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ROMAN SCIENCE FICTON "C’EST LA VIE" - par Emmanuelle Mairet LES INÉDITS |
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Les drogues chimiques du début vingt et unième sont loin des herbes fumées auparavant... Les ecstasy, crack, LSD et alcaloïdes de synthèse ont engendré bien plus tragique. Nous devons sévir au prorata de cette résurgence et étonnement c'est par la légalisation forcée des stupéfiants, esquissée dès 2044, que nous allons nous en donner l'occasion. A la longue, cela doit scléroser le marché dissident mais estimer aussi à quel point nos cités sont touchées. Infiniment de thèses ont été insinuées, même tentées lorsque les CID ont obtenu l'autorisation... L'hypnose a failli faire espérer, mais en vain... Les candidats ont respecté les préceptes imposés par leurs hypnotiseurs et se sont effectivement restreints un long laps de temps, ce toutefois que sous conditionnement. Dès qu'ils se sont éveillés de leur état second, le manque s'est fait en proportion de leur sevrage. Pis encore, certains ont ensuite contracté de graves T.O.C., et ces Troubles Obsessionnels Convulsifs sont quelquefois plus difficiles à enrayer. Il y a eu maintes autres tentatives, parfois pertinentes, cependant toutes infructueuses... Heureusement, aucune ne nous a désarmés, c'est pourquoi nous nous passerons de ces tâtonnements parfois rébarbatifs... Au préalable, les patients ont enduré le manque, trouvant les temps de pauses bigrement longs. Puis, ils ont vite été séduits par cette manière atypique d'évacuer et avec laquelle ils reviennent à eux quand ils le veulent. Cette exorcisassion les incite aussi au contact, à échanger leurs idées, à les exploiter, à reprendre goût au réel et à faire quelque chose de leurs journées. Ils ne sont plus bannis mais peuvent se faire apprécier de leur entourage, parfois grâce à leurs différences. De nouveau dans le système, ils prennent conscience de sa fatalité pourtant positive. Ils ne sont plus en des temps privilégiés où l'affranchissement individuel n'entame en rien celui de la communauté. S'insérant dans un engrenage resserré, chacun doit y mettre du sien. S'abandonner n'avance à rien et a mené nos ancêtres vers une destruction récursive. Nous sommes trop peu et assez unis pour cohabiter. Cela exige le respect dans tous ses aspects, et seule la sensation d'exister motive.
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Les stupéfiants n'offrent plus assez comparé au cinéma que l'individu peut provoquer via cette technologie. Il n'est plus question de s'autodétruire pour quelques extases aussi intermittentes que temporaires, mais question de conceptualisations directes et conscientes. Ce ne sont de rudimentaires machines envoyant des préenregistrements, mais de réels bijoux de stimulation qui ont également engendré bien d'autres révélations. Les psychiatres, thérapeutes ou éducateurs ont mieux deviné l'inconscient ou le subconscient de leurs patients, leur préconisant de meilleures ordonnances. La traumatologie a également fait un grand pas, puisqu'épaulée par ces techniques mais aussi par les malades qui ont parfois circonscrit leurs troubles et pondéré leurs psychoses. Exemple des autistes pour lesquels c'est une compensation évidente : ils s'expriment dans ce virtuel, oubliant les frustrations de leur réalité, conduisant les professeurs à cerner leurs jargons ou fonctionnements et à alléger leurs inhibitions, quelquefois jusque la guérison... Dès 2050, le bilan a approuvé la diffusion de ces dérivatifs et en trois ans, ils ont définitivement évincé les amphétamines, analgésiques ou euphorisants frauduleux. Au lieu de nous intoxiquer, nous devenons des cyber-yogis. Les casques codés sur chaque ADN et leurs consommateurs avertis, maîtrisent autant les distractions que cette santé qu'ils préservent. Officielles et à la portée de tous, ces méthodes dévalorisent le marché noir et défient les forums privés ou belliqueux, quoique certaines gélules homologuées demeurent pour ceux au cœur pas assez vivace (les nerfs sensitifs sont bien sollicités et de malencontreux accidents ont légitimé cette tendance). A longue échéance, les portes s'ouvriront à notre esprit, reléguant ces produits aux loisirs ou aux entraînements cérébraux. Cela allégera la fréquentation des centres et les trafiquants n'auront qu'à s'exercer à d'autres fastes. OK ! L'éradication de ces pratiques est utopique. Il y aura inexorablement des sordides pour coincer les plus vulnérables dans l'univers des substances oniriques. Tout de même, nos référendums ont étendu cette vigilance à se méfier de telles dépravations et à entraver l'action des receleurs. Poussée à la discrétion et à des manigances démesurées avant de livrer une dose, une minorité ont bien tenté de résister en improvisant des lieux clos, espérant imiter les premiers fumoirs d'opium. Or, loin d'en être, leurs caves sombres ou tripots pouilleux n'ont pas l'envergure souhaitée. Quasiment tous se ruinent peu à peu dans ces parties de cache-cache, se condamnant irréfutablement. Les pharmacies ont ainsi stoppé certaines ventes, les CID se sont vidés et ont progressivement pactisé pour des Centres Généraux d'Auscultation, les CGA. Ramifications d'IRIS, ils se sont spécialisés et sophistiqués, jouissant des récentes prouesses. Liés à tout dispositif, ayant accès à toute information, régentant intégralement les continents et secondés d'une multitude de comités, leurs attributions s'avèrent. Parallèlement à cette formidable organisation, tous les segments de la consommation se sont bonifiés, arborant ce type de révision sur tous leurs panoramas. Déjà, les terres contaminées, l'eau non potable et les environs aussi endommagés avaient obligé à des champs artificiels, protégés des pluies acides et écoulements nocifs. Le je-m'en-foutisme, l'impassibilité à se débarrasser des détritus dans les fonds océaniques, l'invasion de bactéries et d'algues mutantes n'avaient non plus épargné les sites marins et avaient proscrit la pêche, même les baignades. Là aussi, des bassins factices avaient cru pallier, mais les quantités d'eau traitée requises nous ont dare-dare handicapés. Quelques ersatz rappellent les saveurs séculaires mais ce sont radicalement les végétariens qui l'emportent avec leurs mets aromatiques, composés uniquement de céréales, soja, racines et diverses autres substituts. La viande était dédaignée depuis la maladie de Creutzfeldt-Jakob, les clones ou les fragmentations moléculaires, les ultimes usines ont déposé le bilan. La faune vit dans des réserves ou au dehors. Seigneur des déserts, elle n'atterrit pas en steak dans nos assiettes. Selon une morale efficace, l'aliment se veut nutritif ou thérapeutique, et les articles jugés intolérables sont supprimés. Nos mentalités portent le bio au grade de denrées de luxe, tandis que ceux industriels, moins délectables et moins variés, achalandent la grande distribution. Nous emplissons nos paniers de bonnes choses fraîches, même si tout est emballé, congelé ou en boîte. L'essor tant humain que matériel n'a guère contribué à valoriser les richesses naturelles largement esquintées. LA SUITE DANS :C'est la vie |
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