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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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décidé à ne plus accréditer les folies de sa femme. Ce qui le dérangeait c’était que le temps jouait contre lui. Il se donnait un mois pour qu’elle se décide… Après, le délai légal serait dépassé, or il savait qu’il ne pourrait se résoudre à la quitter. Il s’en bouffait les doigts mais c’était ainsi.
Il se résigna jusqu’au vendredi… Heureusement, un événement le secoua et il se décida enfin à agir. En fait, ce matin là, il fut pris d’assaut par l’infirmière, qui l’entraîna et le jeta dans une salle sombre sans plus de convenance.
-Ha, vous voilà! Justement nous commençons…
Avait lancé le médecin. On lui infligeait d’assister à cette écho, sans même s’inquiéter de quoi que ce soit. Il avait vu ce petit foetus, écouté ces battements de cœur… Les larmes étaient montées et il avait quitté la salle, l’établissement, sans un mot de plus. C’était la goutte qui faisait déborder le vase. Il était directement rentré chez lui, avait appelé l’aéroport et avait pris un billet pour Nice, pour le lendemain. Il avait ensuite prévenu ses amis, avait gobé un somnifère, réglé son réveil, puis était allé se coucher… Il n’avait pratiquement pas dormi de la semaine, il n’en pouvait plus.

 

CHAPITRE 12

A l’aube, Paul prit juste la peine de prévenir qui de droit et s’envola alors que le soleil pointait à peine. Une heure quarante plus tard, ils atterrissaient. Tout s’était parfaitement passé. Pour une fois ni attente, ni retard.
Jacqueline l’accueillit à bras ouverts. Ils ne se connaissaient pas trop mal, s’étaient rencontrés en plusieurs occasions, souvent les plus importantes de la vie des deux hommes, ou parfois professionnelles, toujours est-il que le contact avait toujours été plaisant. Pierre arrivait de l’autre côté, poussant un chariot devant lui :
-Tu t’es embêté pour rien!
S’exclama Paul.
-Ils étaient à trois mètres de la voiture, pourquoi se priver?
Heureux de cette visite, ils palabrèrent sans retenue, parlant vraiment de tout et de n’importe quoi. Ils se rendirent au tapis pour ramasser les bagages, où ils patientèrent un petit moment, Paul s’étant enregistré dans les premiers.
Dès qu’ils sortirent, le soleil vint les caresser. Le ciel était bleu azur et notre médecin apprécia immédiatement.
-Vous verriez le temps qu’il fait chez nous!
-Ho, cette année nous ne sommes pas vraiment gâtés. C’est vrai, aujourd’hui il fait beau… Mais en ce moment le temps est très changeant… Parfois nous nous croirions en Angleterre.
-N’exagérons rien, Pierre… Nous n’avons pas non plus dix degrés comme eux là haut…
-Ni la pluie, c’est vrai… juste les tempêtes et les tremblements de terre…
-Oui, j’ai entendu ça à Paris. En avez-vous vraiment souffert?
-Non, l’épicentre était plus loin vers Cagnes, ou Nice, à 20km des côtes. En vérité, même si certains endroits ont bien tremblé, il y a eu plus de peur que de mal.
-Alors, quoi de neuf…Pierre avait lancé cette question sans réfléchir et se rattrapa rapidement… Je veux dire, Miranda se porte mieux? Est-elle toujours aux soins intensifs.
-Non, ils l’ont descendue… mais bon, faut pas s’emporter… son état, surtout psychique est fragile.
-Ok, on en parlera plus tard, profite du trajet…

Le retour se passa relativement bien. Paul fut surpris tout de même de voir qu’ici aussi les heures de pointes étaient noires. Ils roulèrent difficilement au départ. Cependant, les bords de mer restaient agréables, surtout pour notre ami. Cette grande avenue, ces palmiers et ce ciel impeccable lui firent finalement oublier un court moment ce pourquoi il était descendu. Ses hôtes n’en dirent pas plus… Quelques paroles s’échangeaient parfois, au passage d’un endroit qu’ils lui feraient visiter, mais c’était tout. Peut-être l’autoroute les avait-elle ensuite tout bonnement rendus songeurs… Il faut avouer que les automobilistes roulaient un peu comme des fous, Pierre se devait donc d’être prudent… Jacqueline continuait ponctuellement sa visite guidée, quant à Paul, lui buvait les panoramas, comme désireux de s’y perdre à jamais.

