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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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André était très gentil. Il la couvrait de cadeaux, la sortait souvent, l’emmenait en vacances… En clair, aux yeux de ses très proches amis, en nombre très restreint, ils formaient un couple. Eloïse était aussi bien traitée que l’épouse légitime. Certes, ceci que par les “amis vraiment sincères”, qui eux-mêmes trompaient d’ailleurs également leurs conjointes. Elle se retrouvait ainsi en compagnie d’autres femmes qui partageaient sa situation, et toutes accusaient parfaitement la chose. De toute façon, si ce n’était pas avec elle, ce serait avec d’autres langoureuses que le mal serait fait… Ne nous méprenons pas, un homme sait où il va quand il couche avec une autre que sa femme. Et en général, si ça le prend, ce n’est pas un refus qui l’en détournera. Non, vraiment, rares sont les hommes qui trompent car tombent amoureux d’une autre…En général, ceux-là quittent celle qu’ils n’aiment plus. C’est la jeunesse, même l’adolescence perdue, qui les motive plutôt. Le besoin de se prouver on ne sait quoi, de posséder quelques créatures de rêves. La conquête… Toujours la conquête… D’ailleurs, les femmes font partie du même lot, sauf qu’elles sont intuitivement plus discrètes. Voilà tout.
André était promoteur dans une grosse, très grosse boîte. C’étaient eux qui subventionnaient les travaux de la plupart des complexes hôteliers les plus chics du monde entiers. Cela lui valait évidemment les voyages les plus alléchants, et Eloïse était souvent de la fête. Avec lui, elle était allée aux quatre coins du monde, et toujours dans les palaces les plus inouïs. Elle adorait. D’autres fois, il emmenait sa femme et ses enfants, la laissant à son tour. En résumé, il départageait intelligemment son planning, si bien que l’une ou l’autre profitait, sans être vraiment lésée… C’était lui qui le pensait… Qu’elle épouse pourrait admettre d’être cocue avec le sourire? En tout cas, il s’en sortait bien, elle ne se doutait de rien. A force, il s’était fait presque deux identités, selon qu’il se trouve de ce côté ci ou de ce côté là du globe. Le plus avantagé était naturellement monsieur… Quoique cela ne soit pas toujours chouette que de mener une double vie. Parfois une grande lassitude l’envahissait subitement. C’était d’ailleurs en ces occasions qu’il s’organisait un grand tour du monde. Prétextant la mise à jour de son porte-feuille clients, chose qui n’était pas si fausse. Il partait assez longtemps. Une fois il s’était absenté pendant presque six mois, sans même faire une escale chez lui, pour les fêtes. Cela avait été LE break. C’était lors de telle “pénurie” qu’Eloïse était bien contente de ne pas lui avoir cédé cette exclusivité… Elle n’avait pas envie d’être la cocue de service.

Patty sortait de sa chambre… 7 heures, l’heure de son petit-déjeuner. Eloïse bondit et enfila sa nuisette. Ce matin, elle avait subitement envie de bonnes tartines et d’un grand bol de café au lait… Pourquoi ne pas en profiter pour passer un moment avec l’autre jeune fille. Elle n’était arrivée qu’avant-hier, toutefois elle éprouvait déjà une certaine affection pour elle. De plus, Patty s’était montrée intéressante, et apparemment, elles avaient en réserve de quoi animer pas mal de discussions. Elle sentait tout bonnement qu’elles s’entendraient au delà du stade de simples co-locataires et elle s’en réjouissait presque. C’était vrai. Elle n’avait pas d’amie, pas en dehors de ses relations professionnelles. Cela la pesait. Elle aimerait pouvoir bavarder sans ces allusions au métier que toutes faisaient inévitablement. Elle ne pouvait pas leur en vouloir. C’était tout de même l’une des mieux lotie, grâce à André. C’était LA mieux lotie. Toutes les autres comptaient un minimum de quatre clients par semaine, heureusement, des réguliers aussi. Certes, aucune obligation ne les tenait. Mais pourquoi faire ce job, si ce n’était pas pour l’argent. Or, les zéros s’alignaient si on savait s’y prendre, il n’y avait pas de secret. Donc, quoi qu’il en soit, escorte ou pas, il fallait passer à la casserole un minimum. Eloïse était donc la plus chanceuse, elle avait son sauveur, qui de surcroît la gâtait de façon presque écœurante. Heureusement, elle était très appréciée et les autres ne la jalousaient guère que lors de quelques plaisanteries.
En clair, elle s’échapperait un peu si elle réussissait à se faire une nouvelle amie, étrangère à tout ça. Encore fallait-il que ses impressions soient bien fondées. Unique moyen de le savoir, se lancer.
-Coucou.
Elle venait de passer la tête dans la cuisine. Patty sortait tout juste son bol du micro-ondes et ses tartines sautèrent presque hors du toasteur.
-Ha salut! Comment vas-tu?
-Bien, bien, très bien. Je peux petit-déjeuner avec toi.
-Sûr. Café, thé?
-Laisse, je m’en occupe.
-Tu te lèves tous les jours à cette heure-ci?
-Non, là j’avais faim… Mon boulot me laisse libre quant à mon emploi du temps.
-Cool. Trop cool, c’est rare.
-Oui, donc j’en abuse. hihi.
Elles installèrent tout ce qu’il fallait sur la petite table, Eloïse y posa également son bol, puis elle s’enquit de l’après-midi de cette amie en puissance.
-Ho, c’était super, mieux que ce que je n’aurais pu espérer. Hélas, un contre-temps a tout écourté.
Elle expliqua en gros ce qu’il s’était passé, l’air vraiment déçue, but une gorgée, puis changea de sujet.
-Je finis mes cours à quatorze heures. On déjeune ensemble?
-Bonne idée. J’ai du shopping à faire, ça te dis pour après?
-D’acc. Mais à sept heures faut que je sois à la station.
-ça marche.
Eloïse ne comprenait pas comment Patty pouvait travailler dans cette station. Enfin, elle comprenait bien qu’elle ait besoin d’argent… Ce qu’elle ne comprenait pas c’était qu’elle n’ait pas trouvé autre chose. Elle se promit de fureter, elle connaissait assez de monde pour lui trouver un job plus épanouissant. Ceci dit, elle n’en dit rien. Elle avait en horreur de parler plutôt que de faire.

