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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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plus rien pour la booster. Tout le monde avait bien essayé de lui trouver de futurs nouveaux centres d’intérêts, mais elle n’avait répondu que par des haussements d’épaules et une moue affreuse… Dereck l’attendait, il ne fallait pas s’inquiéter, ils allaient se retrouver et remonter la pente.
Personne ne l’avait cru, mais personne n’aurait imaginé non plus ce qui se tramait. Les pauvres… Ce couple qui était un modèle d’amour et de bonté allait finir comme de pauvres erres, seuls dans leur désarroi.

Il ne se passa pas plus d’un mois pour que les choses se précisent. Rick reçut un jour un recommandé visiblement très officiel des autorités américaines. Enfin, c’était ce qu’il avait cru au début… Il était environ 11h, il avait un peu joué avec ses bébés, chose qu’il faisait tous les jours en rentrant du boulot et les avait couché pour la sieste, avant de s’installer dans le sofa. Patty préparait le déjeuner et lui racontait d’une voix enjouée ses plaisirs de maman. -Eloïse est passée d’ailleurs ce matin. Elle m’a présenté son fiancé. Qu’est ce qu’il est beau! Et courtois en plus.
-Ha oui, cool…
Alors que Patty avait poursuivi, Rick n’avait plus écouté. Il avait ouvert la lettre et son visage avait blêmi aussi sec. Laïla et Dereck s’étaient donné la mort, ils avaient été retrouvés allongés sur leur lit, suicidés au cyanure…

