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Eric Galardelli - auteur contemporain > présentation et biographie

« Un monde parfait » (déposé SDGL)

Et si les jours de la Terre étaient comptés, si en ce milieu de 22ème siècle, l’air y était irrespirable, le climat tellement détraqué que la géographie de nos côtes avait changé ? Et si les hommes avaient découvert une nouvelle planète, vierge et hospitalière ? Si sa colonisation avait commencé ?
Quand François et ses amis ont débarqué sur Lumina, une vie nouvelle s’offrait à eux, mais pouvaient-ils imaginer qu’ils seraient les acteurs d’une découverte capitale qui bouleverserait à jamais les projets d’installation de l’humanité sur cette nouvelle planète, si parfaite. Un plongeon dans le passé de ce monde mystérieux, mais aussi de la Terre les attendait… Et quel rapport avec le fameux triangle des Bermudes ?
Autant de questions qui nous entraînent dans une aventure palpitante qui traite du problème du réchauffement climatique et de l’impact de l’homme sur son environnement…

Extrait

François Dumas faisait partie des derniers arrivants. Géologue de formation, cet athlète de 28 ans était attendu par l’équipe du planning colonial pour diriger la campagne de prospection de nouveaux sites, en vue de l’installation des futures villes de la colonie. De grandes responsabilités l’attendaient, trouver des sites aux sols assez stables pour permettre l’implantation d’une ville en toute sécurité, et suffisamment riche pour y développer une agriculture, assez perméable pour permettre le traitement des eaux usées et au sous-sol suffisamment riche en eau pour satisfaire aux besoins d’une population pouvant un jour atteindre les 500000 habitants.
Pour cela il ferait équipe avec son ami Mike Donovan rencontré pendant le voyage. Le garçon, solide et intelligent, n’ayant pas de spécialité précise, François avait mis à profit le temps du voyage pour le former.
La première fois qu’il avait vu Mike, celui-ci était dans une posture plutôt cocasse. Errant désœuvré dans les coursives du vaisseau, il avait été attiré par des cris provenant des douches d’une salle de sport. Pensant que quelqu’un se trouvait en difficulté, il avait poussé la porte et le spectacle qu’il avait alors découvert l’avait laissé sans voix, non sans provoquer chez lui un certain émoi. Une jeune femme un peu ronde mais joliment proportionnée se trouvait à genou devant un beau jeune homme au pantalon baissé, pendant qu’un autre s’affairait derrière elle. Sa présence ne sembla pas les gêner car les deux acolytes lui sourirent, la fille quand à elle le regarda du coin de l’œil et continua sans se soucier de lui. François s'éclipsa et c’est trois jours plus tard qu’il rencontra Mike à nouveau dans une cafétéria, ce dernier l’avait reconnu et l’invita à boire un café.
Dis donc, tu n’avais pas l’air de t’ennuyer l’autre fois avec cette nana!
Lui avait lancé François.
- Et encore, tu n’as pas vu la suite, tu aurais dû rester, elle était partante, c’est une intello mais elle part au quart de tour. En fait on venait de la croiser dans la coursive et il n’a pas fallu la draguer longtemps pour qu’elle nous prenne en main.
- Il faudra la garder au chaud, le voyage va être long.
C’est ainsi que Mike présenta Ludmilla Linsky à François, cette jeune experte en choses du sexe l’était aussi en informatique et mathématiques appliquées. La tête et les jambes en quelques sortes!
Décidément cette nouvelle vie semblait leur sourire.
Chaque jour, François téléphonait à sa mère restée en France, sans doute ne se reverraient ils jamais physiquement, mais les oreillettes téléphoniques holographiques dernière génération donnaient vraiment la sensation de converser avec une personne physiquement présente, son image hologramme était projetée en face de vous et gommait toute sensation d’éloignement pendant la durée de la conversation. C’était d’un grand réconfort et rendait les voyages longue distance moins mélancoliques.
Comment va mon grand fils aujourd’hui ?
Christine était encore une jeune et jolie maman d’à peine 49 ans, mais en paraissant seulement 35. Elle avait consenti à se séparer de son fils chéri, bien consciente qu’un avenir brillant l’attendait certainement sur Lumina alors que le marché de l’emploi était totalement bouché en Europe, sans parler de la qualité de vie qui ne cessait de se dégrader sur Terre et qui semblait si parfaite là-bas. D’ailleurs, seul son âge l’avait empêchée d’entreprendre le voyage elle-même, mais la loi était stricte... Elle ne s’était donc pas opposée au départ de son garçon, sachant qu’elle ne pourrait plus jamais le serrer dans ses bras, elle devrait se contenter de son image téléphonée, projetée devant elle, si réaliste cependant, que l’illusion était parfaite l’espace d’une conversation.
- Pas mécontent d’être enfin arrivé à destination, trois ans enfermé dans ce vaisseau, c’est long, même si les distractions ne manquent pas...
- toujours pas de copine sérieuse ?
- non juste de l’hygiénique, mais la moyenne d’âge est très prometteuse ici, je suis sûr que je vais m'éclater !
Elle sourit en imaginant son fils dans sa nouvelle vie. Un silence, un ange passe...
Maman ?? Ça va ?
Elle se ressaisit,
oui, oui tout va bien, si tu es heureux, je suis comblée ! tu me manques...
Tu me manques aussi Maman, tu es très belle aujourd’hui.
Puis reprenant.
Je vais te laisser, j’ai rendez-vous au bureau du recrutement du Planning de la colonie pour prendre mes fonctions, et ensuite je dois aller choisir une maison, pour l’instant on m’a attribué une chambre au centre d’intégration. Bizzz m’an.
Du doigt il effleura son oreillette et l’image de sa mère s’effaça, brisant aussitôt l’illusion de sa présence. Dur retour à la réalité pour elle comme pour lui. Même si la technique rendait l’éloignement supportable.
Une heure plus tard, François prenait ses fonctions au Planning de la Colonie. Les bureaux du planning se trouvaient dans la partie réservée aux activités tertiaires de la ville, une cité de bureaux, composée de bâtiments de bardeaux de bois exotique rouge et de verre, de trois étages, mais dont la surface au sol compensait largement la faible hauteur. En effet, la place ne manquait pas, alors pourquoi faire pousser les bâtiments vers le haut et gâcher le paysage?
(…) /(…)

