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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

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carquillés et son dos se raidissait à chaque début de phrase.
-Tiens, aide-moi. Comme ça, je ne les dérange pas. Je voudrais me recoucher. Patty fit doucement pivoter la fauteuil. Puis avait placé les mains sous les aisselles de sa mère. Tant bien que mal, elles parvinrent à installer Sacha. Patty s’était installée au bord du lit et avait posé sa tête sur le ventre de sa mère. C’était la première fois. Une main était venue lui caresser les cheveux. Après elle avait peigné sa maman, tout doucement. La pauvre, elle avait perdu tellement de cheveux, et ce peigne qui en gardait encore davantage…
Patty était revenue tous les jours. Dès le troisième, les médecins lui annoncèrent un presque incompréhensible rétablissement. Sacha allait beaucoup mieux. Bientôt elle n’aurait même plus besoin de compléments alimentaires. On avait même parlé de la transférer ensuite en maison de repos, le temps de sa guérison totale… Mais les médecins ne s’étaient pas embarqués et avaient demandé à Patty d’être discrète à ce sujet. Eux, en parleraient à leur patiente au bon moment. Patty avait cru que cela irait aussi de mieux en mieux entre elles, sa mère semblait adoucie, assagie. Ce ne fut que de trop courte durée. Deux semaines supplémentaires passèrent. Requinquée peu à peu, Sacha avait doucement mais sûrement repris ces anciennes habitudes, et aux dernières visites, elle ne s’était plus gênée de charrier sa fille, dont les rondeurs commençaient justement à se voir. On aurait pu croire qu’une mère aurait deviné et tendu la perche pour qu’on lui annonce la bonne nouvelle, mais non, elle ne s’était douté de rien, ne s’était même pas posé la question. Elles n’avaient même plus eu ces gestes tendres des premiers instants. La mère avait réenfilé sa carapace… Et la fille n’osait plus. Elle se souviendrait pourtant toute sa vie de la chaleur de ce ventre maternel sur lequel elle avait posé sa tête.
Une fois sortie, lorsque Sacha avait su, elle avait été fidèle à elle-même… Plus chagrinée d’être bientôt mamie qu’autre chose. Ronaldo, maintenant membre à part entière de la famille, (depuis le temps! le pauvre), avait heureusement freiné sa reine, et arrondi les angles. Du coup, la fille et la mère entretenaient des relations dirons-nous courtoises, mais de loin. Patty les avait quitté, reprenant l’avion alors que son ventre arrondi le lui permettait encore…

CHAPITRE 21

C’était encore pour Rick que tout était bien plus corsé. Il avait personnellement réussi à passer le cap, et se souvenait certes avec douleur d’Anaïs, mais il s’obligeait constamment à ne penser qu’au bon. Rien ne la ramènerait. A vrai dire, sa vie de couple tout à fait harmonieuse, bientôt ses enfants et son boulot parfaitement productif, il trouvait là assez d’énergie…Patty avait quitté l’appartement d’Eloïse, qui du reste semblait amorcer une relation particulière avec un jeune homme rencontré lors d’un vernissage. l’escorte-girl pensait même sérieusement à tout recommencer. Elle avait économisé suffisamment pour se le permettre. Si son amoureux en puissance en valait le coup, elle voulait mettre toutes les chances de leur côté. Et puis d’aider Patty à s’installer chez Rick, de faire les magasins pour trouver de quoi aménager la future chambre d’enfant et tout simplement l’heureuse intimité que ses amis affichaient; finissaient de la convaincre que l’Amour était une fin en soi, autant qu’un départ qu’elle voulait se donner.

