Éditions emareva, Magazine et Blogs littéraires, Promotion d'auteurs, Écrivains, Littérature gratuite, Auto-édition, Auteurs et Manuscrits en ligne

Éditions en ligne, extraits de manuscrits, romans, textes / Blogs d'auteurs et Promotion Littéraire.

Éditions emareva, Magazine et Blogs littéraires, Promotion d'auteurs, Écrivains, Littérature gratuite, Auto-édition, Auteurs et Manuscrits en ligne. Littérature et lecture gratuite en ligne, publication partielle ou intégrale de Manuscrits de littératures diverses. Bibliographies, Écrivains, Extraits de Romans, de Recueils, Articles, Promotions et Référencement Littéraires.

En nous envoyant vos projets, vous certifiez, être seul responsable et avoir les droits d'exploitation et d'auteurs des textes et images que vous nous fournissez et vous dégagez ainsi emareva de toute responsabilité, quelle qu'elle soit, et de tout recours par les ayants droit éventuels.






Artistes | Référencement | Création sites | Graphiste, styliste | Illustrateur jeunesse | coloriages

Pages 1 - 2

***

Valentin Mayakovitch, directeur de la maison de production La Tour d’Or, se frottait les mains. Le battage médiatique autour de son nouveau projet était sans précédent. Il y avait d’abord la vieille garde communiste qui trouvait l’idée excellente mais qui était déterminée à veiller à ce que la vérité historique ne soit pas trahie. Il y avait ensuite les étatistes, les patriotes, les nationalistes, les slavophiles, les américanophobes et les eurasiates, pour une fois soutenus par les ruralistes, qui approuvaient son retour vers « les pages les plus glorieuses de notre passé ». Il y avait aussi ceux qui n’avaient pas trop apprécié le titre mais attendaient de voir ce que tout ça allait donner. Et enfin ceux qui n’étaient pas du tout d’accord et dont une certaine partie n’hésitait pas à le dire.
« Il était largement temps de revisiter la grande époque de la construction de l’Union Soviétique, cette fois sans honte pour nos faiblesses mais avec une fierté de notre force », affirmait un journaliste connu pour la fréquence de ses apparitions télévisées.
« Après toutes les révélations de ces vingt dernières années, comment peut-on oser appeler  Les années fastes la période la plus sombre de notre histoire, les années des purges staliniennes ? » répliquait un autre journaliste connu pour la fréquence de ses procès.
« Quel bon coup de marketing de commencer le tournage le 6 juin 2006, se disait Mayakovitch. 666, le chiffre du diable ! Heureusement que j’y ai pensé. Maintenant tous les détracteurs reparleront d’Antéchrist et le projet aura encore plus de résonance. Après tout, le plus important est de provoquer une réaction, qu’elle soit positive ou négative. Tout ce qui peut alimenter la polémique. Certes, la controverse présente ses dangers mais c’est aussi la meilleure pub qui existe ».