Quand Rick arriva au ranch, il y trouva Miranda, seule, limite traumatisée. Elle avait congédié tout le personnel. Elle avait une mine affreuse et n’avait pas prononcé un mot tant que son frère n’avait pas engagé la discussion. Il était entré dans cette maison où il avait vécu de si bons moments, qui sentait le renfermé et qui était maintenant aussi sombre que triste. Les volets étaient pratiquement tous fermés et, machinalement, Rick avait commencé par tous les ouvrir. Alors ils avaient vu dans qu’elle solitude avaient fini leurs parents. Partout la poussière avait recouvert les meubles, à des endroits la moisissure avait même commencé à gagner du terrain. On pouvait exactement deviner comment Laïla et Dereck avaient vécu ces derniers temps…Le lit dans leur chambre, leur petite salle de bain et l’évier étaient les seuls endroits où le plumeau ne ramasserait rien. Sinon, sur la table de la salle à manger, un vrac de courrier avait été jeté là, les enveloppes encore fermées… Des piles de magazines, de revues, de dépliants étaient entassées par-ci, par là, un peu partout… Dans la cuisine, c’était pire, ils ne se nourrissaient quasiment plus. Le frigo était littéralement vide, sauf deux-trois casseroles puantes de restes d’on ne savait quoi… Dans les placards, ils retrouveraient aussi quelques boîtes, parfois périmées, ou d’autres paquets infestés de vers ou de charançons… l’horreur…Parce qu’ils ressentiraient, ils verraient pourquoi leurs parents avaient finalement décidé leur mort.
Ce n’était pas tout, dans l’ancienne chambre d’Anaïs, ils allaient retrouver tous les cartons que Rick avait vu partir pour le dépôt-vente, et puis aussi tous ses vêtements, tout. Contrairement à ce qui avait été décidé, ils avaient simplement fait déménager ses affaires ici, en bloc. Personne n’avait rien vu, cette chambre était close. Et puis dans l’atelier de Dereck, ils allaient encore prendre une claque. Quand ils avaient poussé la porte et allumé, ils n’avaient même pas pu faire un pas à l’intérieur, la salle était comble. Quand ils la videraient, ils découvriraient tous ces sacs hospitaliers remplis de boîtes intactes de médicaments. Leur père ne s’était jamais soigné. Ils trouveraient aussi des cadeaux pour les uns et les autres, encore emballés, commandés par correspondance et jamais offerts. Il y aurait aussi un mic-mac de petits objets ramassés dans la maison et appartenant de nouveau aux uns ou aux autres, comme si Dereck avait regroupé ses souvenirs. Et puis tous ses tiroirs remplis encore remplis de médicaments, rangés mieux que dans une pharmacie, le début certainement…après il avait tout je té là, en vrac, n’ayant plus le cœur ni la place de ranger.
Plus tard, ils iraient jusqu’à trouver leurs noms notés sur des étiquettes, collées sous les objets, au dos des tableaux, sous le moindre bibelot, même sous les tapis, partout, tout était étiqueté. C’était terrible, en plus Miranda et Rick n’étaient pas de ceux qui avaient les meilleurs rapports…C’était d’ailleurs certainement pour ça que leur mère avait tout étiqueté, elle leur évitait quelques différends supplémentaires.
Le lendemain, ils été allés au rendez-vous donné par le notaire et avaient fait ce qui leur avaient été dicté. Ils avaient ensuite tué le reste du temps, traînant dans le ranch, chacun de leur côté, broyant leur peine… Pas de raison de faire semblant, ces deux-là ne s’entendaient pas et c’était tout… Qu’allaient-ils faire de tout ça? Liquider ce qu’il fallait liquider certes, mais le reste? Docile, Miranda emboîtait le pas, elle ne disait rien, elle laissait à Rick toutes les responsabilités. Chez le notaire, quand celui-ci avait déclaré que tout était clair, puisque leurs parents avaient tout vendu et fait le partage de leur vivant, donc que chacun se verrait bientôt bénéficiaire d’un compte, elle n’avait rien dit, enfin presque…Elle avait tout de même demandé combien elle allait toucher et où étaient les bijoux de leur mère… Ha oui, et aussi quand devaient-ils vider les lieux, puisque c’était vendu… Et qui étaient les nouveaux propriétaires? Le notaire avait répondu presque sèchement, sans prendre la peine de répéter l’énoncé des questions.
-Combien? Vous le saurez très rapidement. Pour les bijoux, rien est stipulé, je ne savais pas qu’il y en avait et vous avez un mois pour déménager Mademoiselle. Ce qui est dans la maison est à vous deux… aucune note là dessus.
-Oui, on site, monsieur… Ma sœur et moi ferons le nécessaire. Avait rattrapé Rick.
Ensuite, il avait fallu aller aux enterrements. Les Wilson avaient prévu jusque là, et le frère comme sa sœur n’avaient eu qu’à faire ce qu’on leur demandait. La journée avait été sombre, les condoléances interminables, bref rien sinon la douleur… A si, un moment Rick avait bien cru qu’il allait emplafonner cette chipie de Miranda. A un moment, alors que tout le monde passait l’un après l’autre pour dire aux enfants de leurs amis combien ils étaient chagrinés, combien Laïla et Dereck allaient leur manquer, qu’il ne fallait pas hésiter s’ils avaient besoin de quelque chose… Miranda n’avait pas trouvé mieux que d’arrêter le banquier dans ses condoléances pour lui demander s’il était sûr qu’il n’avait pas oublié de mentionner que ses parents avaient un coffre. l’homme avait visiblement été secoué et heureusement qu’il la connaissait celle-là, il s’était laissé raccompagner par Rick qui avait rattrapé la bévue par une pirouette polie. l’homme n’avait pas relevé, compatissant envers Rick.