Malheureusement, de l’autre côté de l’océan, on ne pouvait pas en dire tant. Miranda avait maintenant accouché et après avoir materné son bébé mieux que quiconque n’aurait pu le souhaité, elle avait littéralement et brusquement lâché prise. Elle faisait tourner en bourrique ses parents, transformés en nounou malgré eux, même si le cœur y était.Ils aimaient Paolo. l’élément perturbateur? Allez savoir, un type, une femme, la drogue… Rien, les Wilson ne savaient rien, sinon, qu’elle n’était jamais là, avait presqu’oublié qu’elle avait un fils et ne rentrait que pour se coucher, quand ce n’est pas les flics qui la ramenaient, ou pire, Dereck qui allait la repêcher dans un bar, une boîte ou au poste.
Dereck fuyait souvent le ranch pour de longues promenades à cheval. Depuis ce terrible mois d’août, il avait relégué toutes ses affaires à ses hommes de confiance, et même, il vendait ses terres à petit feu, pour se délester davantage. Lui et sa femme en avaient décidé ainsi, rien sinon leur petit fils et leurs futurs petits jumeaux ne les intéressait plus. Ils mettaient donc leur argent en banque pour que cela serve à leur descendance. Pour Paolo, ils avaient même déjà ouvert et royalement approvisionné un compte bloqué, on ne savait jamais ce qu’il pouvait arriver, au moins lui aurait ce qu’ils souhaitaient vraiment lui laisser. La mort et la succession était leur principal sujet de conversation et ils étaient bien décidés à faire le maximum de leur vivant. Miranda aurait sa part, mais ne pourrait pas faire des siennes sur ce coup là.
Dereck était donc parti pour une de ses virées équestres, mais cette fois il n’était pas rentré comme de coutume. Laïla s’était inquiétée dès qu’elle avait vu la nuit tomber et heureusement que le chérif était un de leurs amis. Heureusement d’ailleurs pour un tas d’autres choses soit dit au passage. Bref, des recherches avaient aussitôt étaient lancées et ils avaient retrouvé l’homme au fond d’un fossé, son cheval, debout à ses côtés. Une mauvaise chute. Il avait illico été emmené aux urgences. Tout était passé au désastre… Dans le coma! Il ne manquait plus que ça! Imaginez la nouvelle claque que se prenait toute cette famille, et Patty qui risquait d’accoucher du jour au lendemain, et Rick qui ne pouvait pas ne pas aller au chevet de son père, malgré la déchirure d’abandonner sa femme, de risquer rater la naissance, et Laïla qui n’en pouvait plus de ce destin qui ne se décidait pas à lui fiche la paix, et cette Miranda qui ne lui était d’aucun soutien, presque si elle ne s’en foutait pas…
Dereck revint à lui, après une semaine de calvaire, d’incertitudes et de douleur. Hélas il allait rester définitivement handicapé des membres inférieurs, la chaise roulante serait sa deuxième compagne. Il ne reparlerait pas non plus, jamais, mais là les médecins ne comprenaient pas et pensaient que c’était de plein gré. Le grand chef baissait les bras, il n’en pouvait plus et surtout ne supportait pas l’idée de finir sa vie sur deux roues, il rendait les armes… Même Laïla n’avait pas réussi à puiser dans ses yeux pour comprendre. l’homme avait laissé son ame dans son coma, le tunnel bleu l’avait certes à moitié rendu aux siens, mais il ne voulait plus souffrir, il préférait le silence, l’indolence. Conscient à quel point, nul ne pouvait le dire franchement, mais l’état de fait était là. Dereck passerait ses journées entre son lit et sa terrasse, insensible ou à moitié mort, il laissait sa famille à ses démons. Laïla ne remonterait pas cette pente, Paolo devenait un réel problème, personne ne pouvait plus s’occuper de lui. Rick était revenu à Paris soucieux, promettant à sa mère de bientôt reprendre l’avion. Elle n’avait pas bronché, si Dereck se laissait partir, elle n’avait plus grand chose à faire.
La naissance des jumeaux s’enchaîna. Rick assista aux accouchements et c’était sa plus grande joie. Il n’avait pas loupé le coche et c’était tant mieux, surtout pour Patty. Il en avait tout de même fallu de peu pour qu’il soit absent. Elle n’oublierait jamais. Ils s’étaient retrouvés l’avant-veille… Vers minuit, elle avait eu envie de se doucher avant de se coucher, elle avait fini par passer plus d’une heure sous l’eau se récurant carrément. Elle était sortie encore toute chaude de ce laborieux nettoyage et avait filé au lit. Pas cinq minutes n’étaient passées avant qu’elle ne perde les eaux. Au début, elle avait eu peur, elle n’avait pas compris ce qui lui arrivait, appelant Rick à la rescousse. Pas plus renseigné en la matière, Rick lui avait conseillé d’appeler les urgences. Ils lui avaient dit de venir de suite, pour vérifier, cinq heures plus tard, les petits étaient là et tétaient goulûment aux seins de leur mère. Un de chaque côté, elle ne voulait pas faire de préférence et la sage-femme avait trouvé ça plutôt amusant et normal; donc l’avait aidée à s’installer. Les bébés dépassaient tout juste les deux kilos, pour 50cm, de beaux petits lots. Pour une première tentative, c’était réussi sur toute la ligne. Léon et Léa tenaient leurs promesses, apportant l’immense bonheur attendu à leurs parents.
Ensuite, cela avait été épuisant, toute la famille avait défilé. De courts séjours, mais éprouvants. Déjà des jumeaux c’était pas de la tarte, mais les invités en plus, de surcroît qui se mêlent parfois de tout, c’était encore quelque chose. Laïla était venue avec Paolo et sa nounou, ils fermaient “le carnet des visites”, sans que ce ne soit pour autant la plus facile à gérer. Elle était immensément heureuse de ces naissances, mais elle n’arrivait plus à prendre de plaisir. On voyait bien qu’elle essayait, quand elle jouait avec son petit-fils, ou quand elle maternait les deux autres, mais l’angoisse lui nouait la gorge et les larmes montaient à tout bout de champs. Elle posait tout et s’enfuyait tuer son chagrin dans sa chambre. Cette chambre que Rick avait installé pour Anaïs et qui était devenue la chambre d’amis. Il l’avait entièrement refaite, comme pour garder le souvenir de sa sœur intact, mais pour lui seul. Il avait gardé tout ce qu’il avait pu dans une malle, fermée à jamais, certainement… Patty ne savait pas ce qu’il avait fait des meubles et des objets, mais il n’y avait plus rien de ce qu’il avait précautionneusement choisi à l’époque.

