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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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et voulait s’occuper des affaires de sa mère la tête libre. Elle était fille unique et se retrouvait non seulement héritière d’un manoir bondé de souvenirs (des breloques les plus insignifiantes aux objets rares que quelques antiquaires convoitaient déjà.). Elle avait aussi à prendre en main le portefeuille de sa mère, une rentière qui avait visiblement su mener sa barque. Mais surtout elle devait accuser le coup. Célibataire endurcie, elle entretenait une relation quasi fusionnelle avec sa maman et ce depuis toujours. Son physique ne l’aidant d’abord pas, elle avait quitté très tard le manoir de Deauville, presque trop tard…C’était sa mère qui lui avait pris sa boutique, décidée à aider sa fille à couper “le cordon ombilical”… Mais longtemps après ça Jade avait continué de faire d’incessants allers-retours, ne se résignant pas à quitter résolument son nid d’enfance, le seul endroit où elle se sentait chez elle, à l’abri…C’était sa réussite à Paris qui l’avait peu à peu obligée, mais le désert qu’était sa vie sentimentale la rabattait toujours vers d’anciennes habitudes. Elle revenait dès qu’elle le pouvait et sa chambre au manoir ne restait pas longtemps inhabitée. Bref, elle avait donné congés à Patty et continuerait de la rémunérer… La question financière ne l’inquiéterait plus dorénavant… Elles aviseraient plus tard pour le reste, lorsqu’elle aurait les idées claires.

Laïla et Dereck n’avaient donc pas lésiné et la villa était un vrai palace où chacun pouvait trouver assez d’intimité et d’indépendance. Les gens de maison n’étaient pas en reste et une intendance digne d’un chef d’état avait été réservée pour que tous trouvent tout le confort souhaité. Pour le moment, alors que la petite famille vaquait à des occupations bien estivales, les employés s’affairaient comme de vraies fourmis. Les Wilson avaient prévu un petit cocktail qui devait fêter leur réunion au gros complet. Un magnifique feu d’artifice était même prévu pour couronner… le bouquet final.
En gros, l’ambiance était au beau fixe. Hélas, cela n’allait pas durer. Vers 11 heures le téléphone retentit. Laïla décrocha et son visage s’assombrit subitement… elle tituba… chercha où s’asseoir, puis finit par s’évanouir manquant de valdinguer dans les escaliers. Rick la rattrapa “au vol” et au père d’attraper le combiné pour finir quasi dans le même état que son épouse… Sauf qu’il s’assit, blême.
-Elle est morte, ils sont morts tous les deux…
Il avait les yeux hagards, la bouche sèche et tremblait de tout son corps.
-Qui papa, qui? S’était écrié Rick, lui arrachant pratiquement l’appareil des mains. Mais l’interlocuteur avait raccroché et il n’eut pour réponse que le sifflement désagréable de la tonalité. Dereck avait rejoint son épouse et la serrait dans ses bras en sanglotant. Ils étaient tous les deux à terre. Elle commençait à revenir à elle, Paul avait couru dans sa chambre et revenait déjà, farfouillant dans sa mallette, pressentant le pire.
Le père leva enfin ses yeux embués vers ses enfants plantés là, interdits.
-Votre sœur… et Gary aussi, un crash au décollage de LA.… aucun survivant…
-Non, non, pas Anaïs… Avait hurlé Rick, blanc comme un linge, transfiguré par la douleur. Noooooon!Il avait hurlé encore, tourné en rond, pleuré, puis avait fini par s’enfuir en courant. Tous l’avait regardé enjamber le portail, continuer de s’enfuir et disparaître à l’horizon. Miranda n’avait rien dit, mais son expression en disait long. Elle n’avait pas sourcillé d’un poil. l’état de choc, puis d’un coup, elle s’était mise à trembler de tout son corps, quelques tressautements la faisait sursauter aussi… Elle s’était finalement assise sur une des marches, semblant loin, très loin, limite absente. Elle n’osait même pas aller vers ses parents, se sentant incongrue, alors elle était restée là, immobile…

A ce stade de douleur général, il est difficile de raconter… toujours est-il que les Wilson décidèrent de rentrer le soir même. Rick était rentré les yeux rougis par la douleur et avait acquiescé, prenant place au salon… où tout le monde s’était installé. Ils étaient tous muets. Miranda irait avec eux, il en était ainsi. Elle avait longuement discuté avec Paul et lui avait dit qu’elle ne reviendrait plus. Elle voulait rentrer et tout oublier. S’occuper de l’enfant qu’elle aurait et de ses Parents. Elle lui avait même avouer qu’il avait raison sur toute la longueur, que ce n’était pas le père et qu’un test de paternité le confirmerait… Effectivement, elle lui avait simplement demandé de lui accorder son pardon, pour tout ce qu’elle avait fait. Miranda avait bien insisté sur le fait que rien n’était récupérable, et pendant encore un long moment, elle lui avait décrit ses machinations passées… comme pour définitivement se racheter mais surtout le dégoûter. Cette pilule qu’elle continuait à prendre, cette stérilité donc fausse, ses amants, le vol des substances dans le sous-sol… Et puis un tas d’autres petites anecdotes que Paul ne se rappelait plus, les derniers événements ayant pris le dessus sur tout. Bref, devant cette femme qu’il aimait tant et qu’il voyait pour la première fois s’exprimer sereinement, posément et ce pour avouer ses fautes, il ne put que comprendre que c’était fini… Il ne tenta rien, ils s’étaient étreints un long moment… Miranda avait alors éclaté en sanglots:
-Je les aime tellement… Et Anaïs, pourquoi elle. C’est trop injuste… Je me sens merdeuse, je ne peux même pas les consoler… Si je n’avais pas fait toutes mes conneries on n’en serait pas là, ils n’auraient pas pris l’avion, rien ne serait arrivé… Ils étaient finalement retournés au salon avec les autres.

