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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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té, ils comptaient la bousculer un peu en proférant de telles menaces, mais jamais ils ne l’auraient lâchée. Ils avaient trop peur de ce dont elle serait capable si on la livrait totalement à elle même. Elle le savait et en profitait… Ce qui n’arrangeait rien puisque envenimait encore sa réputation. Ses amis finissaient non seulement par la bannir, lassés d’être son exutoire; mais en plus ils la dédaignaient ouvertement. Les Wilson étaient plus que respectés et peu acceptaient ce que leur faisait leur fille, dans leur dos en plus! Bref, l’offre de Paul tombait à pic et elle avait tiré son épingle du jeu en beauté. Elle était vraiment vicieuse, car lui ne sut que bien plus tard ce pourquoi elle s’était vraiment décidée. A ce moment là, la petite avait joué les femmes comblées… Elle l’avait peut-être fait attendre… mais c’était, d’après ce qu’elle lui laissait croire, par crainte de ne pas être à la hauteur et patati patata… Elle joua si bien, qu’elle le maintint en suspens un bon moment, il ne l’épousa que deux ans plus tard. Depuis, elle vivait relax, sans jamais s’inquiéter de ses lendemains.
Au départ, ils avaient vécu heureux, tels de vrais jeunes mariés. Cependant, depuis un an, il semblait que l’oisiveté ait éveillé quelques mauvais esprits. Miranda n’avait jamais voulu travailler et Paul allait comprendre à quel point il avait eu tort d’abdiquer.

En peu de temps, elle lui fit subir presque tout. Le pauvre homme ne pouvait hélas pas admettre de s’être trompé à ce point. Malgré les avertissements de sa belle-famille, qui l’invitait à mettre rapidement les holà, il pardonna et pardonna. Miranda n’était pas ainsi, il la connaissait… Non, c’était une mauvaise passe, des influences négatives d’un entourage mal choisi… En résumé, à chaque nouvelle connerie, il lui trouvait de belles excuses. Comme pour lui même se rassurer. Il avait tout réussi, sauf ce qui le tenait le plus à cœur. C’était un homme qui aurait aimé une gentille petite femme, des enfants, un foyer doux et chaleureux. Tu parles… Elle avait bien pris garde de lui dire qu’elle n’aimait pas les enfants, allant jusqu’à lui faire croire qu’elle avait arrêté la pilule, mais que ça ne venait pas. Même ça, il le gobait. Lui, un médecin… Il ne lui en voulait même pas de refuser des examens outres, histoire d’expliquer sa stérilité supposée. Plus tard, bien plus tard, il aurait l’occasion de s’apercevoir qu’avec cet accord tacite il nourrissait cet esprit destructif, ce sadisme.

En tous les cas, elle avait dû dépasser les bornes. Ce n’était pas la première voiture qu’elle cassait et il n’avait jamais appelé Rick. Au bout du fil, il avait vraiment eu l’air tendu, peut-être même perdu… C’était presqu’un appel au secours, et Rick se demandait jusqu’où sa diablesse de sœur était bien allée.

Il arriva dans le vieil immeuble sur les coups de neuf heures, dix heures, peut-être. Le cabinet du docteur Simon était fermé, évidemment. Ils avaient eu la chance de trouver un appartement juste au dessus. Au rez-de-chaussée, une devanture toute propre, très “clinique”… Au troisième, un appartement tout ce qu’il y avait de confortable.
Son beau-frère le reçut très chaleureusement, le débarrassant prestement et l’installant dans le fauteuil, au coin de la cheminée; la place la plus douillette qu’offrait leur salon style Régence. Il lui servit un verre, en prit un et se cala sur la banquette. La lumière était faible, la nuit tombait, mais Paul ne releva que légèrement l’intensité de l’halogène. Il considérait que ce serait certainement plus facile pour lui que de causer dans cette semi-pénombre.

