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- Lire la Biographie d'Emmanuelle Mairet - extraits des chapitres, page 1 - 2 - 3 - 4 - 5
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C’est quand ma grande sœur est morte que j’ai trouvé la force de finir ce que je voulais écrire. Depuis x- temps, je m’essayais par-ci, par-là. sans jamais trouver d’intrigue qui excuse le fait de formuler tout ce qui court dans ma tête. J’ai donc un tas de débuts de romans non-aboutis. Le sida a emporté Muriel et une vraie ébauche a pris forme. Simplement parce qu’elle m’avait parlé d’écrire un roman avant de mourir et qu’elle n’avait pas eu le temps de le faire. Je me suis promis de m’y mettre et d’y parvenir. Elle m’a donné ce courage, Muriel s’accomplirait par mon biais. Si ça se trouve, c’est exprès qu’elle m’a dit ça, pour que je me sente comme un devoir de le faire, sachant que ça me tenait à cœur. Elle n’a peut être jamais eu envie d’écrire. Sa mort m’a perturbée plus que jamais, et bien plus encore sa maladie. A force de me triturer l’esprit, n’acceptant pas son décès, j’en étais venue à penser qu’il aurait fallu que son corps se mute pour combattre le sida. De là est né “OXO” (textuellement, zéro fois zéro), un premier roman qui n’a eu aucun succès auprès des éditeurs. Je reviens donc à la charge, car des gens meurent et d’autres attendent du réconfort. C’est une façon de leur dire qu’on pense à eux, une façon de leur donner un peu de mon énergie. Mon idée est d’emporter notre planète vers une époque où tout serait possible niveau biologique. Je pars donc dans un futur lointain, et sur une Terre bien transformée. Je fais référence au réchauffement prématuré de notre planète, à la dégradation de la couche d’ozone entre autres et à tous ces éléments qui permettraient des transformations, même des mutations. PREMIERE PARTIE CHAPITRE 1 Le troisième millénaire abordait de singulières transitions. L’effet de serre et surtout les rayons qui traversaient la couche d’ozone, quasi évaporée, présagaient autant de défaillances géographiques que démographiques. Ces rayons cosmiques et plusieurs facteurs ponctuels transposaient les phénomènes, ébranlant les concepts de la gravitation, de l’attraction mais aussi les thèses de Galilée, Kepler ou Newton et tant de théories jusqu’alors transcendantes. Les éléments se transformaient imperceptiblement et les conséquences étaient pires que ce que nous n’avons jamais imaginé. Les espèces vivantes allaient en pâtir car notre sphère accusait le coup et se moulait à son nouveau contexte, amalgamant autrement ses composantes. Son instinct de survie lui dictait de réadapter ses cycles vitaux qui variaient tant qu’il est difficile de le décrire. La transduction physique (selon laquelle une énergie peut se moduler) et transduction biologique (qui admet le troc génétique entre les cellules par l’intermédiaire de virus), étaient plus vérifiables qu’avant. En gros, il n’avait jamais été autant question de contaminations. mutations et autres dégénérescences. (.) Née en 2069, je suis enfant de ces tumultes et en dépit de ce à quoi j’ai réchappé, j’endure le mal du vingt et unième. L’inquiétude d’être exposée à des rayons inconnus si actifs qu’ils justifient d’effrayants syndromes subsiste, et s’accompagne d’autres craintes. J’ai eu une enfance privilégiée comme la plupart d’entre nous, qui bénéficient de l’éducation d’IRIS, notre gouvernement “universel”. (.)
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CHAPITRE 2 Je bûche sur la transplantation de cellules vivantes sur plates-formes électromagnétiques et inversement. Les biosciences confirment la coexistence de ces milieux moléculaires, préludant aux Instituts de remporter quantité de paris contre les handicaps moteurs entre autres, mais surtout contre pas mal de deficiences immunitaires. De transgresser la biologie pour donner aux paraplégiques la chance de marcher, aux aveugles celle de voir ou aux sourds celle de traduire les vibrations sonores, ce à des frais minimisés grâce à une électronique assimilée, leur a en effet dicté de vérifier d’autres postulats. (.) Poursuivant les pistes de la thérapie génique, m’aidant de la psychochirurgie, de la psychobiologie et de la magnétochimie, je fignole d’abord un fluide électromagnétique à inoculer. Ce concentré d’ions sera le lien entre mes cobayes et mon attirail, alors qu’un casque constitué de fibres électriques et nerveuses fera la transmission. Par le biais du casque, le modem épluchera l’état du patient et lui insufflera comment s’autoprotéger. La puce qui lui succédera, un implant doublé d’équations, ne relaiera aucun mode non plus. Elle initialisera chaque receveur à une réactivité croissante et conforme à lui. Naïvement, cela équivaut bien la systématique des cabines qui, connectée directement sur l’encéphale, se livrerait aux contrôles et vitaliserait les globules adéquats. En attendant, je passe par le fluide, le casque et mon modem, une reconnaissance du terrain, qui soldera mes combinaisons finales. J’ai injecté certains de mes animaux pour établir quel type d’environnement sera réceptif à de réelles greffes autonomes. Les électrodes du casque les relient à ma centrale qui comptabilise tous les transferts ainsi pilotés. Organiques, cérébraux ou autres, je dois tous les maîtriser et mes logiciels extraient les conversions qui dévoileront exactement quels cryptages électroniques en découleront. Ceux-ci, sine qua non aux débouchés ciblés, promettront à mes futures puces d’être biocompatibles et prospères. Ainsi, plus d’intermédiaire, tout sera contenu en ces implants dont j’ai l’ambition. (.) Cela dit, cette épopée bio-cybernétique a décanté bien des choses. Inexorablement assoiffée de réponses, j’entends l’utiliser. Cet épisode a corroboré le potentiel des puces et j’ai bénéficié de nouveaux volontaires, convaincus par mon propre exemple. Ceux là ne viennent pas de quelques centres hospitaliers, mais sont de vrais volontaires représentants de notre population. Mes conférences ont bien des fans et l’essai en tente aujourd’hui plus d’un. Si tant est que mon choix sera impartial, les élus doivent approuver le suivi constant ainsi que la pension complète. Les consultations, les programmes et les inconvénients seront journaliers et pas des moindres. Il ne s’agit pas de futilités et il me faut des personnes fiables et dévouées. Je bûcherai sur deux groupes un poil identiques. Les uns porteront des puces basiques, les autres seront dotés de ces mêmes puces améliorées des encodages qui stimulent aussi l’intellect. (.)
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