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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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-Mais suivez-moi, nous allons regarder les bouquets… et vous prendrez le temps de décider.
Non, je veux de l’acajou, et une centaines de roses rouges qui recouvrent totalement le couvercle. Voici le texte que devra dire le prêtre.
-Tu as raison ma chérie… Voilà le sac avec des affaires pour la changer. Avait coupé court Dereck, souffrant autant que sa femme d’être en ce lieu. Rick les avait alors raccompagnés.

Beaucoup de monde se déplaça, et bien que les Wilson n’aient pas envoyé tant de faire-parts, la petite église fut comble. Après la messe, les interminables condoléances alourdirent encore l’atmosphère… Mais que dire? Ici les gens aimaient cette famille et partageaient sincèrement leur désarroi… Anaïs et Gary étaient si jeunes, en plein essor; ils leur manqueraient, c’était affreux. Alignée devant l’autel, la famille Wilson avait serré chaque main, et à chaque fois leur cœur s’était peu à peu comprimé davantage, comme dans un étau. Ensuite, quatre hommes avaient porté le cercueil, qui semblait si léger. C’était la douleur qui faisait courber le dos de ceux qui ne portaient rien de visible, eux aussi connaissaient le jeune couple. D’autres homme avaient emmené tous les bouquets et tout le monde avait suivi. Le cortège était arrivé au caveau familial.
Les Wilson étaient transits par l’effroi. De voir ce trou béant qui allait recevoir leur fille… Chacun avait eu la pensée intime mais commune qu’il aurait été plus normal que se soit elle ou lui qui parte… Ils avaient fermé les yeux, comme pour demander le miracle et ne plus jamais les rouvrir. Juste voir leur Anaïs penchée sur leur propre tombe, pour avoir la certitude qu’ils avaient pris sa place. Mais la magie miraculeuse ne marcha pas. Ils avaient rouvert les yeux, avaient vu le cercueil glisser dans le caveau, avaient jeté la première poignée de terre, une rose, puis ils s’étaient collés sur le côté, regardant chaque amis jeter sa poignée de terre. A chaque fois, le grain avait tapé le bois du cercueil, comme un gong, un compte à rebours vers l’irréversible. Le prêtre dit encore quelques mots, puis la fermeture du caveau fut discrètement ordonnée par Rick. Ce fut long, très long… Un pied de biche, des tasseaux, des rondins… et une! dix millimètres de gagné et on recommençait. l’énorme couvercle de pierre n’avançait pas, comme si la vie voulait encore souffler dans ce trou où elle ne se reconnaissait pas… Peu à peu le cimetière s’était vidé. On avait apporté des chaises pour les parents, et la famille était restée seule… jusqu’à la fermeture totale du caveau. Une fois fait, le gars des pompes funèbres vint spécifier à Rick que la pierre serait gravée à l’or fin le lendemain. En attendant, il plaça les bouquets et la plaque d’adieux, déjà gravée. Il salua ensuite tout le monde et disparu. Ce fut la nuit qui sorti chacun de sa torpeur, ils rentrèrent muets, vidés.

Les Wilson se jetteraient ensuite presque corps et ames dans l’aménagement de Miranda, ça leur permettait de mieux intégrer toute la paperasse dont ils devaient s’acquitter concernant Anaïs. Ils faisaient tout en bloc, ensemble, comme des machines qui doivent s’acquitter de leurs programmes, s’en réfléchir. Les parents de Gary les aidaient, ils étaient entrepreneurs et à eux aussi ça leur faisait du bien de se perdre dans le boulot. Tout 4 géreraient tout ça avec des œillères… autant que possible. Mais chacun ruminait sa peine, les visages se marquaient d’un rictus amer qui ne les quitterait plus.
Arrivé à la question de l’appartement d’Anaïs et de Gary, c’était là que les choses furent réellement dures. Ne serait-ce que les démarches de tous prendre un vol, de réserver les chambres d’hôtel, s’y rendre, louer des véhicules et tout ça à des gens souriants… Pff! Les commerçants ne savent pas ce qui vous amène par chez eux, mais ils repèrent vite les voyageurs et leurs parlent presque toujours comme à des touristes en vacances, surtout toute une famille. Alors que répondre à des gens qui vous parlent loisirs quand vous venez ranger les affaires de vos enfants qui viennent de mourir. Vous souriez, c’est tout… Mais le couteau se remue dans la plaie et sa fait mal. Ils s’y étaient donc rendus tous les six dans le même silence. Ils avaient déposé leurs bagages à l’hotel, et s’étaient directement fait conduire à l’appartement. Les deux voitures les déposèrent, et tel le cortège qui avait suivi chacun des cercueils, ils prirent le chemin de la douleur.
Une fois dans le hall d’entrée, ils s’étaient tous regardés dans le blanc des yeux, n’osant pas pénétrer. La petite voix d’Anaïs n’avait pas tinté; celle joviale de Gary ne les avait pas hélés. Un couple si bien assorti! l’amour parfait. Une complicité hors pair. Gary et Anaïs n’apparurent même pas aux yeux de leurs familles. l’appartement était vide, résonnait le vide et vous remplissait de vide.
C’était Miranda qui la première avait brisé le silence. Elle avait d’abord commencé par faire mine de visiter ces lieux comme on visite une future acquisition, mais très vite elle s’était calmée, sa mère lui avait jeté un regard qui tue, lui indiquant un tabouret dans le hall. l’autre s’était immédiatement assise et n’avait plus bronché… Ce n’était pas le moment et elle le savait la maligne. Rick la lorgna de côté, redoutant le pire, prêt à la mettre hors-jeu à la moindre bévue.
Les quatre parents avaient pénétré presque cérémonieusement dans chacune des pièces et n’avaient rien osé toucher. Rick était resté un long moment sur le balcon, presque tout le temps, le parfum de sa chère sœur flottait partout… il ne pouvait pas. De temps en temps quelqu’un le rejoignait… Sa mère, puis son père… ou les parents de Gary…Mais aucun ne parla, aucun ne fit rien, ils repartirent tard dans la soirée, le cœur figé.

