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ACHETER LE ROMAN - Lire la Biographie d'Emmanuelle Mairet - extraits des chapitres, page 1 - 2 - 3 - 4 - 5

Finalement, notre groupe de rescapés s'en sort pas si mal, bien qu'ils soient ailleurs… vraiment ailleurs.

La réalité de l'importance des portes que l'on choisi de pousser ou pas lors de notre existence s'illustre alors. La confrontation entre deux mondes, aux évolutions carrèment distinctes, se fait presuqe amère dès cette troisième partie, où leur planète mère presque oubliée les retrouve et reprend contact.

 

TROISIÈME PARTIE

Bip-Bip-contact ! Bip-Bip-contact ! C’est ce que répétait Junior ce matin là, quand nous sommes entrés. Dans la même joie-panique nous avons tous gagné nos postes. C’est le miracle tant attendu : de l’autre coté de notre SOS, quelqu’un nous répond, quelques minutes encore... Inouï ! c’est l’Arche ! IRIS ! Notre interlocuteur a appelé ses généraux et nous en sommes aux identifications. Clovis est au micro, bredouillant quasiment... Carmélia trépigne derrière lui, le pinçant à tout bout de champs... Tron vient d’entrer et n’ose y croire... Nos cœurs n’ont pas palpité si fort depuis une éternité et les quelques mots déjà échangés prolongent le temps écoulé depuis. Eux, ont successivement décliné leur matricule et fonction, dans un ordre hiérarchique croissant. En retour, nous nous sommes présentés par nos prénoms, résumant nos attributions qui semblent légères comparées à leurs grades respectifs. D’emblée, nous ressentons le contraste entre leur ordonnancement évident et notre spontanéité. Nous restons pourtant naturels. Leur supérieur nous a assommés de questions, semblant à peine ouïr nos réponses. La perspicacité de son interrogatoire garantit néanmoins qu’il n’en est rien. Il a franchement l’air habitué à ce type de discussions, questions-réponses, capable d’analyser ses interlocuteurs en simultané, pour mieux formuler la suite. Ainsi, quelques minutes lui ont-elles suffi pour survoler notre rétrospective. Un peu déroutés, nous nous sommes décidés à inverser le jeu et avons à notre tour émis notre curiosité. L’un des officiers a alors rétorqué par un abrégé concis, nous faisant savoir que le structurel n’a cessé de les tourmenter et qu’ils vivent dans d’immenses blocs urbains, où ils préservent minutieusement leur société et dont IRIS est inexorablement l'œil suprême.

(.)

Nous ne sommes plus les mêmes, un coup d’œil suffit. Eux sont similaires aux êtres d’antan, si tant est qu’ils soient vraiment proches des normes ciblées par les fédérations. Beaux, blonds, la peau laiteuse, les yeux clairs, sveltes, ils frisent la perfection. Les corporations auront persisté à unifier et à bonifier la race, ces charmants stéréotypes nous le garantissent. Pendant cette intervalle de salutations, eux ont certainement consigné aussi nos dissemblances. Nos visages ont perdu de leurs traits, plus lisses et moins caractérisés, ils ne nous démunissent pourtant pas de notre personnalité. Etonnement et à l’inverse d’eux qui se ressemblent à s’y m’éprendre, loin d’être tous du même genre, nous semblons plus différenciables les uns des autres. Peut-être se font ils les mêmes remarques. En plus de ces options, notre peau translucide teintée de pigments floraux, nos attitudes comme nos déplacements légers, des glissements comparés aux leurs, finissent de marquer nos écarts apparents. Ils n’ont aucunement l’air surpris, n’empêche qu’ils ne manquent d’annoter leurs impressions, les dictant aux micros que tous portent. Ces oreillettes doivent également les relier car ils s’échangent leurs points de vue de loin. Bien pardonnable, notre perplexité les a fait sourire sans les freiner dans leurs observations. En dépit du détachement qu’ils s’efforcent d’afficher, ils nous dévisagent, tout comme nous le faisons réciproquement.

Une fois les présentations faites, certains des nôtres n’ont pu se contenir et ont tout de suite voulu savoir comment ils nous avaient rejoints si rapidement. Deux semaines à peine. L’empressement de ces derniers est tout excusable et décontractés ou certainement flattés, nos explorateurs ont répliqué en toute simplicité. Leurs explications nous ont rondement démontré leur maîtrise technologique et nous les avons écoutés, soufflés par de tels avènements. Sans s’encombrer, le commandeur Igor nous a relaté qu’ils ont parsemé le ciel galactique d’une trentaine de stations d’oscillation. Celles-ci jalonnent de longs sillons pour des traversées rapides et les rapprochent de leurs destinations finales. Il a continué, indiquant que proche de la téléportation, cette méthode a l’avantage d’éviter les dilatations de temps entre le réel et le sidéral. 