Avec l’accord de Rick, Patty était entrain d’organiser leur retour à tous, c’était le moins qu’elle puisse faire. Il partirait aussi, il ne pouvait pas laisser ses parents… Elle était donc en ligne avec l’aéroport, Miranda lui fit signe de rajouter aussi un billet pour elle. Patty aurait pu s’interroger mais c’était vrai qu’une autre lueur passait dans les yeux de la jeune fille. Elle n’avait besoin de personne pour savoir qu’on la laisserait aller aux funérailles de sa sœur. Sœur qui lui avait tant tardé de connaître, et qu’elle ne verrait pas. Elle pris aussi un retour vers Paris, pour elle et Paul. Elle resterait quelques jours de plus, c’était elle qui résilierait le bail, congédierait le personnel et tout et tout… Rick l’en avait priée et elle avait pris tout le dossier, il lui avait laissé un chéquier signé; le propriétaire avait toutes les photocopies utiles, il ne ferait pas de problème, d’autant que Rick soldait la totalité du bail.
Paul resterait en sa compagnie, il aurait aussi quelques formalités à régler du côté des Mimosas. Pierre et Jacqueline réagiraient mal au départ anticipé de Miranda, mais c’était un cas de force majeure. Et puis que dire de plus…
Tous s’étaient ainsi affairé, l’automatisme prenait le dessus, les bagages furent vite faits, le départ s’annonçait dans cette atmosphère pesante, où l’on entendait parfois quelques sanglots crever le silence.

 

CHAPITRE 20

Cette tragédie marqua un réel tournant dans la vie de tous. Miranda s’installa chez ses parents au grand regret de Rick. Au début, il avait bien essayé de décourager ses parents, même sa sœur, pour le moment assez lucide pour peut-être comprendre qu’il valait mieux prendre un petit studio en ville. Très vite il avait lâché prise. Laïla et Dereck ne laisserait pas leur fille partir à la dérive, de la garder au ranch était le meilleur moyen et puis ça poursuivrait ce qui avait déjà été acquis à la villa. Quoi de mieux que de se retrouver chez soi, dans sa maison “natale”?
-Et tu sais on a tous pris une claque. Ce n’est pas le moment de nous entre-déchirer. Miranda a besoin de nous… Et nous d’elle… On ne perdra pas notre seconde fille.
-Maman, essaie de comprendre…
-Toi, essaie de comprendre. Nous enterrons ta sœur, veux-tu condamner définitivement la seconde?
-Non, c’est vous qui vous condamnez… Elle s’en sortira toujours elle. C’est à vous que je pense!
Rick avait insisté, prétextant que c’était justement là que tout avait commencé… Les ingrédients d’une rechute planaient peut-être… Ses parents l’avaient fait taire de concert. Guidés par la lassitude et le désespoir d’avoir perdu leur fille aînée, ils ne reviendraient pas sur leur choix. Ils avaient déjà prévenu tout le monde, des règles avaient été dictées et ils se tiendraient à ce que Miranda ne se retrouve jamais seule, ni sans surveillance avertie. Ils engageraient deux professionnels à plein temps, plus s’il le fallait. Les chambres de Rick et de leur pauvre Anaïs étaient disponibles. Bref, tout était cadré, rien à faire. C’était chez eux qu’elle avait toutes les chances de s’en sortir, et puis ils l’aideraient à élever le petit. l’arrière du ranch serait donc rapidement réaménagé en un vrai trois pièces avec toutes les commodités. Une maison dans une maison. Miranda vivrait chez ses parents, mais aurait plus tard toute son indépendance. Sa propre porte d’entrée, son propre garage, sa propre contre-allée, sa propre boîte aux lettres… Que des détails mais pas des moindres… car c’était justement sur cette indépendance que misaient ses parents. Utopie ou réalité en puissance, ils payeraient cher d’avoir voulu tenter de savoir. Pour le moment ça allait. Enceinte jusqu’au yeux, il était difficile de croire qu’elle aurait pu tenter quoique ce soit qui rappelle à tous de quoi elle était capable… Et puis avec la mort d’Anaïs et de Gary, l’état de choc, la clémence était de mise, même si le vice était pourtant latent.

Avant, fallait-il encore régler le pire… Les funérailles et tout ce que cela signifie rendirent les jours suivant exécrables, douloureux. Rick accompagna ses parents aux pompes funèbres et ne pû s’empêcher de juger. Quel affreux commerce. Certes on en avait besoin… mais il trouvait ça malsain, cette vitrine de cercueils, plus ou moins chers, selon le bois choisi, les fioritures et le reste. N’était-ce pas devant la mort que nous redevenions tous égaux. Non, jusqu’au dernier moment certains suçaient ce qui pouvait l’être. Quelle aubaine!
-Ici, vous avez tous les cercueils, les prix sont affichés… Vous pouvez prendre du pin, le plus ordinaire , ou offrir à la défunte ce cercueil en acajou. Orné de la gerbe de fleurs de votre choix.
-La différence de vos prix ne tient qu’aux matériaux… mais quel intérêt?
-Le bois est plus résistant…
Rick avait piqué involontairement et s’était ramassé la seule réponse que le vendeur pouvait lui faire.

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