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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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Tout était rentré “dans l’ordre” assez rapidement. Miranda était retournée aux Mimosas, mi figue-mi raisin… A des moments elle regrettait son geste, puis l’instant d’après elle s’en prenait aux autres qui l’enfermaient, qui “lui bouffaient sa liberté”… On ne saurait rien de plus de ce qu’il s’était passé durant sa disparition, elle évitait le sujet et détournait carrément la conversation quand quelqu’un l’amorçait. Cela prendrait de nouveau quelques jours… Les Dorian étaient maintenant largement rodés, et leur attitude tranquille avait rassuré autant l’époux que le frère. Il ne servait à rien de se biler. Ils ne sauraient jamais vraiment ce que Miranda avait fait cette nuit là et puis c’était tout.

CHAPITRE 19

Rick avait appelé sa chérie, pour lui confirmer son retour du mardi… Patty avait essayé de le faire rentrer plus tôt… maintenant qu’elle était retrouvée. Mais, même si Rick partageait l’envie de la revoir… Il voulait arrêter la location de la villa qu’il avait retenue pour ses parents. Ainsi, n’aurait-il nullement besoin de revenir dans dix jours, comme convenu. Il avait déjà appelé le propriétaire, et ça ne le dérangeait pas, au contraire. Tous les papiers étaient prêts, et plus tôt ils seraient signés, mieux c’était. Il donnerait les clefs à Rick et ne le reverrait que six mois après.
Ce serait Paul qui accueillerait les Wilson dans dix jours… Rick descendrait plus tard. Là ce serait différent, puisqu’il comptait emmener sa dulcinée. Il ne lui en avait pas encore parlé… Maintenant que tout était concret, il n’y manquerait pas. Il s’en voudrait trop que Jade n’accorde pas un mois supplémentaire à sa petite protégée, aux frais de Rick, évidemment. Encore fallait-il que Patty accepte d’ailleurs. Il savait que la fermeture annuelle était en août, quatre semaines de congés payées donc. Pour juillet, elle ne serait pas rémunérée, mais lui voulait “combler”… Pas évident, mais il n’y aurait que dix jours à compter en réalité…… Bref, à voir…
En tout cas, Patty en voulait une fois de plus à cette Miranda. Il fallait qu’elle s’y fasse. Visiblement, cette fille se mettrait souvent en travers de son chemin. C’était dingue, elle ne la connaissait pas encore et la détestait déjà. Quand elle écoutait Rick; elle sentait bien son ras le bol mais également toute son amertume et sa dépendance… A chaque fois qu’un appel au secours lui tomberait dessus, il n’aurait d’autre réaction que d’accourir et c’était souvent cette misérable sœur qui semblait être cause de soucis… Et le mot semblait faible. Cet homme n’en pouvait plus de cette frangine, c’était clair; néanmoins, il était résolument incapable de la laisser tomber une fois pour toutes… Qu’elle apprenne à ramasser ses pots cassés, mince! Et puis, il y avait aussi leur esprit de famille. Patty ne connaissait pas ça, mais les Wilson avaient visiblement inculqué de vraies valeurs fondamentales à leurs gosses, et la famille était certainement en tête. Grâce à Dieu, Patty était assez intelligente pour calmer cette haine naissante, qui en outre n’avait pas lieu d’être. Elle ne connaissait rien de l’affaire. Il y avait peut-être un tas d’éléments qui la feraient changer d’avis, une fois vraiment au courant. Il valait mieux qu’elle se ressaisisse. Et surtout qu’elle ne fasse pas part de cette animosité importune à Rick. Cela bloquerait toute discussion et ce serait bien dommage. Il aurait certainement besoin de se libérer, et avouons qu’elle était curieuse d’en savoir plus.

Rick et Patty s’étaient retrouvés à l’aéroport. La jeune femme ne l’avait pas prévenu et n’en pouvant plus, était allée le chercher. Elle avait pris les transports, elle se doutait qu’il avait laissé sa coccinelle dans un garage alentour; ils auraient l’air fin avec deux véhicules.
Bref, il avait été ravi et ils avaient passé le reste de la journée à se chérir.

Finalement, le mois de juillet arriva relativement vite. Le quinze était presque là, que Rick n’avait pas encore parlé de ses projets de “vacances” à Patty. Il avait laissé tomber l’idée de lui proposer de prendre un mois et demi. Lui-même avait eu ses parents à leur arrivée dans le midi, et leur avait dit qu’il viendrait vers le dix août, peut-être avant, mais ce n’était pas sûr. Il venait d’avoir une réponse d’allemagne, un producteur pour son film, tout dépendrait de lui. Les vacances effectives de Patty étaient suffisantes, encore fallait-il que cela lui dise.
De leur côté, Laïla et Dereck n’avaient paru ni déçus ni soucieux. Ils connaissaient leur fils et savaient qu’ils le verraient suffisamment tôt… Ce n’était guère le genre à se défiler… Même si l’idée devait lui avoir traversé l’esprit, il savait trop quelle importance avait ce séjour pour eux. Et puis, en six mois, ils trouveraient bien l’occasion de réunir tout le monde plus longtemps qu’un seul week-end… Pour le moment, ils pensaient justement au 15 août… D’ailleurs Anaïs, elle, passait justement à cette période et restait tout un mois. Gary la rejoindrait.

