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Essai philosophique et scientifique "C'est la vie" - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF et IMPRIMER LE MANUSCRITdéposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives. |
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p7 Page Précédente < > Page suivante En plus des engrenages qu’ils pulsent, les implants doivent s’entremettre contre tout dépassement ou névrose et écarter toute glande d’un biais malvenu. J’ai passé commande dans assez d’hôpitaux psychiatriques pour comparer les thèses, décliner les frontières à ne jamais violer et anticiper sur de probables dysfonctions. J’ai aussi commencé à bâtir des canevas de séminaires, car j’ai besoin de volontaires au mépris des premières obstructions d’IRIS. Grâce à Dieu ma persévérance m’a vite honorée de leur clémence. Je leur ai dépatouillé un semblant d’exposé et curieux de vérifier mes thèses, ils ont capitulé. Bien-sûr, il s’agit de tester le fluide ; à propos des transplants, ils demandent de véritables performances, réservant leur droit de veto jusqu’au bout. En outre, des agents ont été nommés pour contrebalancer la crédibilité et la sécurité de mes découvertes. Je n’en suis pas affectée et accessoirement leur fournis de quoi écarter tout fourvoiement, ne leur dévoilant pas tout pour autant. Rétrospectivement, leurs vérifications ont eu du bon puisque du jour au lendemain, IRIS m’a proposé d’élargir mon projet sur certaines élites préconisées par leurs bureaux. Je suis restée interdite... Je ne m’attendais pas à une résolution si précipitée. Je suis étonnamment déconcertée en même temps que réjouie. Dès à présent, je peux statuer du bien-être, même du punch que cela m’a apporté, de mes journées plus fructueuses et plus longues ; mais je trouve prématuré que de se lancer. C’est vrai, je réclamais des volontaires à greffer, mais je croyais que ce serait plus long à obtenir, et avais donc injustement anticipé… Je regrette un peu. Les électros s’adaptent comme leurs propriétaires à leur cervelet supplémentaire, j’ai cependant noté des modifications des tissus cérébraux qui m’insufflent d’attendre, prêchant leur stabilisation. Mes investigations ne seront fiables que si elles s’échelonnent sur de longues échéances et je le sais. Ainsi, sans condamner l’empressement d’IRIS, les ai-je adroitement freinés. Sages, ne voulant payer aucune hâte, ni n’en revendiquant davantage, ils ont accepté le délai sollicité. Patienter pour plus d’alternatives, au nom de notre sauvegarde, sera donc mon principal atout pour maintenir mes postulats sous silence, tant qu’ils ne seront indubitables. De fil en aiguille, accaparée, je n’ai pas entièrement porté attention à ma propre adaptation, or mes distinctions sont notables. Les derniers évènements m’ont forcée à faire une pause pour épier parcimonieusement les contextes comme ceux qui y vivent et je me suis quasi mise en quarantaine. Mes amis ont même cessé de m’inviter à sortir, ils m’appellent pour prendre des nouvelles, mais ils commencent globalement à se lasser. Il faut dire que je ne suis plus trop bavarde. Bref, je me suis pratiquement cloitrée et cela fait tout de même presque six mois que cela dure. Au niveau professionnel, rien ne transparaît puisque tout se fait comme d’habitude, via l’interface… Mais ce matin, en me regardant dans le miroir, je me suis arrêtée sur cette image que je ne reconnaissais plus. Comment peut-on changer autant sans s’en inquiéter avant ! Voyez plutôt, j’ai pris l’attitude de ce que je suis intimement : un petit cerveau plus attiré par les circuits que par ses congénères. Mon air androgyne, aujourd’hui outrageusement accentué, et ce récent implant s’acquitteront de m’exiler définitivement de cette vie dite sociale. Mon électronique m’a bien investie, je comprends mes consoles, les dirige avec érudition et même si la commande verbale donne cette convivialité entre la machine et son utilisateur, là c’est une connivence accomplie et mutuelle. Tantôt manipulée, tantôt manipulateur, j’appartiens à une entité plus dense que mon unique enveloppe charnelle. Je présume ne pas être entièrement maître, “contagion par cellules informatiques” ou “matérialisation de capacités sensorielles” (?)… Je ne suis qu’un témoin et même si je capte clairement les ondes, en tire d’énormes avantages, absorbe continuellement les connaissances ou réplique aux interrogations les plus spécialisées, cela ne garantit rien. Je dénote de par cette adresse face à d’impensables calculs de probabilités et mon cerveau paraît se modeler sur mes ordinateurs, traitant des opérations ou approximations jusqu’alors réservées aux machines. Unique en mon genre, je demeure lucide et continue de tester inexorablement plus d’éventualités afin d’écarter l’exception qui fout en l’air années d’études de chercheurs trop impliqués. Parallèlement, je traverse justement des états de béatitude inconsciente que je ne peux négliger. Je ne peux décemment plus me taire et veux me faire examiner pour mieux me dominer. J’ai pris rendez-vous avec le groupe médical du troisième où ils bûchent sur le cerveau et ses types de communication. A mon tour d’être leur patiente. Je ne me suis plus attardée, je suis allée les voir et leur ai exposé ce que je pouvais de mon cas. Je n’ai pas pu leur avouer être mon propre cobaye et je n’ai parlé que de transformations spéciales. Sachant que dès la visite suivante, mon scan leur dévoilerait mon implant, j’ai préféré leur dupliquer mes dossiers. Dès réception de ces documents, ils m’ont convoquée. IRIS m’a saluée à coups de remontrances, énumérant notre Charte, notre Ethique...Cela n’a pas duré longtemps, leur vive curiosité a pris le dessus en cinq sec, m’imposant un incommensurable compte rendu. Et bien, quand je pense à leur retenue face à tout nouveau projet ! En fait, il faut se lancer, si ça passe, ils vous secondent ; sinon ça casse. Je redoute l’overdose des enquêtes psychométriques qu’ils vont effectuer à cette issue, mais préoccupée, je souhaite réellement qu’un œil étranger me donne du recul et perfectionne mes démarches. p7 Page Précédente < > Page suivante |
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