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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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Jamais, au grand jamais Paul n’imaginerait qu’elle puisse mentir sur des sujets si graves. Tout se résumait là. Cet homme voyait et justement préférait s’arrêter à ce qui était visible. Il n’extrapolait jamais, surtout pas à propos des méfaits de cette femme qu’il avait désirée, qu’il avait cru avoir… qu’il avait finalement perdue, avant même d’y goûter vraiment. Donc, il ne réalisait pas tout du vice de sa femme, c’était comme pour un iceberg, il n’en discernait que la partie visible. Certes, c’était déjà beaucoup… Seuls ceux qui avaient partagé son enfance, son adolescence, savaient que Miranda n’avait aucune limite. C’est ainsi qu’elle pouvait mener les autres jusqu’au bout, jusqu’au néant… Paul était en train d’en faire les frais.

Flairant bien qu’il ne pourrait aider en rien, Rick ne pouvait non plus évoquer ses ressentiments. Lui, savait ce qu’il aurait fait… Mais il ne pouvait se décider à parler. C’était à Paul de voir. Parfois, malgré une envie irrésistible d’intervenir, on ne peut pas toujours le faire… La vie d’un gosse en puissance était tout de même en jeu, difficile de jouer au bon Dieu!.
Ils s’en retournèrent donc silencieusement vers le grand bâtiment blanc. Paul avait prié son beau-frère de rester avec lui. Il ne voulait pas être seul avec Miranda. Peut-être avait-il peur de lui-même… Rick comprenait… Dans le couloir, ils croisèrent le médecin concerné, le Dr.Pions. Celui-ci eut l’air plutôt content pour son copain de promotion.
-Ils vont bien tous les deux… Toutefois, il faut absolument que tu la prennes en main, que le bébé ne souffre pas de ce qu’elle pourrait de nouveau ingurgiter. Pour le moment ça va, il n’y aura pas de séquelles.
-Oui, merci… Avait balbutié l’autre.
-Surtout ne la secouez pas, il lui faut du calme, surtout pour le bébé. Tout ça reste encore fragile, et si elle s’énerve, le pire peu encore arriver. Visiblement, elle prenait tout de même de sacrées cochonneries, et pas à petites doses. J’attends d’autres résultats, je te tiens au courant. Ne t’inquiète pas… Le médecin, lui tapa l’épaule et s’en retourna. Il n’avait rien dit, le toubib croyait qu’il était le père, et Paul ne démentait pas… Pommé, il était pommé.. Ils entrèrent donc ensemble dans la chambre. Une infirmière déposait un plateau repas sur les genoux de Miranda.
-Coucou, mes hommes!
Elle les reçut avec cette joie débordante et impromptue, c’est le moins qu’on puisse dire. Rick n’en fut que plus enragé. Pour comble, elle poursuivit comme une pie… Et les infirmières, des amours, et les soins, elle se sentait comme un charme, à part ce truc autour de son cou et patati patata… Pour terminer, ne doutant nullement de sa prestation, elle lança :
-T’a-t-on dit chéri? Dis-moi? Es-tu au courant?
-Quoi?
-Nous allons avoir un bébé!
Rick faillit se sentir mal. Non, ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas les prendre pour des cons avec autant de désinvolture. Paul zyeuta l’autre, l’air de lui faire savoir que cela faisait longtemps qu’elle le méprisait avec cette nonchalance répugnante. Rick eut beaucoup de compassion, mais encore plus de colère contre lui. Il ne pouvait plus se laisser faire… Il le toisa alors et d’un geste le poussant à réagir. Cependant l’autre s’était déjà avancé, rétorquant d’un ton monotone et l’air abattu :
-Je sais chérie, je sais… Mais il n’est pas de moi.
-Comment ça? Pas de toi? Qu’insinues-tu? J’ai fait bien des conneries, mais j’ai toujours été fidèle…
Il la coupa net. Il bouillonnait. Son ultimatum tomba comme un couperet.
-Je n’en veux pas. Fais-toi avorter, ou je te quitte.
-Sors, sors d’ici immédiatement…
Elle avait appuyé sur l’appel de l’infirmière… Un interne pénétrait déjà. Elle fondit en l’arme, accusant son mari de vouloir sa mort. Elle étala un tas de conneries, tout en vrac, sans complexe. Le jeune homme la calma, gêné non seulement de cette étreinte qu’elle ne desserrait pas, mais aussi de tout ce qu’elle proférait. Les deux visiteurs partirent.
-Tu la quitteras?
-Je ne sais pas.

Rick avait repris sa voiture et retournait chez lui. Il avait abandonné Paul sur la seule requête de ce dernier. Il avalisait d’ailleurs parfaitement ce besoin de solitude… Lui-même ne pouvait que difficilement imaginer comment il aurait réagi. Quoique c’était d’autant plus difficile que Miranda était vraiment le type de femme qu’il réprouvait. Non pas qu’il puisse vraiment affirmer qu’il les devinait, mais il y avait tout de même certains signes qui ne trompaient pas. Toujours est-il qu’une fois identifiées, il les esquivait. La méchanceté et la cupidité sont vite repérables, surtout lorsqu’on en a longtemps été victime. Ceci dit, il est vrai qu’il s’était quand même fait avoir par quelques salopes qui, du reste, ne l’avaient pas épargné. C’était vieux, à l’époque il était encore étudiant. Cependant, il retenait ces quelques exemples, comme pour se rappeler à jamais que parfois le mal est où on ne l’imaginerait nullement.
En tout cas, il avait à chaque fois perdu contrôle. Découvrant être cocu, la duperie dont ce genre de nénettes ne peuvent se passer, il était invariablement rentré dans des colères noires. Heureusement, sa bonne étoile lui avait évité d’être en présence des fautives… Il n’avait pas eu à regretter d’acte irréparable. Sur le coup, il avait tout de même cru pouvoir tuer. Pourtant ces filles n’étaient que des flirts, cela n’avait en rien allégé l’affront essuyé. Il n’osait envisager ce qu’il ferait si sa femme, son épouse, le trompait. Rien que d’y penser son poil s’hérissait.
Cette Miranda avait vraiment de la veine. En plus, tomber enceinte! Ces dernières 48 heures, Rick avait saisi à quel point Paul s’était fait une raison. C’était surtout dans la chambre, quand la Miranda lui avait annoncé l’affaire comme une bénédiction qu’il avait compris. Paul était depuis longtemps habitué à de telles offenses, il était même carrément entraîné. D’où son incomparable sang froid…

