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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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tation commune n’était pas le fait d’une amitié, mais d’un contrat. Qu’elle se l’enfonce dans le crâne et qu’elle arrête de développer copinage, mince!
-Oui, nous verrons… l’essentiel c’est qu’aucune de nous ne soit tributaire de l’autre, d’où cette mise au point. Tu verras c’est primordial en co-location.
Et voila! Eloïse venait délicatement de la remettre en place.
-Je n’en doute pas. J’aime aussi ma tranquillité.

Pour se donner une contenance et passer à autre chose, Patty sortit les documents demandés et les posa sur la table. Eloïse servit les tasses, de belles porcelaines, visiblement peintes à la main et surlignées d’un fil d’argent. Elle avança ensuite un petit sucrier en argent avec sa petite cuillère et s’assit enfin. Tout dans cet appartement était délicatesse, en plus d’être souvent de l’ancien. Cette jeune femme n’avait certes pas grand chose, mais elle n’avait que du beau. Patty eut une pensée pour sa grand-mère… Puis pour Marielle et sa jolie coiffeuse.
Eloïse avait disparu plusieurs secondes. En revenant, elle tendit quelques feuillets à Patty.
-Tiens, c’est ton bail. Je m’occuperai de toute la paperasse lundi, puis nous conclurons et ce sera une affaire réglée.
-OK. J’irai faire quelques courses cette après-midi et puis c’est tout.
Se sentant obligée, Patty poursuivit.
-Demain, je dois sortir aussi…
-Stop, stop! Tu n’as aucun compte à me rendre!
La rousse fouilla dans sa poche et sortit des clefs qu’elle donna à Patty.
-Tiens, c’est ton trousseau. Tu es maintenant locataire de cet appartement, tu connais les règles : bonne conduite et respect… Pour le reste, tu te débrouilles. Maintenant, si tu veux me raconter tes sorties, je t’écoute. J’apprécie de bavarder un peu… Ces derniers temps je n’ai pas eu énormément de compagnie féminine…

Sur ce, elles finirent leurs cafés. Patty aida à tout ranger puis pris congés. Elle voulait déballer ses affaires. Cela ne lui prit pas si longtemps et quand elle ressortit, Eloïse suivait les infos à la télé. Observant cette petite brune dans l’encadrement de la porte, elle se félicita de son choix. Non seulement celle-ci était agréable à regarder, mais elle était bien la discrète et timide, immédiatement devinée derrière son look un peu androgyne.
-Assieds-toi, je t’en prie… Hé, dis moi, je compte sur toi pour prendre un minimum d’aises… Tout de même! Après, tu n’auras qu’une envie. Celle de me voir partir pour te sentir bien. Non, profite! Je te rappelle que tu payes!
C’était bien la première fois qu’elle poussait une de ses locataires. Les trois précédentes étaient sans gêne et pas vraiment maniaques. Heureusement, elles étaient parties d’elles-mêmes. Soit pour emménager avec son petit ami, la première; soit parce qu’elles avaient ressenti le malaise, les deux dernières. Enfin, il ne fallait pas se fier à l’eau qui dort… Cette Patty lui révélerait peut-être d’autres défauts bien plus terribles…
Patty réalisa que d’être trop polie n’était pas non plus du meilleur goût. Elle se décontracta donc et les deux heures suivantes furent bien plus sympa. Elles regardèrent une émission sur le câble, puis un débat sur la condition féminine au travers du monde. Toutes deux furent d’accord sur le seul point que la femme, au même titre que l’homme, devait se responsabiliser. Il ne s’agissait pas d’être MLF mais de s’assumer en tant qu’individu.

Patty rentra vers 18h. Eloïse était dans la salle de bains. La première vida son cabas, heureuse. Elle n’avait pas acheté grand chose… Ce n’était pas une grande cuisinière. Mais cette nouvelle vie lui promettait bien des plaisirs… Ne serait-ce que de remplir ses placards… Cela faisait une éternité. Dans son ancienne piaule, elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de tester ses talents culinaires. Elle avait donc pris l’habitude du congelé, quiches et tartes aux légumes résumaient ses repas. Elle avait également pris de quoi se faire quelques salades, pour le midi. Après tout, elle pourrait se permettre de rentrer, ce serait toujours plus agréable que de traîner au café. Et elle avait pris des soupes pour ses dîners.
De retour dans le salon, elle sortit son bouquin et se mit à lire. A ce moment, Eloïse sortit de sa chambre et Patty faillit s’étouffer en la voyant. Plus rien à voir avec cette minette en jean du matin, ha ça non!
-Wouaw, tu es ravissante.
-Merci.
Et le mot était faible. Eloïse avait relevé ses cheveux en un chignon d’où quelques grosses boucles s’échappaient, pour venir encadrer un visage à peine maquillé, mais drôlement mis en valeur. Ce teint pâle, ces taches de rousseurs, cette bouche ni gourmande ni trop fine et ces grands yeux verts à peine soulignés… Comment ne pas craquer? Elle avait passé un petit haut en lamé or mat, décolleté rond à l’avant et en V, dos nu, à l’arrière; une petite jupe de daim clair, des escarpins chair et puis c’était tout… Pour bijoux, elle n’avait mis qu’une montre bracelet or, et des petites boucles d’oreilles, des brillants assortis à son pendentif… Quelle allure! Rien de flashant, pas grand chose, sinon toute sa personne qui rayonnait. Patty se ressaisit, mine de rien, elle était en train de dévisager cette apparition… Cela ne sembla aucunement gêner Eloïse qui rangeait sereinement sa petit pochette, lamée aussi.
Le téléphone retentit, deux coups, puis plus rien. Patty sursauta, brutalement extirpée de sa contemplation presque béate. Eloïse jeta un coup d’œil par la fenêtre.
-Ah, c’est pour moi, je file… Ne m’attends pas, je rentrerai tard, ou pas…
Son petit rire, maintenant presque familier à Patty, en dit assez. Pourtant, elle avait précisé ne pas avoir de flirt? Cela se serait fait là, entre avant-hier et aujourd’hui? La rousse ne lui dirait rien de plus, pas ce soir. Elle enfila une gabardine beige et disparut.