Puis ils étaient revenus les jours suivants, Miranda s’était d’elle même abstenue. Ils avaient alors regardé les objets de leurs enfants, tourné les pages des albums, traîné… ne se décidant pas vraiment à ranger… plutôt difficile à faire. Parfois c’est pas donné de pouvoir prendre le temps de se retourner… Rick avait alors senti qu’il fallait mettre la loco en marche, ils ne pouvaient pas revenir ainsi et se triturer, remuer le couteau dans la plaie à chaque fois et indéfiniment… Ils devaient se décider à tout déménager, à “libérer” l’appartement, à tourner cette page. Cela pris du temps, mais les parents se décidèrent enfin, ils empaquetèrent les objets, décidant ensemble de qui hériterait de ceci ou de cela… Ils acceptèrent aussi de mettre en dépôt ce qui devait l’être… Bref, petit à petit, ils firent place nette…

Ce fut seulement deux mois après que Rick revint à Paris. La première personne qu’il avait tenu à voir, c’était Patty. Il lui avait demandé de l’attendre chez lui. Pour elle, les choses avaient été moins noires, à la seule exception que l’absence de son amant lui avait été difficilement supportable. De ne pas pouvoir le consoler, de na pas trouver les mots, de se sentir en dehors puisqu’elle n’avait pas connu Anaïs était presque pire. De retour à Paris, elle avait même plutôt vécu de bonnes choses qui la mettaient davantage en porte à faux avec la réalité que vivait tous les jours son homme. Ce qui fait que leurs coups de fils quotidiens étaient fréquents mais courts, que trouver à dire de l’un en deuil, à l’autre peut-être en plein épanouissement. Leur amour était heureusement assez fort et les mots inutiles.
Patty n’avait pas repris son activité à la boutique, puisque Jade n’avait pas réouvert mais tenait aveuglément et néanmoins à la rémunérer… Patty continuait donc d’honorer les commandes personnalisées, donc exceptionnelles que passaient les habituées. Elle s’adonnait ainsi au plaisir d’être modiste sans s’embarrasser de la boutique. C’était plus par fidélité que Jade lui avait fait cette requête, fidélité à ses amies qui se couvraient le chef chez elle depuis trop longtemps pour qu’on les laisse tomber sans crier gare. Patty n’avait rien à redire. Que du bon.

Un autre événement plus sympathique encore était venu améliorer son quotidien. Souvenez-vous de son héroïne et de sa bande dessinée… Depuis le temps, elle avait rangé ses planches. Et bien elle avait eu tort de ne plus y croire. l’éditeur était retombé par hasard sur les archives de ce concours et le coup de crayon de Patty lui avait carrément plu. Il avait réussi à la retrouver par le biais de son école et lui avait ni plus ni moins fait une proposition d’embauche. N’étant plus vraiment demandeuse, ni vraiment disposée le jour de l’appel, Patty avait inconsciemment mit le feu au poudre. La surenchère était montée sans qu’elle n’ait besoin d’en faire plus. Décidément ça devenait une habitude! Elle avait finalement signé un contrat, mais restait indépendante, elle travaillait chez elle, enfin chez Eloïse. Que rêver de plus, concevoir et réaliser des chapeaux de temps en temps, et s’adonner à la BD. sinon. Elle avait installé sa planche à dessin dans le salon, près de la porte-fenêtre, à la demande de son amie. En gros, presque tout roulait… C’était vrai qu’elle bossait beaucoup. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas dessiné. Heureusement, c’était comme le vélo, ça revenait vite.
A quelques détails près, pas des moindres, son scénario était retenu… Il lui fallait seulement tout retransposer au 21 siècle. Son héroïne passait de sorcière préhistorique, guerrière et solitaire à reporter sans frontières, sexy et actuelle, sur trame d’aventures et actions policières. l’éditeur lui avait dit ça presque nonchalamment, ne se rendant pas compte que finalement tout le boulot était à refaire… Ou plutôt le sachant parfaitement, il la payait bien, mais ne voulant pas se pencher davantage sur des points techniques qui l’ennuyaient visiblement.. Il avait été on ne peut plus clair :
-Le coup de crayon, votre coup de crayon. C’est ce que je veux! Vous me faite la même , mais actuelle.
-La même, mais actuelle?
-Oui exactement! Une reporter… Et il lui avait dépeint son héroïne à lui…
Patty avait d’abord craint de ne pas vraiment être capable, mais ayant sitôt repris ses crayons et ses encres, elle s’était vite ravisée. Pire encore, elle avait sorti ses propres archives et s’était étonnée. Que des défauts, et le style? Un débutant ne ferait pas pire! Et puis ça ne l’inspirait plus l’âge de pierres. Non, c’était vraiment plus sympa de penser et de dessiner au présent… Elle avait passé le moitié de la nuit à griffonner et alors que le soleil ne pointait pas encore, elle avait déjà de bons croquis. Sa “Barbara” sommeillait aux bouts de ses doigts, bientôt elle naîtrait.
Bref, tout avait été conclu lors d’une énorme réunion, qui avait duré toute une journée au lieu de l’heure

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