murmurait…la porte…
Le silence se fit. Puis plus rien, comme si rien n’existait autour d’eux, plus de forêt, plus de planète Terre, plus personne que la porte. Rien ne se produisit et cela sembla durer des siècles, une éternité, le vide sidéral…leurs oreilles bourdonnent, leur crâne semble gonfler. Puis…. plus rien.
La porte avait disparu, elle n’était plus là, laissant un trou béant, mais depuis quand ? Comme si elle n’avait jamais été là, ils se regardaient hébétés. Aucun bruit de glissement, de gonds qui travaillent, ni de mécanisme, comme on aurait pu s’y attendre pour un élément aussi lourd. Elle n’était plus là, c’est tout, comme dématérialisée.
Mike, plus téméraire que ces amis, fit un pas en avant, allumant sa lampe à diodes. Eblouis par la lumière extérieure, par contraste, l’intérieur du souterrain leur paraissait très noir. Il passa doucement l’ouverture d’un mètre de large environ sur une hauteur de trois mètres, il fit un pas dans le noir et appela.
CRUZ ?
Aucune réponse, Ludmilla lui emboita le pas.
Et ! une minute, si on rentre tous là-dedans et qu’on y reste bloqués, qui va chercher des secours ? François était conscient du danger.
Je pense que le mieux c’est que j’y aille avec Mike, les filles vous restez à l’extérieur, pour aller chercher de l’aide si besoin.
Pas question qu’on face de la figuration, en plus on serait incapables de manœuvrer le bateau, alors ! Ludmilla avait l’air décidée.
Et moi je ne reste pas seule dans la Jungle, ça va pas non ?
Bon alors il faut bloquer l’entrée, on a beau savoir l’ouvrir, on ne sait jamais ! Viens Mike, on va chercher de quoi bloquer l’ouverture.
Les jeunes hommes remontèrent la rampe, et commencèrent à chercher des objets assez lourds pour entraver la porte. Ils descendirent deux petits blocs de pierre de la taille de parpaings, et un morceau de tronc d’arbre d’un mètre de long environ. Ils les disposèrent en travers de l’entrée, de manière à en empêcher la fermeture totale. Pendant ce temps, les filles confectionnèrent un écriteau donnant l’heure et le jour de leur entrée dans le souterrain ainsi que le mode d’emploi de l’ouverture. Ce serait toujours utile s’ils se retrouvaient coincés à l’intérieur et que des secours étaient finalement envoyés par Tsu Chen, inquiète de ne plus avoir de nouvelles.
Bon, on y va alors ?
François donnait ainsi le signal du départ, les garçons passèrent la porte les premiers, les filles sur leurs talons. Il leur fallut quelques minutes avant que leur vue ne s’accommode de l’obscurité, le contraste avec l’extérieur était important, et la lumière qui parvenait de l’ouverture, semblait comme absorbée par la profondeur abyssale du corridor qui commençait là. Ils purent enfin s’apercevoir qu’ils étaient dans un couloir de deux mètres de large sur trois de hauteur, sombre et tout juste éclairé par leurs petites lampes. Ils commencèrent à progresser lentement à l’intérieur, Angéla collée à François et Ludmilla à Mike. Ils firent environ cinq mètres ainsi, lorsqu’une lumière blanche, très puissante, mais curieusement douce, jaillit des paroi du couloir. Elle n’était paradoxalement pas aveuglante, les murs paraissaient phosphorescents, comme si c’était la matière qui diffusait la lumière. En touchant le mur, il leur sembla que sa surface était liquide, l’impact de leurs doigts déformait la surface comme si c’était de l’eau et leur main pouvait disparaître à l’intérieur. C’est l’exclamation de Ludmilla qui les détourna du spectacle.
Merde, la porte s’est refermée !
Ils se retournèrent et constatèrent que simultanément à l’apparition de la lumière, l’ouverture s’était à nouveau obstruée, le mur de béton lisse semblait inclure les blocs de pierre et le tronc qui étaient sensés l’entraver.
Ben ça c’est la meilleur, remarqua Mike !
On va rester enfermés ici ! gémit Angéla.
On n’a qu’à essayer de la rouvrir avant de continuer notre progression, on sera vite fixés. Dit sagement François dans une ultime tentative de garder son sang froid.