Cela faisait une semaine que les Wilson étaient là et ils s’étaient vite fait à leur nouvelle maison. Dereck retournerait souvent au ranch, histoire d’y jeter un œil, et de parer à quelques éventuels aléas. Son équipe faisait tourner l’affaire depuis un bail, il ne se faisait pas de souci. Cependant, c’était un bon prétexte pour rentrer se ressourcer au bercail. Sa chère femme n’avait pas autant besoin que lui de cette terre. Lui, y était né et de s’éloigner aussi longtemps lui déchirait le cœur. D’ailleurs, la cause n’aurait pas été si grave, jamais il n’aurait accepté de vivre six mois à l’étranger; lui, un américain de pure souche! Il pouvait compter sur une main le nombre de fois où il avait quitté son paradis plus de dix jours.
Laïla avait goûté très jeune aux déménagements et aux dépaysements à répétition, ce qui lui facilitait les choses. Bien-sûr, depuis le temps, elle aussi avait ses manies au ranch… Mais, bon voilà, elle avait un tempérament plus conciliant… C’était une des qualités qu’aimait d’ailleurs Dereck… l’une de ces nombreuses qualités qui tempérait justement le caractère de cochon qu’il avait.

Paul les avait donc accueillis. Deux trois jours avaient été nécessaires pour qu’ils récupèrent. Néanmoins ils avaient tenu à voir leur fille de suite et s’étaient rendus aux Mimosas, immédiatement après avoir défait leurs bagages. Dès les premières minutes, Miranda avait littéralement été transfigurée. Les Dorian n’avaient alors plus douté… Ce “stage familial” ne pouvait être que positif.
La jeune femme n’avait ensuite pas lâché ses parents de la journée, s’accrochant à l’un ou à l’autre, presqu’à les étouffer. Bien qu’il n’ait pas vraiment l’air accoutumé à de telles démonstrations, le père avait joué le jeu… La mère, elle, répondait avec son cœur… Il n’en n’aurait tenu qu’à Miranda pour qu’elles aient des relations comparables à celles partagés, dès l’enfance et jusque là, avec Rick ou Anaïs. Enfin, le passé était loin… Laïla était prête à rattraper le temps perdu, depuis qu’elle attendait ce moment!

Donc, en quelques jours, Miranda avait radicalement changé. Cela s’était d’abord vu dans son attitude et dans ses yeux. Elle avait laissé tomber ses jeux débiles qui n’avaient pour but que d’ennuyer le personnel et d’énerver les autres patients… Elle ne regardait plus non plus les hommes avec cette étincelle qu’aucun n’osait traduire. Elle avait même mis de côté ses tenues aguichantes; quoiqu’elle ait déjà pris quelques bons kilos que ses mini-jupes n’auraient guère voilés. Pensez-donc! Plus de drogues, ni d’alcool, en plus d’être enceinte, ça ouvre l’appétit!
Un autre exemple bien représentatif de l’importance du moment. A la première cigarette que Miranda avait allumé devant ses parents, sa mère s’était emportée. Ha non! Elle n’admettait pas… Furieusement, elle lui avait fait de telles remontrances et dépeint de tels clichés que la concernée avait écrasé sa clope sur le champs. Et comme pour vite faire oublier cette colère à Laïla, elle avait également broyé son paquet en promettant d’arrêter à la minute. Cela avait eu pour effet inverse d’énerver davantage sa mère, qui n’en croyait pas un mot… Elle les avait bien fait courir, et continuerait certainement. Néanmoins, ce bébé n’avait rien demandé, et en avait déjà trop subi… C’était inadmissible. On sentait là la future mamie… Ces reproches et ces allusions blessantes quant à ce qu’avait gobé Miranda étaient énoncées sur le ton d’une réelle douleur… Contrairement à ce que la mère croyait, cela avait véritablement blessé l’inconsciente. Depuis, elle n’avait effectivement pas refumé, du moins pas en public.
Ainsi, notre calamité s’était assagie, adoucie, même… Il était temps d’entamer la thérapie à la villa…A la seule condition qu’une infirmière soit d’abord toujours présente. Comme leur patiente avait fait preuve de quelques accès de folie, les Dorian voulaient anticiper au mieux. Plus encore, à cause de sa dernière escapade, la surveillance devenait obligatoire, même si l’aspect médical ne l’imposait pas vraiment.
Quoiqu’il en soit, tout allait merveilleusement se passer, et l’aide-soignante en question n’allait avoir aucune plainte à émettre. Profitant de ces retrouvailles, presqu’inespérées, la mère et la fille ne manquaient pas de découvrir un tas de plaisirs; certes, très simples, mais inexistants entre elles. Elles avaient fait des gâteaux, du shopping, de l’équitation… des petites choses comme ça qu’elles n’avaient jamais partagées. Avec le père idem… Lui, ne se souvenait pratiquement que du pire. Alors la magnifique virée qu’ils avaient faite en voilier, leurs balades touristiques dans les patelins du coin, ou encore leurs journées aux haras ne pouvaient être que délices.

En gros, aucune faille, hélas c’était trop beau. Rien n’aurait dû ternir cette renaissance familiale… Ils avaient tous assez souffert. Mais le destin a ça de typique, il frappe souvent de façon inopportune. Et c’est encore pire quand la fatalité s’y colle! Finalement rien n’allait se passer tout à fait comme prévu, et ce malgré les efforts de chacun. On était le 12 août. Miranda venait de passer un mois auprès de ses parents sans qu’anicroches il n’y ait eu. Son infirmière était ravie et profitait de ce fait d’agréables vacances au même titre que ses hôtes. Rick, Patty et Paul étaient arrivés l’avant-veille et seraient bientôt rejoints par Anaïs et Gary. Ces derniers projetaient de faire escale à Paris pour deux jours, avant de prendre un petit vol en direction de Nice… A cette heure, ils devaient être entrain d’embarquer à L.A.
Le problème des vacances de Patty ne s’était plus posé. Au milieu du mois de juillet, Jade avait perdu sa mère et avait immédiatement fermé boutique, en dépit des réticences de sa protégée. En patronne, la modiste avait tranché

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