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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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Tu parles, elle dormait encore. Chut! Abruti, il avait failli la réveiller. Il inspecta la chambre, histoire de vérifier qu’elle n’ait rien pris… Rien… Il fila à pas de loup, refermant doucement la porte. Tant qu’elle dormait, il était tranquille.

Arrivé dans le salon, il appela l’aéroport, prit deux billets pour le soir même. Un aller simple, un aller-retour en 48 heures. Ensuite, il contacta les Mimosa et confirma l’arrivée de Miranda pour le soir même.

 

CHAPITRE 14

Miranda venait de se réveiller. Elle regarda à sa montre, 8 heures. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas été si matinale… Le soleil, certainement. Apercevant le ciel bleu au travers des carreaux, elle s’était immédiatement levée. Elle avait tiré les rideaux de la baie-vitrée. Enchantée, elle avait découvert le petit balcon et la vue splendide sur le parc. Du vert, du vert, toujours du vert, puis de l’azur… Superbe! Les oiseaux chantaient, des rossignols peut-être? Elle ne savait pas, sans quoi c’était magnifique. Elle s’étira, et pour la première fois depuis belle lurette se dit que c’était une belle journée qui commençait. Elle sourit à cette idée, verrait-elle enfin la vie sous un meilleur jour? Elle était en plein dans un de ces moments de Miranda positive. Celle que tout le monde ne pouvait qu’aimer.Visiblement fragile, presque douce. Indéniablement timide et réservée. Là, elle avait des idées saines, et on se demandait comment ça pouvait chavirer aussi gravement que ce que l’on savait d’elle. Une déchirure profonde qui ne guérissait pas et qui l’amenait à toujours s’auto-mutiler, comme pour moins souffrir des heurts extérieurs. Au passage elle détruisait ceux qui se trouvaient sur le sien, c’était ce qui était encore plus dommage et qui envenimait par la même son mal… Sa maladie devrait-on dire. Elle ne se pardonnait peut-être pas d’avoir dépassé les limites, c’était il y avait tellement longtemps, c’était tellement grave de faire ça, surtout aux gens qu’on aime… Comment le faire oublier, impossible… Son corps, son esprit, son cœur étaient ravagés par tout ce qu’ils avaient subi, plus de rémission possible. Et hop, la prise de tête revenait, les angoisses, les catastrophes avec…
Une infirmière entra, portant un plateau :
-Bonjour Miranda, moi c’est Estelle, je m’occuperai de vous.
-Bonjour Estelle.
-Votre petit-déjeuner!
-Ce serait dommage de rater un tel soleil, je vais me mettre là. Elle désignait le petit ensemble en fer forgé blanc. Une table, quatre chaises. Elle n’aurait pas choisi mieux si elle avait eu un balcon.
-Avez-vous bu ce matin?
-Non, non, pas encore. Je viens de me lever. Pourquoi?
-Du calme petite, tu n’as rien fait de mal. Au contraire, je peux faire ma prise de sang.
Sur ce, l’infirmière était ressortie chercher sa trousse. Miranda n’eut pas le temps de souffler, l’autre l’avait déjà faite asseoir, un garrot, et hop ponction terminée.
-Tu vois… Rien de bien méchant…
Estelle avait disparu aussitôt… C’était rare que quelqu’un s’adresse à Miranda sur ce ton. Elle ne se souvenait même pas d’un ton si maternel alors qu’elle était enfant… Elle avait oublié… Elle savait que sa mère était la plus douce qu’il soit… Enfin, elle n’en avait guère profité. Elle n’avait pas donné à sa maman l’occasion de lui prodiguer tout l’amour qu’elle aurait voulu… Trêve de souvenirs, son bol fumant l’attendait, elle se leva et gagna le balcon.
Miranda avait encore jeté un œil au loin… Quelques personnes commençaient leurs promenades… Elle les scruta pour voir de quoi ils avaient l’air. Ouf! Rien de particulier… Elle n’était pas chez les fous.
Elle apprécia vraiment ce petit-déj. Adorablement disposé, le plateau ouvrait l’appétit. Frugal, il était loin de ceux qui vous font prendre trois kilos. Non, justement, c’était un plein d’énergie que l’on ne pouvait décemment refuser. Thé, pain complet, petits ramequins de confiture, pâte à tartiner, yaourt nature, jus d’orange… De quoi attaquer de bonne humeur.

