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ROMAN CONTEMPORAIN "REALITY SHOW " - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF, POUR S'IMPRIMER LE MANUSCRIT

Reality Show est déposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives.

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Comme elle était en avance, elle flâna, détaillant chaque vitrine. Elle aimait ce quartier. Parfois elle rentrait dans les boutiques comme si elle recherchait un meuble bien précis. Elle examinait une commode, un buffet ou n’importe quoi qui l’ait titillée, prenant son air d’experte. Les commerçants la connaissaient, ils savaient qu’ils n’avaient aucunement affaire à une acheteuse, mais ils la laissaient tranquille. D’autant qu’elle s’y connaissait cette petite, les débats se faisaient occasionnellement très instructifs.
Patty tenait cela de sa seule chère mamie, anciennement antiquaire. Elle ne la voyait pas souvent, mais sa demeure était un vrai paradis pour les amateurs de mobilier ancien. C’était la mère de Sacha, mais cela ne changeait rien. Elles n’avaient rien en commun. D’ailleurs, elles n’entretenaient pas vraiment de relation. Mémé disait toujours qu’elle s’était arrangée dans son testament. Elle avait sa maison, puis une autre plus grande, qu’elle louait. C’était une bonne rente, en plus de sa retraite. Sacha et Patty étant ses seules héritières, la première recevrait cette grande habitation, vide mais mieux placée donc plus chère que son chez soi, qui lui, serait légué à la seconde tout inclus. Elle avait tout bouclé avec son notaire et les pourcentages de parts selon que ce soit sa fille ou sa petite-fille étaient respectés, elle pouvait partir en paix. La question de son assurance vie, qui n’avait pour seule bénéficiaire Patty, ne regardait qu’elles deux. Patty avait en horreur quand Mémé lui parlait de tout ça. Mais elle ressentait tellement cette angoisse de voir tous ses biens dispersés, dilapidés, qu’elle finissait par lui promettre de ne jamais l’autoriser. Cette retraite en Bretagne deviendrait la sienne.

 

CHAPITRE 5

Patty venait d’arriver au 98. En fait, l’immeuble était plus près du Bd.Voltaire que de St.Antoine. Quelque part c’était pas plus mal. Elle élargirait son territoire et puis c’est tout. Elle entra, une petite cour intérieure invitait sur quatre entrées. Elle, allait au C, au troisième. l’ascenseur était de ces vieilles cabines tout en bois et tremblantes. Elle arriva sur la pallier, referma la grille de l’ascenseur, puis se retournant, vit la porte de gauche s’ouvrir.
-Bonjour
-Bonjour. Patricia Frémont, appelez-moi Patty.
-Eloïse, entrez.
Juste dans la continuation du petit hall, tapissé d’un tissu damassé carmin, un salon pas très grand non plus l’accueillie. Le sol était entièrement latté, une cheminée de marbre et de cuivre trônait sur la gauche. En face une table basse en verre et un long canapé ivoire. Deux grandes fenêtres donnaient sur la rue. Des volet faits de sortes de vitraux les ornaient. En fait, c’étaient des culs de bouteilles de toutes les couleurs qui étaient soudés entre eux. Elle aima beaucoup, d’autant que cela laissait des reflets colorés danser sur le sol et que c’était très chouette. En plus cela faisait disparaître le meuble télé qui se trouvait entre les deux fenêtres. Une quantité incroyable de plante verte finissait la décoration de cet endroit, qui décidément était bien doux. Eloïse l’invita à s’asseoir, lui désignant le canapé. Elle, attrapa un énorme pouf, et se mit de l’autre côté de la table.
-Donc vous recherchez une co-location
-Oui, exactement.
-Où vivez-vous pour le moment?
-Dans une chambre, rue du faubourg St. Antoine.
-Vous n’êtes pas loin. Vous travaillez?
-Oui. D’ailleurs vous faites bien d’en parler, car c’est le soir de sept à minuit… J’espère que ça ne posera pas de problème. Ceci dit, je cherche autre chose. Et sinon, je suis étudiante.
Elle se tut, ayant soudainement le sentiment d’en avoir trop dit.
-Qu’en dites-vous? Nous visitons?
-Heu, oui, bien sûr.
Quatre portes donnaient dans le salon, elle commencèrent par celle à droite de l’entrée. C’était la cuisine, une petite pièce, toute équipée, carrelée et propre comme un sou neuf. Le tour en fut vite fait. Repassant par le salon, Eloïse l’emmena dans la salle de bains, pas plus grande que la cuisine, mais tout confort également. Baignoire, douche, double lavabo. Ensuite la jeune femme lui montra la porte à l’opposé, là c’est ma chambre. A côté, c’était celle qui était à louer. Elles y allèrent. Un grand lit faisait face à l’unique porte-fenêtre, qui elle même donnait sur un minuscule balconnet. Vue intime sur la cour. Une grande armoire d’origine était encastrée à même le mur, une table de nuit et c’était tout. Dans le hall, un peu en retrait, les toilettes. Elles revinrent dans le salon et reprirent les mêmes places.
-Alors, qu’en pensez-vous?
-Et bien, c’est super, mieux que ce que je n’aurais espéré.
De nouveau, Patty trouva en avoir trop dit. Quel besoin avait-elle de s’étaler? Tout ce qu’elle allait gagner c’était que l’autre lui loue trop cher. En plus c’était pas vraiment spacieux. Visiblement c’était un ancien deux pièces transformé. Mais c’était bien.
-Sinon, reprit la proprio, votre loyer serait de 170 euros par mois, toutes charges comprises et ce sans retard. La caution de départ est de 500 euros. Je recherche quelqu’un de fiable. Cet appartement est en parfait état et je veux qu’il le reste. Vous devrez participer à l’entretien. Cela veut dire le ménage, les sanitaires et de temps en temps le parquet. Ce qui de toute façon est naturel. Je suppose que vous n’aimez pas la crasse.
-Non, non…
Patty était presque intimidée par l’assurance de cette fille. Elle avait quoi, vingt-huit ans? Pas plus. Et elle était déjà propriétaire et si sûre d’elle, quelle chance. En plus, elle était jolie. Boucles rousses, teint pâle, taches de rousseur, yeux verts, élancée, plutôt bien foutue. La nature l’avait comme qui dirait drôlement gâtée. Elle poursuivit.
-Pour que ce soit simple, si vous emménagez, nous déciderons d’un roulement et nous nous y tiendrons sans que rien ne soit à rappeler. Il n’y a rien de pire pour moi. Et d’ailleurs ce n’est pas agréable non plus de se voir dire ce qu’on a à faire. Pour les visites, c’est simple, votre chambre et votre domaine, tant que je ne souffre d’aucun désagrément. Par contre, pas question d’héberger quiconque. Avez-vous un fiancé?
-Non.
-Bon, moi non plus. Mais ce ne sera pas éternel. Nous ne sommes pas des laiderons.
Elle avait dit ces mots avec une pointe d’humour. Patty sourit. Enfin un peu de décontraction.
-Prenons pour base, que le flirt est bienvenu, mais pas à plein temps. Pour les occasions spéciales, à nous de nous organiser au jour le jour et de prévenir l’autre. J’aime inviter de temps en temps des copains, je suppose que vous c’est pareil… J’insiste pour que ce soit exceptionnel.
-Oui, d’accord, de toute façon je n’ai pas d’amis.
Eloïse ne releva pas.
-En résumé, avec de l’éducation et du respect, nous devrions nous en sortir.
-Oui, j’en suis sûre.
-Donnons-nous vingt-quatre heures, je vous rappelle demain.
Patty lui inscrivit son numéro de portable, demanda à refaire un tour, qu’elle voulut moins directif. Puis, après avoir tout mentalement photographié, elle s’éclipsa.
En route vers la station-service, elle n’arriva pas à se contrôler. Etre heureuse, car c’était vrai, c’était mieux que ce dont elle avait rêvé, ou s’inquiéter du le tarif qui était quand même considérable pour ses petits moyens.