l’occasion ne tarda pas. Elles déjeunèrent effectivement ensemble, faisant connaissance, sans trop se dévoiler pour autant. Puis, elles filèrent aux Champs-Elysées. Patty fut impressionnée par le nombre de chèques qu’était capable de signer l’autre et en moins de temps que ça. Un tailleur-770, deux paires d’escarpins-460, deux robes de soirées… Là, elle n’avait plus regardé les prix… Elle ne savait plus si ça l’amuserait longtemps. Heureusement, Eloïse lui expliqua qu’elle partait bientôt pour un petite croisière d’affaire. Qu’elle se devait d’être présentable. “l’argent appelle l’argent” finit-elle par lancer. l’autre n’en fut pas si sûre, mais elle s’imagina la rousse travaillant dans quelques holdings de renom. Une directrice financière? Une patronne d’elle ne savait quoi? Dès lors, elle prit le parti de s’amuser un peu au lieu de faire sa bougon. Dans une boutique, l’autre lui demanda de passer un pantalon. Eloïse avait déjà passé celui en daim, elle voulait voir comment était celui en cuir.
-Seconde-moi, au moins… Je ne te fais pas pitié à suer comme une vache depuis tout à l’heure. Au moins dix fois que je me change, si ce n’est plus…
-Hé, madame, ce n’est pas moi qui me tape une croisière… Peu chère…
Patty dit ces derniers mots avec un amusement indéniable, puis elle attrapa le pantalon mauve, avant de s’engouffrer derrière le rideau. En fin de compte Eloïse prit les deux. Ensuite elle filèrent vers le Marais. Là, Eloïse fit plusieurs petites boutiques. Maillots, bijoux fantaisies, sandales, pharmacie pour les crèmes…
-Vous allez où exactement?
-l’île Maurice, et aux alentours… J’espère que cette fois, il n’y aura ni tornade ni typhon…
-Pourquoi? T’en a déjà vécu un? Je t’envie quand même, t’as un job en or!
Voyant qu’elle l’autre ne relevait pas, Patty n’insista pas. Elle ne savait pas si c’était la première ou la seconde de ses questions qui était embarrassante, mais elle savait se taire quand il le fallait… Voilà, juste un peu plus de mystère…Elles pénétrèrent finalement dans une boutique de chapeaux. Deux, trois clientes étaient déjà en plein essayage. l’ambiance était détendue. Une dame prenait un thé, assise sur la banquette, dans le petit coin salon. Le plateau et les autres tasses montraient qu’elles étaient toutes de la partie.
-Eloïse! ça fait un bail!
Une grosse dame brune, arrivait vers elles. Elle flottait dans une large chemise fleurie et ce choix était judicieux. Les couleurs et la mousseline donnait tout la légèreté souhaitée pour que ses rondeurs se fassent agréables. Visiblement, elle le savait et n’avait pas de complexes non plus. Patty adorait rencontrer ce genre de personne, atypiques aux portraits que l’on avait coutume de se faire de ces physiques. Les deux autres s’attrapèrent et s’embrassèrent chaleureusement.
-Je te présente ma tante, Jade.
-Bonjour.
-Bonjour jeune fille. Elle a une tête a chapeaux…
-ça m’aurait étonnée! 
N’écoutant pas sa nièce, elle entraînait déjà la petite brune vers le fond, lui indiquant toute une série de petites toques, qu’elle venait de recevoir d’Asie. Ces couvre-chefs étaient brodés et ornés de petites paillettes ou miroirs, et il est vrai qu’ils plurent à Patty. Elle obéit donc et en essaya. Eloïse passait déjà d’autres styles, les chapeaux de paille à bords larges lui paraissaient plus appropriés.
-Jade fait tout toute seule. Elle confectionne chaque pièce, tient sa boutique et, comme tu vois, sait accueillir sa clientèle… Qui en outre devient vite des amies.
Elle n’en rajoutait pas. La femme était retournée auprès des autres et savait y faire. Juste assez pour ni envahir, ni délaisser. D’ailleurs, elle ne les quitta pas si longtemps. Elle revenait déjà.
-Alors mes jolies, vous avez trouvé votre bonheur.
-Je crois, oui.

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