-Je viens d’appeler l’hôpital, elle va bien. Elle s’est réveillée il y a une heure et s’est rendormie presqu’aussitôt.
-As-tu prévenu nos parents?
-Oui, comme à chaque fois. Les pauvres, quand je les reverrai, je n’oserai plus les regarder en face.
-Pourquoi? Tu n’y es pour rien… Combien de fois devrons-nous te le répéter. Elle est et restera ainsi, quoi que nous fassions… Désolé.
-Je commence amèrement à le croire.
-Il serait temps. Excuse, c’est ma sœur, mais j’ai hélas dépassé ce cap.
-Je sais, tu l’as connue et supportée avant moi.
-Oui, et je m’en serais passé. Bon, mais cette fois, il y a vraisemblablement plus grave, raconte…
-Voilà, j’aurais dû t’en informer plus tôt… D’un autre côté, elle est majeure et vaccinée, normalement vous ne devriez plus en entendre parler, d’autant que je l’ai épousée.
-Arrête de tourner autour du pot. Tu n’es fautif de rien. Que se passe-t-il?
-Il y a trois mois, je me suis rendu compte qu’elle volait des médicaments dans ma pharmacie. Au départ, je n’ai pas vraiment fait attention, elle m’avait déjà piqué quelques antidépresseurs, sans que ce ne soit alarmant. Hélas, les doses ont rapidement doublé, et les produits sont devenus de moins en moins anodins. J’ai donc tout mis sous clefs… Tu t’en doutes! Du reste c’est allé très très vite. Je te le dis, ça ne fait pas trois mois.
-Ensuite…
-Je l’ai faite surveiller, si elle ne pouvait plus me voler, elle chercherait ailleurs. Je n’ai pas été déçu, mon détective non plus, malheureusement. Elle s’est fait des amis par le biais d’une association de musiciens… Pas du classique, ce serait trop beau. Non, elle est allée s’acoquiner avec ces organisateurs de rave. J’ai presque 36 ans, mais je ne suis pas totalement hors jeu.
-Là n’est pas la question… Elle n’en a que 28… Continue…
-Et bien, imaginant le pire, j’ai fait redoubler l’espionnage, photos à l’appui.
-Mon pauvre…
-Tu l’as dis… Si ce n’était pas ta sœur, je ne poursuivrais même-pas… Et c’est bien parce que tu es le seul à qui je puisse me confier. Je me vois mal raconter ça à Anaïs, encore moins à tes parents. Bref, elle fréquente des jeunes de la vingtaine. Te rends-tu compte? Je plains leurs parents. Quand ils ne sont pas dans ces soirées organisées à s’esquinter la santé, ils vont chez les uns où les autres et se gavent tout autant d’ecstasy et autres cochonneries. En plus de picoler comme des pochards. l’effet de cette drogue, ajouté à l’alcool, n’est plus à démontrer…
-Oui, je sais…
-Mais ce n’est pas tout… Elle est en train de se défoncer les neurones, ça c’est sûr, d’où cet accident affreux… Il a failli coûter la vie au pauvre motard qu’elle a percuté! Tout de même!
l’espace d’une seconde, une multitude d’images se bousculèrent dans la tête de Rick, Diane lui apparut… belle comme un ange. Son cœur était serré et Paul réalisa très vite, il poursuivit donc, sans s’attarder. Il avait déjà honte pour Miranda, et son intention n’était guère de faire payer son irresponsabilité à ses proches… Il avait une solution, mais avait aussi besoin d’être secondé, du moins temporairement.
-Mais le pire c’est qu’elle ne se suffit pas d’ingurgiter ces saloperies. Non, comme je te le disais, l’impact de ces cachets n’est plus à prouver, et beaucoup en sont dingues car ne peuvent plus se passer des sensations connues sous extase. Ces cons ne peuvent plus faire l’amour sans se droguer. Tu comprends? Les premières fois, ça décuple soi-disant les sensibilités. Une fois à croc, ils ne se rendent plus comptent qu’ils ne font plus rien, que ce sont des loques. Non, les hallucinations sont là pour leur assurer l’inverse. En tous les cas, ta sœur a couché avec la moitié de ces mecs. Et parfois il ne font pas ça qu’en couple. Je te passe les petites orgies qu’ils se font presqu’aux yeux de tous. J’ai des clichés très probants, pris sur le balcon, ou même dans un jardin public, la nuit.
Il toussa, ses yeux roulèrent, puis il poursuivit :
-Et encore, je suis sûr que mon détective m’a ménagé. Enfin, plus de dix mecs en moins de trois semaines de filature, c’est plus que suffisant pour attraper le sida ou l’hépatite. Il ne faut plus qu’elle puisse retourner dans cette débandade. C’est malheureux, mais je suis presque soulagé de la savoir bloquée sur son lit, même si c’est aux urgences.

Rick était écœuré, non seulement pour le sale portrait qu’il venait de se faire de sa frangine, mais aussi à cause de la douleur qu’il ressentait chez cet homme. Paul n’avait même pas de haine, il n’en voulait même pas à Miranda. Peut-être parce que médecin, il lui donnait l’excuse d’être droguée, donc inconsciente. Toutefois, Rick lui, n’était pas dupe. Le malheureux avait dû être cocu bien avant cette histoire. Et pour comble il ne songeait pas à en blâmer cette garce. Non, il s’effrayait encore pour sa santé.
Ironiquement, Rick se dit qu’il était tellement crédule, qu’il serait allé jusqu’à enfiler leurs capotes aux amants de sa femme. Il s’en voulut immédiatement de cette pensée affreuse et se ressaisit sans attendre. D’ailleurs, il se rappela également qu’il fallait un certain courage pour être aussi tolérant. C’était de toute façon mal venu que de juger. Paul se dépatouillait comme il le pouvait de ce qu’il avait découvert. Il ne reniait pas la femme qu’il avait aimé, même si elle ne serait jamais plus celle qu’il avait épousée. Rick en connaissait peu qui n’auraient pas tout laissé tomber, demandant le divorce et se détournant définitivement de cette calamité. Lui persistait, même s’il ne croyait plus en ses premières aspirations, s’il n’avait plus d’illusions…
Amoureux, il était loin d’être idiot. On pouvait même se demander s’il ressentait encore de l’amour pour cette femme. On avait plutôt l’impression qu’il se sentait coupable. Coupable de n’avoir pas pu l’épanouir… de ne l’avoir pas portée vers d’autres desseins. Mais qu’y pouvait-il? Il se refusait à cette idée, cependant Miranda avait toujours aimé le vice. Elle était vouée à un destin noir, parce qu’elle courrait justement après tout ce que le commun des mortels évitait. Elle ne se sentait bien que dans des ambiances ternies par quelques médisances, ombragées par quelques malheurs. Si les plaies se faisaient trop superficielles, elle ne se faisait aucunement prier pour les écorcher à vif. Non, c’était viscéral, elle avait ça dans le sang. Il fallait qu’elle nuise. C’était une enfant du mal, Rick et ses proches le savaient.
Si, il y avait bien leurs parents, qui comme Paul trouvaient sempiternellement toujours de quoi alléger son fardeau. Pouvait-on leur en vouloir? Peut-on réellement condamner son enfant? Du moins le considérer tel qu’il le mériterait… Les portées de ses actes lui serait peut-être moins tolérables. Visiblement, certains parents en sont incapables, même si le pire est commis; alors que d’autres bannissent leur progéniture pour trois fois rien et sans plus de remords… Allez comprendre! Parler de justesse ou de justice, dans un monde si peu fiable… Impossible! Toutefois,

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