Patty avait passé une nuit exécrable, se tournant et se retournant dans son lit. Elle avait même allumé son ordi, pour se trimbaler sur quelques salons de discussions. Mais à 3h du mat., c’était plutôt mort. Evidemment, Leo n’était pas là. Lui, aurait su lui remonter le moral. Sans rien faire d’ailleurs. Juste sa présence, son pseudo inscrit sur cette fenêtre de dialogue aurait suffi. Néanmoins, lui n’était pas fou, artiste, mais loin d’être taré. Ce devait faire un moment qu’il dormait. A bout, Patty avait alors pris un bouquin. Impossible de se concentrer. Elle l’avait refermé aussitôt, avait finalement tout éteint et avait attendu que ça passe.
Elle s’était levée à l’aube, sa toilette faite, elle s’était habillée et était allée prendre son café. Pour bien faire, Gaby n’était pas là non plus. Décidément! Elle avait piqué des cigarettes au barman et bu deux cafés.

Pour sûr, cette co-location lui plaisait. Comme salaire, elle atteignait presque 750 euros par mois. Souvent, elle les dépassait même, grâce à de longues vacations les week-end. Pour ses études, elle déboursait aussi. Le vrai prix dépassait ses possibilités… C’était grâce aux enfants de la directrice, qu’elle gardait les mercredis et samedis, en plus de quelques permanences, qu’elle pouvait suivre ces cours privés. C’était une contrepartie parfaitement valable. Elle n’avait aucune aide supplémentaire, ni même une bourse, le rectorat ayant pris note des moyens de ses parents qui avaient de surcroît et bêtement assuré qu’ils ne demandaient qu’à aider leur fille.
Ces frais, ajoutés à son futur loyer, lui laissaient au pire quelques 150 euros pour ses dépenses perso, c’était largement suffisant. Pas énorme, mais de quoi avait-elle besoin? Le principe, c’était surtout de quitter son taudis. Encore fallait-il qu’elle ait convaincu cette Eloïse, une autre paire de manches.

Ses cours se passèrent en longueur. En ce moment, ils préparaient une bande dessinée de leur cru. C’était pour un concours, la directrice avait inscrit tous ses élèves. Ils pouvaient travailler en équipe ou pas. Patty avait naturellement préféré être seule. Ils devaient pondre un seize pages, couleur. Elle avait choisi de s’échapper aux temps des cavernes. Son héroïne était une fille de chef, bannie par le sorcier à la mort de son père. Celle-ci avait alors grandi au

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