123.

(.) C’est cette région qui a autant retardé notre exploration. Leurs ingénieurs y ont consigné des trémulations peu communes et plutôt contrariantes, aussi quelques sondes ont été envoyées pour étoffer leurs compte-rendus. En conclusion, l’espace vert est loin d’être répandu partout. Nous habitons indubitablement le site le plus viable, tandis qu’une étendue plus rocheuse et rouge-noirâtre couvre l’autre versant de Vivys, celui que nous n’avons pas atteint. (.) Ainsi, l’intégralité du gâchis n’aurait-elle pas été épongée ? Cet endroit représente ce qu’il reste de l’horreur à laquelle nous avons tourné le dos. Ils ont copieusement débroussaillé leurs épilogues et ce sable riche en métaux s’est révélé nocif pour nous, adaptés à la chlorophylle, autant que pour n’importe quoi d’autre. Comme s’il était insidieusement corrosif. C’est pourquoi nous ne nous y sommes pas encore rendus. N’ayant aucune certitude quant à leurs hypothèses, ils ne pouvaient pas non plus nous alarmer gratuitement. Certes, nous aurions pu accuser le coup et aurions souhaité être informés, mais que dire ? Leur ébauche incarne exactement ce que nous plébiscitons... Cela fait si longtemps... Un jour de plus ou de moins... Qu’importe ?

Junior a mentionné que la majeure partie de cette crête n’est pas exactement de source terrienne car ses éléments mixent des molécules de minerais communs, avec d’autres inconnues. Tout de suite ils ont pensé aux astéroïdes. (.) Leur effroi a été au summum lorsqu’il s’est avéré que toute sablonneuse qu’elle soit, cette plaine semble être animée puisque se propage bel et bien. La fission entre en lice. Ces matériaux sont voraces et tuent tout ce qui cotoie leur région. Junior est implacable et nous a instamment prévenus du danger que représente cette matière qui dévaste plusieurs ares en quelques jours. Nous sommes accablés, Vivys a patronné sa propre nature et au bord de ce désert, comme endiguée, elle devient rivale de ce qui l’a créée naguère. Cette parcelle se débrouille comme elle, titillée par des symbioses comparables aux siennes, mais en d’autres aspects. C’est très embarrassant, ce champs toxique, qui a déjà notablement englouti, nous met inévitablement en sursis. Véritablement menaçant, ce matériau nous oblige à nous révolter sans attendre.

Igor et les siens semblent aussi amers que nous. En corrélation avec notre milieu et avec la chlorophylle qui coule dans nos corps, qu’adviendra-t-il de nous, si la sécheresse anéantit nos terres ? Grâce à notre peau translucide nous nous générons, imbibant directement les énergies, tandis que nos cellules s’accoutument en permanence. Nous ne connaissons pas même le vieillissement. Tous hybrides, tous liés, les viviens sont subordonnés à la même génétique, au même cortex et cette osmose s’harmonise en un tout que la sève maintient. (.) Là, cette crête, semblable à la mort, nous rappelle l’injustice de n’être qu’éphémères.

(.) Les spores dangereux qui couvrent cette parcelle ne s’alimentent que de matières vivantes. L’idée la plus naïve serait de vouloir ériger un mur autour de ce territoire, mais , nous ne pourrions pas enfermer de la mêmes façon les sous-sols.

Au côté de mon pilote, j’apprécie la malléabilité de son véhicule et bois le panorama tout en cherchant à comprendre les prompteurs qui m’encadrent. Ces petites autos-volantes, qui nous emmènent au delà des infimes kilomètres déjà distancés, sont impressionnantes. Nous visitons ainsi, profitant volontiers et s’échangeant sur le vif nos impressions, par télépathie ou par radio. Véritables sondes mobiles, leurs capteurs épluchent simultanément les compositions atmosphériques, géologiques et biologiques de tout ce que leurs lasers traversent. Un écran-radar prend note à tout moment de notre position, nous prévenant d’éventuels détours ou arrêts pour quelques prélèvements. Nous ne cessons pas de découvrir et cette centrale installée ce matin nous épaule, alors que Junior s’éclate comme un fou. L’étude de ce contexte s’annoncerait plutôt géniale si elle nous menait pas vers de grosses désillusions. 

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