Cela faisait presqu’une heure qu’il était au volant, et il n’avait pas bougé d’un poil… Cela n’arrangeait rien… Ce n’était vraiment pas le moment… Les transports étaient encore en grève depuis ce matin… Il ne savait nullement comment il avait pu rejoindre l’hôpital sans plus d’encombres, mais il regrettait presque d’y être allé. Sa présence n’avait pas vraiment servi, et il se serait bien passé d’être maintenant coincé dans ces embouteillages mortels…
Quant à Paul, lui était reparti comme il était venu, à pied. Il ne souffrit donc aucunement de ces désagréments. Il était d’ailleurs tellement plongé dans ses pensées, qu’il ne se rendit compte de rien. Il traversa les quartiers bondés d’autant de piétons que de véhicules, les klaxons hurlèrent tout du long, parfois des attroupements le retardèrent, mais rien ne l’extirpa de son cauchemar.

Pour lui, la semaine se poursuivit telle qu’elle avait commencé. Les médecins consignaient à Miranda de garder la chambre. Enceinte et à peine sevrée, elle ne pouvait pas se permettre de sortir. De son côté, la jeune femme se réfugiait dans cet abris tout indiqué. Elle signait la plus grosse connerie qu’elle n’ait jamais faite, et cette équipe de toubibs promettait de lui fournir bien des excuses. Elle était mauvaise mais loin d’être idiote. Elle savait parfaitement ce qu’elle faisait, encore que les drogues avaient imperceptiblement mais assurément fait disjoncter certains de ses neurones. Si elle refusait l’avortement, c’était certes par esprit de contradiction, et par bêtise aussi, évidemment. Elle n’était pas vraiment nette, c’était sûre. Elle ne réalisait même pas ce que cela impliquait. On pouvait même se demander si elle avait compris qu’elle portait un embryon, qui ne disparaîtrait pas sur un simple claquement de doigts. Donc, à ce sujet, elle était loin d’être clairvoyante…
Par contre elle savait instinctivement qu’elle trouverait là de quoi tenir son époux. Personne n’aurait pu anticiper de la sorte, pas même elle. Néanmoins, une voix lui dictait de garder ce gosse. Elle savourait déjà le mal qu’elle pourrait faire à Paul, le narguant avec ce gamin qui n’était pas de lui, mais qui vivrait sous son toit. A aucun moment elle n’envisageait la rupture. Avait-elle raison ou tort? l’avenir le dirait. En tous les cas, ce petit diable qui la guidait, lui croyait tenir le bon bout.
En réalité, elle était loin de pouvoir se faire une idée juste de la situation. Elle ne savait même pas avoir été surveillée. Elle ne savait pas non plus pour toutes ces photos qui le discréditaient à jamais. Non, dans sa tête, elle croyait que Paul avait prêché le faux… Rick avait dû le braquer… Quoiqu’il en soit, elle avait gardé son calme et répondu avec une telle souffrance, qu’elle était persuadée d’avoir reconquis son petit homme. Pour elle, elle n’avait que la drogue à faire oublier, et ses petites escapades, qui n’étaient pas grand chose finalement… Quoi? Elle avait traîné avec des gamins et partagé leurs délires… Etait-ce vraiment un délit? Quel toupet! Alors que quand elle fermait les yeux, elle se rappelait bien ces hommes et ces choses qu’elle avait faites…mais ça la gênait pas. Elle avait l’habitude d’enfouir au fond d’elle même ce dont elle pourrait se blâmer.
Par contre, elle ne pensait même pas une seconde à l’invraisemblance d’être enceinte de son mari, surtout de six semaines… Elle avait oublié, elle n’avait même plus la notion du temps… Et avait-elle encore quelques notions de quoi que ce soit, d’ailleurs? Peut-être ne se rappelait-elle même pas qu’ils ne couchaient plus ensemble depuis maintenant quatre mois. Peut-être mélangeait-elle ses amants… Il va sans dire qu’elle ne s’était pas privée. Quoi? La dernière fois qu’elle avait été nette, sans avoir rien avalé… Pff, elle n’aurait pu le dire. Depuis qu’elle fréquentait cette bande qui était partante pour tout, tant que c’était de la défonce… Elle était vite tombée dans cette soif effrénée… Elle croyait pouvoir sortir de tout…

En résumé, c’était bien d’une cure de désintoxication dont elle avait besoin… Une thérapie en parallèle ne lui ferait aucun mal. Malgré sa douleur, Paul était retourné la voir tous les jours et à chaque fois elle l’assurait de ce diagnostic. Le lendemain même, elle ne se rappelait plus de leur dispute. Du moins le laissait-elle croire. Elle continuait à ne parler que de cette formidable équipe qui la choyait… Elle n’évoquait même plus son bébé que par à-coups. Comme assommée par on ne savait quels résidus… Néanmoins, même si Paul laissait courir pour le moment, il était

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