l’idée de zyeuter qui passerait la soirée avec cette créature démangea Patty, mais elle ne bougea pas. Si l’heureux élu lorgnait la fenêtre, il la balancerait à sa compagne et elle ne voulait surtout pas être taxée de curiosité malsaine. Non, au contraire, Eloïse, stipulerait certainement qu’elle avait une nouvelle co-locataire et la réponse de l’autre lui prouverait qu’il ne l’avait pas aperçue, preuve de sa discrétion irréprochable. A ces pensées, elle se tapa la joue. Le claquement suffisant corrobora ses craintes. Elle était dans un bel état! Cela faisait pas une journée qu’elle passait ici, et elle était déjà en train de tomber amoureuse! Misère! Elle huma le parfum qui flottait encore dans la pièce, ferma les yeux, puis laissa sa tête retomber sur le dossier du canapé.

Sans prévenir, son rendez-vous du surlendemain surgit. Elle se mit inconsciemment en quête d’une jolie tenue. Elle passa en revue tous ses vêtements. Hélas, elle ne trouva rien qui puisse la rendre aussi désirable qu’Eloïse. Subitement, elle réalisa. Ce n’était que de l’admiration qu’elle avait ressenti mais l’envie, pas d’Eloïse, mais de son apparence… Elle souffla, comme rassurée, bien qu’elle soit un peu bouleversée par ce paradoxe naissant… C’est vrai, elle en avait un peu marre de sont style, elle s’était déjà fait la remarque. Cependant, depuis quelques jours, son ras le bol s’affirmait franchement et pas exactement dans le sens attendu.
Ce soir, c’était la révélation. Elle penchait visiblement pour une allure et même des habitudes moins garçonnes… Elle allait rapidement combler ces aspirations. Ne serait-elle pas aussi lesbienne qu’elle l’avait toujours cru? Finalement, elle n’était jamais allée au delà des baisers, c’était peut-être un vrai signe? Pourquoi n’avait-elle jamais consommé? OK, cela lui avait valu de n’avoir que des aventures furtives, sauf Marielle, qui se contentait de leur relation platonique. Ne s’était-elle pas trompée? Après tout, au départ, Marielle n’était que sa meilleure amie. Certainement, elle l’avait “initiée”, elle était bi et l’avait embrassée une fois, l’invitant à davantage. Ceci dit, Patty n’avait pas pu et l’autre n’avait pas cherché plus.
Sans quoi, Patty s’était immanquablement rendue prisonnière de cet essai. Elle s’était convaincue de cette attirance pour les femmes et s’était confortée dans ce rôle. Quelque part, ça l’avait royalement arrangée. Elle avait une sainte peur des hommes, peut-être le souvenir de Ronaldo… La crainte qu’ils ne soient tous des profiteurs. Non, c’était plus ancien… A la maison, les sujets tabous n’avaient pas manqué. Ce n’était pas sa mère, encore moins son père, qui l’aurait éduquée pour qu’elle s’assume sexuellement. Et puis cette mère l’avait tellement bassinée avec cette virginité qu’il fallait conserver à tout prix… Tu parles, ça lui allait bien… Si, il y avait eu mémé, avec qui elle avait discuté de ça. La grand-mère l’avait simplement rassurée.
-Ne t’en fais pas. Tout a un temps… Tu verras, ton prince charmant te cueillera un jour et tu te rendras compte que tu ne connaissais pas l’Amour. Ce que tu me racontes là, ce n’est pas de l’Amour. Ce n’est guère pire que ce que l’on voyait à mon époque, dans nos pensions de jeunes filles… Si tu savais!
Cette mamie devait avoir raison… Patty s’était volontairement laissée berner par quelques aspects rassurants, mais elle avait visiblement grandi. Elle n’avait plus peur et voulait aller de l’avant. Décidément, ce déménagement lui promettait bien des revirements. Elle s’en félicitait. Elle se leva et gagna sa chambre.

Non, non et non… Elle avait beau passer sa penderie au peigne fin, elle n’avait rien qui puisse faire d’elle une vraie jeune fille. Elle finit par abdiquer, se cala de nouveau dans le canapé du salon et alluma la télé. Ce fut en se couchant qu’elle eut la fameuse idée d’aller aux puces de Clignancourt dès le lendemain… Cela la fit rire. Même si ce Leo n’était qu’une désillusion en puissance, il lui aurait au moins permis de faire le pas. Avant même de le rencontrer, leur histoire était déjà positive.

Le lendemain, elle fut plutôt matinale et quitta l’appart alors que 9h sonnaient à peine. Elle avait oublié le petit village qu’était ce quartier populaire. Pourtant, adolescente, elle y venait presque chaque week-end. Elle flâna longtemps, jetant un œil par-ci, par-là. A vrai dire, elle trouvait que ça avait drôlement changé, ce qui la chagrinait quelque peu. En réalité, elle ne retrouvait pas l’ambiance bohème d’il y a quelques années. Les commerçants avaient de vraies

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