***

Sergei Komarov était assis face au réalisateur Constantin Zadonski dans le café enfumé du Club des Cinéastes. Même s’il ne risquait pas d’y être abordé par des chasseurs d’autographes importuns, ses yeux restaient soigneusement cachés derrière des lunettes fumées. Toujours un peu vulnérable sans maquillage, l’acteur n’aimait pas étaler ses cernes. Bien visibles malgré son bronzage impeccable, elles semblaient trahir non seulement ses nuits blanches mais aussi les ennuis de ces derniers mois. Depuis que sa femme avait préféré le quitter pour un homme d’affaires français, Komarov avait perdu quelques kilos mais aussi une grande partie de son charme et de son humour.
Toujours pas de nouvelles ? demanda Zadonski non sans hésitation.
Komarov attrapa sur la table son briquet en or et s’alluma une nouvelle cigarette. Sa femme partie, personne ne contrôlait plus ses consommations de tabac et d’alcool. Une liberté absolue mais bien triste, il faut le dire.
Tu parles ! dit-il. Comment a-t-elle pu me faire ça ? J’aurais peut-être compris si elle avait laissé la moindre explication. Mais rien, rien, je te dis ! Pas un mot, pas un coup de fil ! Je n’aurais jamais dû la laisser fréquenter ce mec. Elle est devenue comme folle. Tout ça parce qu’il est français, tu penses ?
Mais oui, c’est connu le french lover…
Zadonski pensa à une série télévisée à succès dont le héros, un touriste français, épousait une femme russe en se faisant passer pour un pompiste. Ce n’est qu’à Paris que la jeune mariée découvrait sa vraie identité : il était en réalité milliardaire, propriétaire de plusieurs châteaux et fils du premier ministre.
Le même genre de mec qui a tué Pouchkine, poursuivait Komarov. Nos poètes n’aimaient pas les Français. « Un petit Français de Bordeaux … » « A la chasse au bonheur et aux grades… » Et aux femmes, pour tout dire… L’histoire se répète. Non contents de nous rendre cocus, ces salauds nous calomnient. C’est quand même dommage que l’époque des duels soit révolue.
Tu peux toujours lui casser la gueule mais enfin bon…
Pas envie de me salir les mains, répondit Komarov, suivant du regard les volutes de sa cigarette. Il faudrait trouver autre chose. Tu sais, j’ai toujours dit que les étrangers qui emmènent nos femmes devraient payer un impôt spécial.
Et tes enfants, ils le vivent comment ? demanda Zadonski incommodé par le sujet.
Pas trop mal, je dirais. En gros, on évite d’en parler.
Ses enfants. Il avait l’impression qu’ils vivaient sur une autre planète qui n’avait pas beaucoup de contacts avec la sienne. Les rares fois qu’il les voyait à la maison, ils passaient leur temps à jouer aux jeux vidéo et à télécharger leur musique horripilante. C’est à peine s’il les reconnaissait encore. Sa fille s’était peint les cheveux en blanc, et son fils flirtait avec le style gothique. Même le fait de leur apprendre qu’ils avaient un demi-frère n’y avait pas changé grand-chose. Après avoir accordé une pension à Katia, il ne voyait Artiom qu’à certaines occasions exceptionnelles. C’était décidé comme ça par Katia, probablement pour ne pas perturber le gamin adopté par son mari. En tout cas, ce n’est pas la révélation de l’existence d’un fils illégitime qui avait provoqué le départ d’Olga : leur couple avait déjà survécu à des coups bien plus durs.
La reconnaissance tardive d’Artiom avait fait beaucoup de bruit dans la presse à scandale partagée entre « mais quelle hypocrisie ! » et « mieux vaut tard que jamais ». D’un autre côté, Komarov préférait être épinglé à cause de ses enfants naturels qu’à propos de son homosexualité prétendue. Depuis un moment déjà ça ressemblait à une véritable traque. Tout était inventé dans les moindres détails, probablement par ses rivaux envieux. Il restait toujours dans leur ligne de mire, en dépit du fait que son dernier film était accueilli par la critique sans grand enthousiasme. « Déjà vu », « manque de fraîcheur et d’originalité », « Komarov qui se répète », tel était le verdict général. Pour une fois, ils n’avaient pas complètement tort, malgré les exagérations et les raccourcis habituels. Il fallait bien reconnaître qu’il n’était pas en forme. Profitant de ce relâchement, la nouvelle génération essayait de lui faire de l’ombre. Cette année, il n’avait même pas été élu l’homme en vie le plus sexy, cédant le titre à un gosse de vingt ans, sans talent ni charisme.
