assez audible pour que tous entendent. Miranda y faisait un méa culpa, ça c’était sans surprise. Non, le plus inattendu, c’est qu’elle s’y adressait à chacun de ses proches, qui étaient en l’occurrence presque tous autour de la table, hormis Paul. Et à chacun, elle résumait parfaitement les liens qui l’unissait à elle… Elle savait quant elle avait fait mal, elle en parlait sans s’étaler. Elle savait aussi exactement quand chacun d’eux avait perdu foi en elle, même si c’était il y a longtemps…
C’était dingue le nombre de choses auxquelles elle faisait référence en si peu de mots. C’était ce qui prouvait sans équivoque qu’elle avait bien fait le point et que Paul, le seul absent devait se tromper…D’après les Wilson, toujours prêts à croire, tant qu’il s’agissait de sauver leur fille. Les Mimosas avaient posé des jalons sûrs et ce malheur était un signe. l’espéraient-ils. Le seul hic, pour eux… Le seul hic c’était cette fausse-couche. Pas vraiment pratiquants, mais croyants, ils ne comprenaient pas et s’effrayaient… Une fausse-couche, surtout dans ces circonstances, ne pouvait pas être un bon présage. Ils avaient été très surpris par Paul, s’attendant plutôt à son effondrement et rien. Ils n’avaient pas capté… Pourtant ce bébé devait marquer un tournant, tourner la page pour ce couple. A moins que le bébé étant la représentation vivante de ce que Miranda ne pouvait pas être, le destin eut voulu éviter le pire, et ait tranché de la pire façon qu’il soit (les Wilson ne savaient pas pour le père). Laïla et Dereck étaient visiblement secoués et au fur et à mesure de la lecture, s’étaient lâchés, jusqu’à ne plus pouvoir contenir ni leurs émotions, ni leur crainte. Pressentant leur profonde angoisse, leurs enfants avaient fini par coupé court. Miranda avait conclu sa lettre en demandant le pardon de tous. Rien de plus. Elle ne voulait pas qu’on soit plus gentil, ou moins, ou autre, elle voulait juste fermer le tiroir et entendre parler d’elle comme on pourrait parler de quiconque. La soirée souvenirs l’avait visiblement secouée. Anaïs avait rendu la papier à sa mère et aucun n’avait rien ajouter, la serveuse les avait priés de quitter les lieux. C’en était assez pour ce soir…Ils étaient retournés à la villa.

Paul n’allait pas entrer dans le jeu. Pour lui, ça faisait longtemps que sa femme était aussi lucide, et il la voyait simplement plus machiavélique après la lecture de cette lettre. Lui savait que ce bébé ne représentait rien de sain, bien que ce pauvre être ni soit pour rien… Paul ne se posait pas de question. Si le phœtus n’avait pas survécu, c’était simplement parce qu’il n’avait pas été conçu dans l’amour, mais dans le vice. Pour une fois le mal se voyait discrédité d’un coup, on lui avait tout bonnement coupé l’herbe sous le pied. Et surtout on évitait à ce gosse la vie que lui réservait une mère aussi indigne. Rick comprenait son ami et sans l’acquiescer franchement, chose que les autres n’auraient pas saisi, il n’en pensait pas moins. Pour le reste, qui ne savait pas et qui ne saurait peut-être jamais, c’était une perte évidente, une souffrance réelle. On venait de perdre le premier de la génération suivante, c’était quelque chose… Un présage de mauvaise augure. Les Wilson voyaient ça comme une fatalité et craignaient de ne jamais être libérés de ce fardeau dont ils n’arrivaient décidément pas à se défaire. Pour Anaïs c’était pire, elle se remettait carrément en question, et priait secrètement pour que cet événement ne concerne que Miranda et son expiation… Gary ressentait bien son angoisse et savait ce qui trottait dans sa tête, mais rien ne lui faisait entendre raison, rien ne la consolait guère…Les générations à venir étaient peut-être condamnées… Miranda était la première, la Nature empêcherait les suivants de voir le jour. Déjà qu’un “on ne sait quoi” empêchait depuis longtemps cette femme de procréer, pour de bon, là c’était foutu…Anaïs se promettait simplement de se ménager autant que possible, mais est-ce qu’on allait lui laisser ce choix. Comment jurer de quoi que ce soit… Bref, ils étaient tous amers et Paul regrettait de ne pas avoir eu de vol plus tôt, il resterait parmi eux jusqu’au milieu de la semaine suivante, mais il se ferait tout petit, peut-être même absent. Il avait expliqué clairement qu’il n’avait rien contre eux, mais que là sa soupape ne faisait plus son boulot… il n’en pouvait plus et aurait aimé déguerpir.
Les jours suivants ne furent pas plus délassants que les premiers. Tout tournait encore autour de Miranda, qui préoccupait tous les esprits. Même Patty qui venait à peine de la rencontrer avait l’impression d’en souffrir depuis toujours… Son propre raz le bol lui laissait deviner celui des autres. Elle en venait à adhérer aux idées de son homme, simplement parce que le connaissant, elle savait que tout n’avait pas été dit. Ne voulant pas en savoir davantage, elle se renfermait essayant plutôt d’aider Laïla et Dereck, qui eux ne méritaient rien de ce qui leur arrivait. Heureusement, elle appelait parfois Eloïse et pouvait se confier au travers de discussions à bâtons rompus. Son amie était désolée pour elle. Sinon elle avait une grande nouvelle! Bientôt Patty aurait tout l’appartement si elle le voulait. Eloïse venait de rencontrer quelqu’un et aussi dingue que cela ne puisse paraître, elle avait accepté d’emménager chez lui.
-Comme ça? D’un coup? T’as pas peur?
-Peur de quoi? Si ça va pas… Je reviens à la maison!
-Oui… T’as raison, pourquoi se priver après tout! Il est beau?
-Un dieu!
-Yo… P’tite veinarde!
-T’as pas à te plaindre que je sache.
-Non, sauf que là tu vois, l’ambiance pue. Pas entre nous heureusement. Mais bon, ça fout le bourdon.
-T’inquiète… ça va passer. Parle avec Rick… Vois si tu ne peux pas rentrer.
-Non, je reste, il a besoin de moi.