Pierre était le plus âgé des trois, il allait sur ses 40 ans. Sa femme avait l’âge de Paul. Les deux hommes s’étaient connus à la fac. Pierre comme Paul étaient plutôt solitaires et de se voir quelquefois leur convenait l’âge n’altérant rien. Ils continuèrent ainsi, devenant confidents, potes et amis par intermittence, si l’on puis dire. Toujours est-il qu’ils avaient réciproquement été présents à chacun des événements cruciaux pour l’un comme pour l’autre. Les diplômes, les mariages, les enterrements, les enfants, étaient autant de prétextes qui avaient empêché qu’ils se perdent de vue. Leur sincère amitié restant résolument la principale raison de cette fidélité…
En survolant le chemin parcouru depuis, Pierre ressortait comme le mieux loti des deux. Paul n’avait sur lui que l’avantage du physique. l’autre était grand et sec, l’air très intellectuel, presque trop, pourtant il avait une femme ravissante que beaucoup devaient encore lui envier. Ils s’étaient rencontrés alors qu’elle n’avait pas dix-huit ans. Il était tout simplement pion dans son lycée, un job comme un autre. C’étaient leurs livres qui les avaient rapprochés. Lui étudiait à l’université et penchait déjà fortement vers la psychiatrie… Elle, ne savait pas encore vraiment quelle spécialité choisir, bien qu’elle soit sûre de la direction qu’elle prendrait. Elle lisait donc énormément, histoire de se faire une idée du corps médical et de ses ramifications. Elle ne voulait pas être médecin ou infirmière, encore moins sage-femme, la vue du sang lui donnant des hauts le cœur. Non, elle pensait à une branche plus sociale… De la psychologie à la psychiatrie, il n’y a qu’un pas… Bref, ils en étaient tout naturellement venus à échanger leurs points de vue et leur histoire s’était affirmée peu à peu.
Tous deux étaient heureux d’avoir trouvé leur moitié du premier coup. Il s’étaient mariés dès la première année de leur rencontre, leur premier bébé était arrivé peu de temps après. Depuis ils avaient fait deux petits frères à Ludovic, Bastien et Alexis et les trois gosses paraissaient parfaitement équilibrés. 10, 8 et 5 ans, de quoi ne pas s’ennuyer! En résumé, ce dont avait toujours rêvé Paul. Ceci dit, loin d’envier mesquinement le bonheur de son ami, le seul qu’il n’ait jamais réellement eu, Paul savourait cette plénitude à chacune de ses visites… Il profitait même presque avidement du bonheur de cette famille pour se ressourcer, plutôt que de regretter.

Ils arrivaient… La grande bâtisse, pas toute récente, trônait au milieu d’une grande cours, qui elle-même était d’abord bordée d’une belle pelouse, puis de plusieurs parterres fleuris, colorés et odorants. Aucun mur, aucune barrière ne cloisonnait le lieu. Pourtant, les Dorian ne possédaient que deux, trois hectares… Peut-être un peu plus, mais pas énormément. Leurs voisins, eux, détenaient de vastes propriétés et entouraient cette petite parcelle de paradis, sans jamais avoir pensé à délimiter leurs terrains. En fait, cette demeure était l’ancienne dépendance des gens de maison de l’un des châteaux alentours… Les héritiers ne menant pas le même train de vie que leurs ancêtres, ils n’en avaient eu l’utilité et l’avaient vendue, entre autres aux parents de Pierre… Paradoxalement, c’était parce que ceux-ci n’avaient pas vraiment eu le temps d’y vivre beaucoup que leur fils avait moralement pu accepter leur legs et s’installer avec les siens. A l’inverse de ce qu’aurait produit une résidence dans laquelle les grands-parents auraient toujours vécu, celle-ci demandait encore à ce qu’on lui donne une âme. Evidemment, ils avaient marqué l’endroit, mais ça laissait plutôt à leur descendance un souvenir omniprésent et heureux… Pierre avait un grand frère, Armand, qui n’habitait pas très loin. Lui même père de deux grands garçons, 20 et 12 ans et d’une jeune fille de 15 ans; respectivement : Eric, Marc et Cynthia. Quand tous se retrouvaient, leur félicité n’avait d’égale.

Pour le moment, les trois gamins jouaient au foot et accoururent dès qu’ils aperçurent la voiture. Tous trois embrassèrent joyeusement Paul…
-Whouah, de grands gaillards! salut les gosses! Avait lancé Paul, sincèrement joyeux de les revoir.
-Salut tonton! Avaient rétorqué les trois autres, le renversant presque. Tu joues avec nous?
-Non, pas tout de suite. Mais méfiez-vous, je n’ai pas perdu la main! ou plutôt le pied!
-Ouais, c’est c’qu’on dit! Avait répondu Ludovic, l’air engageant et les yeux malins.
-Allons, laissez votre oncle arriver, allez oust! avait alors coupé Jacqueline… les chassant d’un geste maternel.
C’était ni plus ni moins que leur oncle, et ils en conservaient de formidables souvenirs. Paul n’avait jamais pu vraiment rester aussi longtemps que souhaité, mais c’était un grand gosse et quelle que soit la durée de ses séjours, il en consacrait une grande partie à jouer avec les garçons… Là aussi l’âge ne paraissait pas.

Cette journée se passa assez sereinement. Le couple proposa sans détours de se reposer et de reporter au lendemain les affaires plus sérieuses. La mine navrante de leur ami leur soufflait cette sage décision. Paul ne se fit en outre aucunement prier.
A l’arrière du jardin, ils avaient fait construire une superbe piscine l’année précédente, et tous se prélassèrent sur les chaises longues. C’était l’unique endroit cintré d’un grillage assez haut et robuste… pas question de risquer l’accident. Quand personne n’y était, l’enclos était cadenassé. On se serait cru un Dimanche. Le repos n’est-il pas meilleur quand les autres travaillent? C’est ce que beaucoup prétendent.
Midi sonnait à peine quand Jacqueline héla toute sa petite tribu
-A table!
Elle les régala d’une énorme salade niçoise, de côtelettes grillées, un fromage, de la salade verte, dus jus d’orange et un doux rosé pour faire passer le tout.
-J’veux une autre cotelette!

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