Pour la première fois depuis longtemps, Komarov vivait quelque chose qui ressemblait au syndrome du loser. Si auparavant il se moquait volontiers des avis de la critique, ces derniers temps il était devenu particulièrement susceptible. Tout de même, il préférait toujours le mauvais accueil au silence. Aujourd’hui il redoutait par-dessus tout de ne plus être sollicité, lui qui n’avait jamais connu de période creuse. Passer de la lumière à l’ombre, quitter le devant de la scène pour les coulisses, telle était la perspective qui l’inquiétait le plus.
Il en voyait certains signes avant-coureurs. Récemment un journaliste de la radio se trompa sur son patronyme l’appelant Sergei Vassilievitch. Il y a quelques jours, il s’était même vu refouler à l’entrée d’une boîte de nuit où le physionomiste du service prétendait ne pas le reconnaître. Certains tabloïds l’annonçaient « frappé par la crise de la quarantaine ». Quant à ses copains, autrefois si nombreux à venir dîner à la maison, la plupart d’entre eux se manifestaient désormais très sporadiquement. Zadonski était un des rares amis à ne pas l’abandonner dans cette passe difficile. Peut-être même la seule personne de sa connaissance qui comprenait sa situation douloureuse et compatissait sincèrement à ses problèmes. Sans son soutien Komarov aurait probablement même refusé de participer au dernier festival de Cannes : en ce moment, il se sentait trop fragile pour tester encore son taux de popularité en montant les marches.
Blessé dans son orgueil, gagné par l’angoisse, lessivé par les insomnies, l’acteur noyait son chagrin dans l’alcool et attendait l’intervention miraculeuse de quelque force puissante. Une impulsion extérieure capable de le tirer de son état déplorable et de changer le cours de son destin. Quelque chose lui disait que cette force magique était tout proche, même si elle continuait à jouer à cache-cache avec lui.
Voilà pourquoi il sursauta quand son nouveau téléphone portable en platine se mit à sonner.
- Bonjour, Valentin. Moi ?! Et Kazakov ? Yes !!
A cet instant la force salvatrice se présenta sous forme du réalisateur Valentin Mayakovitch lui demandant d’incarner Staline dans son nouveau film. Ivan Kazakov initialement prévu pour le rôle n’avait pas été retenu.
L’acteur n’hésita pas une seconde. Eh oui, non seulement il faisait encore partie des hommes en vie, mais il restait ce qu’il avait toujours été : Komarov l’irrésistible, reconnu par ses pairs et adulé des femmes. Komarov l’immuable sur qui les années glissaient sans l’atteindre. Une star incontournable qui magnifiait n’importe quelle fresque historique.
Ce nouveau rôle était une aubaine, une occasion à ne pas manquer, un vrai signe de confiance. C’était l’aboutissement et le parachèvement de sa carrière, le meilleur moyen de devenir intouchable.
Il avait envie de le crier sur tous les toits. Car Staline, ce n’était pas Robin des Bois ni même André Bolkonski, c’était un autre calibre. Là, c’était du sérieux. Komarov endossait enfin un costume à sa taille. Avec ça, on pouvait envisager le titre de l’homme de l’année. Ou même, soyons fous, carrément l’ordre d’Alexandre Nevski.
On a gagné, Kostia, dit-il à Zadonski. Tu te rends compte ? Maintenant on les aura tous. Tania, deux autres whiskys, appela-t-il la serveuse. Tu prends un verre avec nous ? Si, cette fois il le faut. A la Patrie, à Staline… et à son heureuse élue de ce soir ! Tu sais qu’on ne me refuse rien aujourd’hui ?

Pages 1 - 2

Charte & Confidentialité / Propriété Intellectuelle / Vos droits en tant qu'auteurs

Plan de Site | Partenaires | Amis | Newsletter
me contacter : emareva@free.fr

Référencement | webdesigner / styliste | Agenda et annuaire artistes / Magazine Arts | Coloriages | Illustrateur | Banque images

amis du web : PNL | Coaching

Je suis avant tout une créative, de formation styliste. Le développement internet augure d'intégrer les prestations de créations de site et de référencement… Passionnée, j'utilise la toile web aussi pour exposer mes passions, L'art et l'univers enfant. Vous connaissez mon atelier de coloriages et peut-être aussi mes talents d'illustrateur enfant… mais encore mon magazine et annuaire artistique pour les arts et artistes et le magazine enfants. Enfin, mon tout dernier né : la-visionneuse.com… résultat de mes longues et vaines recherches de visuels libres de droits. Cette banque photos est directement tirée de mes archives… là aussi, quelques photographes m'accordent leur soutien. Pensez-y, vous pouvez y partager vos photos, et vous faire une place dans l'annuaire photographes.

Annuaire photo | Annuaire Référencement | Annuaire éditions | Annuaire emarevacrea | Annuaire emareva | Annuaire enfants