Dès lors, quand ils étaient revenus au ranch, Rick avait pu voir qu’elle fouinait discrètement, que cela la travaillait. Ce n’était pas tout, alors que leurs parents leur avaient facilité la tâche en étiquetant jusqu’au moindre cure-dents, elle ne se suffisait pas de simplement prendre et d’emballer pour remplir les grands cartons où ils avaient écrit leurs prénoms au marqueur. Non, elle tournait en rond, repérant d’abord ce qu’elle aurait aimé garder, et se jetant presque sur la chose pour se l’approprier, vérifiant sur le champs si son prénom était en dessous. Quand son nom apparaissait sur la petite étiquette, elle souriait; sinon, la moue triste, elle se retournait vers son frère, trouvant toujours le bon prétexte pour finalement s’accaparer ce sur quoi elle avait jeté son dévolu. Cela n’aurait pas tant gêné Rick si cette démarche avait été sincère, mais il s’avérait comme par hasard qu’elle avait un faible pour tout ce qui brillait ou qui devait valoir quelque chose. Et aussi ça lui faisait bizarre. Comment quelqu’un qui a ruiné la vie de ses parents, peut-il désirer emporter “leurs restes” chez lui, sans craindre d’être hanté. Comment cette Miranda pouvait-elle reluquer cette coiffeuse, ou encore cette commode et le reste… Le désir de posséder… de posséder ce qui avait appartenu à ces êtres qu’elle avait usé à petit feu, comme pour les tenir jusqu’au bout. Ou comme pour avoir au moins ça d’eux… Rick ne captait pas. De ce fait la goutte avait vite débordé du vase. Rick n’avait nullement l’intention d’emporter tout ce que ses parents avaient prévu de lui laisser, il avait donc 2 marqueurs, le rouge et le noir, Le premier pour marquer les cartons qu’il garderait, le second pour le reste, ce qu’il n’avait pas encore idée de ce qu’il ferait. Tout basarder ne lui effleurait pas l’esprit. Mais une fois de plus, il voulait éviter de s’étouffer dans le regret, il savait que de tout garder ne l’aiderait pas à faire son deuil, il stockerait peut-être tout à la cave pour plus tard… Il ne savait pas, mais il ne se voyait pas remplir son appartement parisien de toutes ces choses qui lui brisaient finalement le cœur. Contrairement à d’autres, ce n’était pas de cette façon qu’il voyait les choses, il voulait conserver une image vivante de ceux qu’il aimait, de ceux qu’il avait perdu, pour ainsi dire toute sa famille, et ce n’était pas en s’entourant de tout ça qu’il le ferait. Tout ça, lui rappelait justement qu’ils étaient morts, et il les revoyait par flashes allongés dans leurs cercueils. Son père, sa mère, sa sœur, Diane, tous…Non, il préférait se souvenir d’eux vivants.
Se mêlant maintenant de tout, comme si l’enterrement avait définitivement mis ses parents hors-jeu et que le testament lui avait rendu tous les droits… Que rien ne pourrait l’arrêter…Farfouillant de plus en plus visiblement et mettant de côté ce qu’elle voulait, Miranda avait évidemment remarqué le rangement concis auquel son frère se prêtait. l’interrogeant sur ce double marquage, et ayant la réponse à sa question, Miranda était sortie de ses gongs. De but en blanc, elle s’était mise à hurler. Quoi, il voulait se séparer de tout, il était entrain de mettre à sac cette maison, alors qu’ils étaient tout juste enterrés… C’était comme pour Anaïs, tout ça c’était que de la paperasse finalement. Il était bien content que ses vieux aient tout organisé. Maintenant, il pouvait retourner auprès de sa pouf, avec ses marmots, plus rien ne lui causerait de soucis…Elle en avait trop dit. Il l’avait empoignée et plaquée contre le mur:
-Ecoute bien ce que j’ai à te dire, demain un camion va venir, et on y mettra les cartons fermés et les meubles que tu ne veux pas, tout le reste je te le laisse, clefs en main. Il avait fouillé au fond de ses poches et lui avait enfoncé les clefs du ranch dans les doigts. Après ça, je ne veux plus entendre parler de toi… jamais.

Il était parti sur le champs, il en avait gros sur la patate. Elle était retournée à l’intérieur et avait continué d’emballer, de ranger, de ramasser… Comme si de rien, trop affairée à ramasser… Un vautour, ni plus ni moins. En réalité, elle ne savait pas par quel bout commencer. Dès qu’elle posait les yeux sur quelque chose, les souvenirs jaillissaient et elle se replongeait dans le passé, palpant l’objet, le reposant, ouvrant les tiroirs, farfouillant à l’affût d’on ne savait quoi…Elle avait déambulé longtemps, ruminant sa colère… et sa frustration. Que croyait-elle, qu’elle tomberait sur un trésor? Un secret caché qui changerait toute se vie? On en avait l’impression… Elle était à l’affût. Peu à peu elle s’était heureusement calmée. A la tombée de la nuit, elle était sortie et s’était promenée dans les grands bâtiments des écuries, maintenant vides. Elle avait humé le foin, était passée dans chaque box, plus un cheval, plus de bétail non plus, tout était parti le mois dernier, lors d’une grosse vente organisée par sa mère. Elle avait fini par s’allonger à la belle étoile au milieu d’un pré. Elle était seule, seule sous les étoiles, seule au monde, les bruits de la nuit

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