Ils se rapprochèrent de la sortie, et fixèrent le bloc de béton en concentrant leurs pensées sur l’ouverture de celui-ci. Cette fois-ci, Mike n’avait plus envie de rire et ils eurent moins de mal à se concentrer.
Après deux minutes de silence absolu qui leur parurent une éternité, la sensation de bourdonnement reparu, et se dissipa aussitôt avant de devenir insupportable, laissant apparaitre la porte béante ouvrant sur la forêt, la lumière vive du tunnel avait quand à elle disparu.
Wahooo SAUVAAAAGE !…..Mike ne s’y faisait pas, s’était comme un tour de magie à chaque fois.
Bon au moins on sait qu’on peut sortir, il faudra quand même essayer seul pour voir si le pouvoir de concentration d’une personne arrive au même résultat !
Cruz à réussi lui !
Bon, repris François,
On va le chercher ?
Ils se retournèrent vers le tunnel et recommencèrent leur progression dans les entrailles du souterrain. Comme prévu, la lumière emplie de nouveau l’espace, surgissant de nulle part, et la porte se trouva de nouveau condamnée.
Ils progressèrent ainsi à pas lents pendant cinq minutes, avant de déboucher dans une petite salle ronde d’environ dix mètres carrés, aux murs nus mais toujours luminescents, l’effet était fantastique. De cette salle partaient deux autres couloirs semblant desservir deux différentes parties du complexe. Ils appelèrent Cruz, mais aucune réponse ne leur parvint.
On prend quel couloir ? Droite ou gauche ? Mike hésitait.
On se sépare en deux groupes ?
Pas question Angéla, il vaut mieux rester groupés, on ne sait jamais. On en a déjà paumé un, c’est pas la peine de tenter le diable. Et puis on aura le temps de venir visiter l’autre couloir plus tard. François avait pris les reines de l’expédition et comptait bien ramener ses troupes intactes à la surface.
On retrouve Cruz et on se casse d’ici, les autorités se débrouilleront ensuite avec notre trouvaille. Reprit-il.
On dirait que tu as changé de discours, on est plus raisonnable dis-donc ! Piqua Ludmilla.
Il feignit d’ignorer sa remarque et s’engagea dans le couloir de droite, entraînant ses compagnons à sa suite.
Le couloir dans lequel ils s’étaient engagés était semblable au premier, environ deux mètres de large, aux murs lumineux. Il les conduisit sur environ cent mètres, jusqu'à l’entrée d’une salle aux mensurations plus confortables que la première, d’environ quinze mètres sur vingt.
Ils débouchèrent ainsi dans une sorte de salle de réfectoire, au mobilier de béton, composé de tables assez longues entourées de bancs. Sur un côté de la pièce une sorte de comptoir, toujours en béton, séparait les tables de ce qui semblait être un office regroupant des arrivées d’eau, des bacs, des tables planes et lisses qui pouvaient être des tables de cuisson.
Apparemment on a trouvé la cantoche ! s’exclama Mike, - Qu’est-ce qu’on mange ?
Vous avez vu comme les tables et les bancs sont hauts ?
Angéla s’était assise sur l’un d’eux et paraissait une toute petite fille, ils éclatèrent de rire.
Tu dois bien manger ta soupe si tu veux être à la hauteur ! plaisanta François.
On se croirait dans l’histoire de boucle d’or et les trois ours !
Mike s’assit à son tour, et malgré son mètre quatre vingt six, le mobilier semblait surdimensionné pour lui.
Apparemment nous avons affaire à une race plus grande que la nôtre, c’est certainement dû à leur évolution plus avancée que la nôtre.
Tu as raison François, apparemment les habitants de cette planète mesuraient entre deux mètres et deux mètres trente, si on se fie à la hauteur des tables et des bancs ! Mike avait l’air juché sur son banc, comme un enfant.
Cette pièce leur avait, semblait-il, livré tous ses secrets. Ils continuèrent donc leur progression dans le couloir suivant. En fait, trois autres couloirs partaient de cet endroit, ils prirent à nouveau celui de droite qui les conduisit vers une série de pièces plus modestes, meublées d’étagères de béton de deux mètre cinquante de long sur un mètre de large. Les étagères étaient assez épaisses et leur surface creusée contenait une autre matière moussée qui avait l’air assez confortable.