Laïla avait profité de son séjour pour voir Paul. Il n’était plus avec Miranda, mais subvenait à ses besoins d’une façon ou d’une autre, à chaque fois qu’elle en faisait la demande, et sans poser de question. Il avait laissé tomber l’idée de s’installer sur la Côte et s’était plongé dans le travail, vivant de nouveau par automatismes. Quand son ex lui avait demandé de reconnaître son fils, pour qu’il commence sur de meilleures bases que celle d’être un batard, il n’avait pas rechigné une seconde non plus. Il faut dire que ça s’était fait lorsqu’elle avait endossé le rôle de la mère parfaite et qu’elle pouponnait comme si elle n’avait su faire que ça. Cela n’avait pas duré, mais Paul avait pris le temps de rencontrer et par la force d’aimer son fils présumé. Plus il voyait Paolo, assez souvent du reste, plus il l’aimait. Il comparait bien ses traits, ne trouvant aucune ressemblance sinon avec ceux de sa mère, mais ça lui faisait pas franchement mal. Il lui arrivait parfois d’oublier, se retrouvant dans les faits et gestes de son garçon…l’éducation l’emportait sur le gène de la paternité. D’autres fois tout refaisait inéluctablement surface, à lui de combattre, de tout réenterrer. Bref, là-bas Miranda avait été jugée incapable par les organismes qui s’occupaient maintenant de leur dossier. La grand-mère et le grand-père, en pleine dépression, n’étaient malheureusement pas plus aptes, même s’ils assumaient financièrement aussi. Le seul recours pour Paolo, pour qu’il ne soit pas placé, était que son père signe la tutelle définitive que Laïla allait lui présenter. Encore heureux que Paul ait reconnu son fils avant le divorce, entre les deux continents, cela n’aurait pas été si simple. Paul prenait ça comme un salut, le juste retour des choses. Le deménagement de son enfant fut vite réglé. Son séjour achevé, Laïla repartit seule, presque penaude. C’était fini, elle n’aurait

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