Ce faisant, Miranda concéda ne pas être si mécontente d’être ici. Elle avait réellement été choquée par les clichés que lui avait sortis Paul. Non pas par les occupations qu’elle semblait y tenir. Quoiqu’elles n’étaient pas si ragoûtantes, vues sous cet angle… Bon, elle savait être sexuellement vicieuse, ce depuis son premier flirt… Elle l’assumait, plus ou moins, ça dépendait. Non, ce qui l’avait scandalisée, c’était d’abord le nombre de partenaires présents… Sur la photo, ils étaient quatre hommes et deux femmes, et aucun ne semblait s’ennuyer… Le maximum qu’elle ait fait, elle était encore étudiante, un homme, une femme… En réalité, c’était un couple échangiste avec qui elle avait dérapé, un soir, en sortant de boîte. Le souvenir n’était pas mauvais en soi, néanmoins elle n’avait jamais recommencé… Elle n’aimait pas l’impression qu’elle avait eu. Cette fameuse fois, il faut dire qu’elle avait ni plus ni moins été l’objet sexuel des deux autres. Elle ne s’était pas privée non plus… C’était d’ailleurs ainsi qu’elle avait découvert ses pulsions les moins orthodoxes. Mais bon… Donc elle ne s’était nullement formalisée, puisqu’avait différemment étoffé sa sexualité à la suite de cette aventure… Si tant est qu’elle n’avait pas réitéré les parties de groupe… Jusqu’à ce qu’elle rencontre ces jeunes à Paris…
Avant de voir les photos… Elle se souvenait des bribes, mais la drogue aidant, elle avait occulté le pire au jour le jour. Une véritable claque que la révélation faite par Paul. Le plus terrible c’était que regardant les individus, elle ne pouvait même pas tous les nommer. En fait, elle ne reconnaissait que la fille. Les gars… Mystère et boule de gomme… Heureusement que sa libido l’avait depuis des lustres libérée d’un amour propre trop envahissant en de tels cas… Elle n’aurait pas supporté… Non, elle l’avait assez souvent fait avec des inconnus, au détour d’une rencontre, là n’était pas son problème. Le hic, c’était que jusque là, elle pensait savoir de qui était l’enfant qu’elle attendait… Elle avait subitement réalisé qu’elle se voilait la face… Son petit, elle ne saurait pas de qui il était… Alors pourquoi cette farouche envie de le garder? C’était cette petite voix dans sa tête qui claironnait que tout allait changer… Elle y croyait vraiment alors? Elle croyait vraiment que Dieu lui donnait là une chance? Elle ne savait pas… Mais c’était fait… Elle gardait son bébé.
Peut-être avait-elle le sentiment de faire quelque chose de bien? De contribuer positivement? De réintégrer son rôle originel? Allez savoir… En tout cas, cogitant ainsi, elle se félicitait d’avoir un tel époux. Elle était sincère. Qui claquerait même un centime pour une femme qui l’avait bafoué à ce point. Elle allait profiter de la chance qui lui était donnée. Elle allait faire tout ce qu’on lui dirait et ils la soigneraient de tous ses maux. C’était décidé, elle deviendrait une mère et une femme exemplaire.

Estelle réapparut. 10 heures déjà!
-Allez petite, à la douche. Demain, tu devras être habillée pour 9 heures… Et les autres jours idem. Je viendrais te chercher et t’indiquerais ce que tu as à faire… T’inquiète, je suis toujours là. A 11h30, retour dans ta chambre, où que tu sois. Là, je fais ce que j’ai à faire… Après, cantine. Demain tu commenceras le programme, tu verras le reste de l’équipe plus en détail. Après ça roulera tout seul, tu verras tu seras vite réglée comme un horloge. Le soir, retour inévitable dans ta chambre à 19h30, j’aurai encore du boulot, puis dîner. Extinction des feux dans les couloirs à 21h30. Dans les chambres, à 23 heures…
-OK…
Sans en rajouter, Miranda fila dans la salle de bains. Elle était aussi fraîche que sa chambre. Le mur était saumon-pastel aussi. Dans la chambre, c’étaient des rayures parsemées de petits bouquets; ici, c’était une peinture à l’éponge… Quand elle était ressortie, sa chambre était faite… Elle ouvrit son placard et plutôt que de trouver sa garde-robe à disposition, elle trouva sa valise encore fermée. Estelle était de retour. Elle attrapa le bagage et le jeta sur le lit.
-Allez, j’ai le temps, je t’aide.
Cette femme noire, martiniquaise ou guadeloupéenne, n’était pas forte mais en avait la prestance. En fait, elle devait à peine peser 55 kg, pour pas plus d’1m60, puisqu’elle était presque du même gabarit que Miranda. Par contre, elle en déménageait! Hyper volontaire, elle en devenait imposante et paraissait plus costaud qu’elle ne l’était. Accrochant les vêtements aux cintres, en un simple coup d’œil elle invita sa patiente à l’imiter. l’autre s’exécuta, charmée par autant d’autorité naturelle :
-Ici, tu n’es pas à l’hôtel. J’ai fait ton lit pour te montrer qu’il doit être au carré quand j’arrive le matin. Ta chambre, tu dois l’entretenir, ainsi que tes sanitaires. Une femme de ménage passe tous les deux jours. Et moi j’inspecte tout le reste du temps. Crois-moi, je deviens une vraie calamité si je ne suis pas satisfaite… Tiens c’est joli ça…
Sautant du coq à l’âne, elle déplia une petite robe fleurie. Elle était toute neuve, Miranda avait craqué, mais n’avait jamais eu l’occasion de la porter.
-Ben, tiens, je vais l’enfiler tout de suite.
Mariant le geste à la parole, la jeune femme passa la robe. Elle était restée en petite culotte et bien qu’elle ne fut pas pudique, elle se sentait mieux ainsi. Elles avaient vite fini, Estelle prit le plateau pour le poser sur un chariot dans le couloir. Deux petites internes étaient en train de les ramasser… Estelle les héla, leur notifia quelques consignes, puis passant de nouveau la tête dans la chambre de la nouvelle lui lança :
-Viens, je t’emmène, ce matin tu vois les professeurs. Elles descendaient l’escalier. Ce sera laborieux, mais ça ne dure que trois jours. Ils vont t’interroger, te faire passer des petits tests… Ne t’alarme aucunement. C’est juste pour évaluer ton profil et peaufiner ta cure, tes activités, les gens que tu rencontreras. Plus tu seras honnête, plus ceux qu’ils préconiseront te sera adapté.

Estelle la fit passer une grande double-porte au rez-de-chaussée, elles venaient de pénétrer dans l’exception

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