Et voilà les dortoirs de ces messieurs-dames. Ludmilla commençait à se sentir à l’aise, l’endroit était désert, de toute évidence.
Oui, on dirait bien des dortoirs, et ça confirme leur grande taille puisque les lits mesurent deux mètres cinquante de long, en tout cas il y a de quoi loger pas mal de monde ici ! termina François.
Ils visitèrent ainsi une quinzaine de chambrées identiques réparties de part et d’autre du couloir, d’une capacité de six couchages chacune. Le couloir débouchait ensuite sur une série de salles de diverses tailles, paraissant dédiées à l’hygiène, meublées de sortes de petites vasques ou coulait en permanence une eau cristalline, des bassins ressemblant à ceux des villas romaines de notre antiquité paraissaient attendre des curistes pour leurs ablutions. L’eau qui les remplissait était tiède et calme. Après la dernière pièce le couloir décrivait un coude sur la gauche et paraissait repartir en sens inverse, rejoignant une série de chambres identiques aux premières. Lorsqu’ils arrivèrent au bout de ce second couloir, ils débouchèrent à nouveau dans la grande salle de réfectoire, ressortant d’un des deux autres couloirs qu’ils avaient repéré plus tôt.
Ca communique ! s’exclama Ludmilla, - en tout cas j’aurais volontiers pris un bain avec mon chéri dans leur espèce de spa !
On verra plus tard si on a le loisir de profiter des installations de la « résidence ». Mike la poussa en avant.
Il ne leur restait plus qu’à explorer le troisième couloir. Ils s’y engagèrent, et débouchèrent dans une enfilade de salles au pourtour meublé de sortes de canapés de béton, recouverts de la même matière moussée que les lits, au centre se trouvait un guéridon, de béton lui aussi, le plafond était concave, tapissé d’une matière ressemblant à du verre d’un blanc immaculé.
Peut-être que c’est un écran et qu’ils regardaient les images au plafond, en restant allongés sur les canapés ? Mike imaginait déjà des films pornos qui créeraient immanquablement l’ambiance dans la pièce.
Nous sommes vraisemblablement dans l’espace détente, finalement ils avaient les mêmes besoins que nous : manger, dormir, se laver et se détendre. On retourne vers l’entrée pour explorer le second corridor ? peut-être découvrirons-nous à quoi ils occupaient leurs journées ? François entraina se complices vers le réfectoire, d’où ils rebroussèrent chemin vers la sortie.
Ils remontèrent le couloir jusqu’à la première petite pièce ronde qu’ils avaient rencontrée, et s’engagèrent dans le couloir de gauche, celui-ci s’élargissait pour atteindre bientôt une largeur de trois mètres leur permettant de marcher tous les quatre de front. Après une centaine de mètres sous terre, ils débouchèrent dans une vaste salle ronde aux murs toujours luminescents, mais ponctués de centaines de points colorés, qui clignotaient comme sur un écran de contrôle d’ordinateur. Au centre se trouvait une grande table ronde ressemblant à une console de verre blanc sur laquelle clignotaient aussi des points lumineux, comme les touches d’un écran tactile. Mike risqua une main et effleura l’un d’eux. Le point lumineux s’éteignit mais ne provoqua aucune autre réaction. Il effleura à nouveau le même point qui se ralluma.
Je crois qu’il ne vaut mieux toucher à rien Mike, ça m’a tout l’air d’une salle de contrôle et nous pourrions déclencher des réactions imprévues.
François était impressionné par cette salle, et ce qui le frappait par-dessus-tout, c’était l’absence totale d’inscriptions dans ce bâtiment. En effet, depuis leur arrivée, aucune inscription n’était visible, aussi bien sur les murs que dans cette salle sur ces consoles de contrôle. Aucune inscription n’avait attiré leur attention depuis leur arrivée, comme si cette civilisation singulière avait trouvé le moyen de se passer de l’écriture comme mode de communication.

(…)

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