A part Paul, aucun ne s’était décidé à quitter la Côte avant terme. Les Wilson avaient besoin de leur soutien et Rick autant qu’Anaïs se sentaient concernés. Patty et Gary étaient gênés, puisque pas vraiment impliqués, mais les tensions du moment faisaient qu’ils se fondaient parfaitement et que cela paraissait naturel qu’ils restent, même qu’ils participent aux discussions familiales.

Jusqu’au retour de Miranda, le calvaire fut à son paroxysme, chacun faisant semblant de rien, mais tout le monde n’en pensant pas moins. Il n’y avait aucune animosité, certes… Mais personne ne savait quoi dire pour engager la conversation. Tout paraissait déplacé. On s’occupait, on déjeunait ensemble, on prenait même des bains de soleil… Sans qu’à aucun moment la joie ne soit au rendez-vous. Tous étaient en deuil… et tous accusaient cette perte d’une façon ou d’une autre. Même si l’enfant n’était pas de Paul, pour ceux qui le savaient, ça ne changeait pas grand chose; c’était un petit bout de chou perdu, victime. Pour les autres, ce décès était encore bien pire : ils perdaient le premier de la génération et avec, tous les projets heureux qu’ils avaient tout de même projetés. À part les couples, qui le soir venu partageaient leurs émotions, rien de plus. Même le frère et la sœur n’arrivaient pas à rompre la gêne. Anais souffrait trop des projections qu’elle s’imaginait sur son propre devenir; et Rick ne trouvait rien qui puisse l’en détourner.
l’arrivée de Miranda n’arrangea rien. On lui en voulait et son air de sainte ni touche agaçait au plus haut point. Au détail près que ses parents étaient aux petits soins, tout le monde vaquait à ses occupations comme si de rien était, les heures défilant sur un air on ne peut plus plat, l’ennui gagnant chaque esprit, déjà tendu. Miranda ne put rien changer, malgré tous ses efforts. Elle semblait effectivement être une autre personne. Jusqu’à ses expressions, son attitude, ses mimiques, n’étaient plus les mêmes. Mais c’était trop tard, et ce depuis un moment pour la plupart.
Miranda avait bien sur fait un sot aux Mimosas pour interrompre sa cure, c’était tout. Personne n’y pouvait rien, certains priant pour que son revirement soit durable, d’autres accusant le destin de se tromper sur ses proies, les suivants n’osant plus penser, mais tous impuissants. Les cartes étaient redistribuées et son état ne pouvait rien empêcher. Paul ayant décidé de tout lâcher, accepta de revenir sur la décharge signée quelques mois auparavant, la libérant de cette tutelle qui aurait dû la maintenir en l’état de patiente irresponsable.

Ils attendaient tous le départ. Comme si de tous rentrer au bercail remettrait tout en ordre…D’ailleurs un départ prématuré n’allait visiblement pas tarder. Les parents y faisaient allusion, ils ne se voyaient pas tous les retenir de force. La cure stoppée, ils n’avaient plus aucune raison de rester. D’autant que les “vacances” étaient résolument gâchées. Autant rentrer et remettre ça à plus tard pour vraiment en profiter. Et puis ils pensaient à Anaïs, elle n’avait pas besoin de ça. Rick non plus d’ailleurs. Ils rentreraient avec leur fille, et lui ferait suivre une thérapie là bas si

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