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Essai philosophique et scientifique "C'est la vie" - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF et IMPRIMER LE MANUSCRIT

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Pour le transport de leurs vaisseaux, qui hyperpuissants dépassent tous les records mais n’effectuent aucun grand trajet, ni par oscillation, ni d’eux-mêmes, ils ont recours à un autre procédé. Celui de la Voile solaire qui minimise les coûts et fait gagner du temps. A mon époque, la Voile et ses miroirs visaient strictement à suppléer aux éclairages et aux énergies courantes, s’affiliant de surcroît à la course antinucléaire. L’employer tel un véhicule n’était qu’embryonnaire, la promesse a été tenue et exhibe toute sa sophistication. Il s’agit de déployer en orbite terrestre une voile épaisse de quelques couches atomiques, très légère, couvrant de 2000 à 5000 m2 et pesant quelques dizaines de kilos. Celle-ci, grâce aux particules de lumière du soleil, réfléchies sur plusieurs mégamiroirs, avance sans moteur ni carburant. Embarrassé de notre silence, notre interlocuteur a exemplifié nous stipulant que portée par les photons, dont la vitesse est celle de la lumière, soit 300 000 km/h, cette Voile atteint une forte accélération ; pendant laquelle elle, comme ce qu’elle transporte, devient invisible... sa vitesse éminente la sortant du concept visuel. C’est pourquoi nous ne les avons donc vus qu’en fin de parcours, alors que la Voile déposait leurs astronefs et qu’eux les intégraient via les télécabines. Ils ont franchi le cap de l’impalpable et par ce mode de propulsion, ils s’approvisionnent, s’allègent de transferts encombrants et économisent tous azimuts. Secondées des Voiles, ces stations imposantes transitent équipages, outillages ou vaisseaux, en un tournemain. A l’arrivée, prêt à l’usage, chaque vaisseau est récupéré par son propriétaire.
Pour la petite anecdote, il nous a narré que chaque station d’oscillation est nantie d’un satellite solaire. Ce sont d’une part leurs miroirs géants qui accompagnent leur Voile au travers de ce large périmètre, mais ce sont aussi leurs antennes qui sustentent leurs villes. Ah oui ! Leur principale énergie, domestique ou pas, est électrique, mais n’a plus recours à des moyens barbares. Non ! L’électricité sans fil a vu le jour. Produite en orbite par des photopiles, elle se répercute sur ces miroirs et est transmise par ondes. Ce chamboulement a mis longtemps à être au point, mais a d’abord créé de l’emploi, a ensuite adhéré à leurs aspirations économiques ou écologiques et a enfin positivement bouleversé leurs méthodes. Leurs cités se sont débarrassées d’autant de créneaux controversables, concrétisant effectivement les épurations. Actuellement, plus de barrages ni d’éoliennes ou autres, juste les photopiles. La terre est nettoyée de toutes ces structures volumineuses et l’environnement ne craint plus d’être dévié dans ses cycles. Sommairement, l’homme vit au mieux, sans plus astreindre ni envahir la nature.
Décidément, nous l’interpellons et il s’est interrompu net, demandant s’il répondait à la question posée... Pour nos jeunes, même si nos cours leur octroient tout de même de suivre, ces discours les dépassent, frôlant la science-fiction et cela se voit. Par contre, nous, vétérans, estimons les formidables progrès et présageons moult constatations. Nous avons tous ri et bien que ce soit délicat pour certains, Tron a prié Igor de poursuivre cet exposé particulièrement intéressant. Tranquillisé, ce dernier a repris, nous spécifiant qu’une flotte sans précédent parcourt l’Univers, réduisant l’ancien gouffre financier et augmentant les résultats. Fini les fonds déversés dans les fournitures militaires, cette impressionnante patrouille se charge des interventions internationales, tant terrestres que célestes. En gérant ainsi ces escouades et en les tenant responsables de leur matériel, l’Arche entretien ses instruments et améliore constamment ce secteur. Nous reconnaissons d’ailleurs là une philosophie utilitariste guère récente...

Dans la foulée, ils nous ont emmenés vers leurs capsules pour nous les faire visiter. Elles sont assez spacieuses et leurs parois sont analogues à des miroirs sans teint, puisque de l’extérieur nous n’entrevoyons pas les cabines, alors que l’intérieur concède une visibilité entière sur les environs. Elles se divisent en deux salles, en plus de celle de pilotage. L’une englobe le vaisseau et ses aptitudes, vaisseau-éclaireur, vaisseau-hôpital... La deuxième est réservée à l’habitacle des voyageurs. Véritables appartements de 16 à 20 m2, ces cocons servent de logis, comme de laboratoire et sont généralement tenus par deux gradés. Lorsque les choses s’engendrent d’elles-mêmes, il s’avère que des couples se forment et les bureaux consentent à muter tel ou tel individu pour les réunir tant maritalement que professionnellement. Ainsi, cette armada est-elle constituée de binômes qui, endurcis mais ensemble, y consacrent leur temps. Ces arrangements escamotent les déboires sentimentaux, satisfont les équipes, donc les rendent plus compétentes. Ainsi ne connaissent-ils pas l’isolement ou la solitude de leurs prédécesseurs et assouvissent-ils leur passion commune.
L’inspection de ces vaisseaux est franchement divertissante. De longues griffes métalliques sorties des flancs font office de fondations et fixent les véhicules, mais cautionnent aussi aux astronefs de s’imbriquer entre-eux pour ne faire qu’un et consommer moins lors de déplacements groupés. Entièrement faits de fibres de verre, ils captent l’énergie de leur réseau de photopiles et s’autosuffisent. En outre, sortie de ces itinéraires délimités par leurs stations, chaque capsule survit aussi. Alimentée d’un mélange gazeux réalisable en interne, par un système d’électrolyse qui modifie les gaz de l’exosphère et les propulse dans les turbines une fois devenus carburant, elles sont à même voler longtemps... Soit, grâce à cette électricité pompée en cours de route, soit grâce à ces filtres fabricables en chemin. Entre parenthèses, ils ont très vite réalisé qu’ils pourraient assainir leur atmosphère par ces systèmes d’électrolyse ; aussi leurs ingénieurs ont-ils trouvé le meilleur support d’exploitation, appliquant ce mode de propulsion aux transports d’ordre public. Cela dépasse tous les espoirs de non-pollution, résorbe les émanations toxiques et ne ne produit aucun déchet. C’est un plus écologique net, en pratique depuis une vingtaine d’années et dont ils escomptent récupérer un air plus respirable. Nous comprenons qu’hélas les dégradations n’ont pris fin et que notre combat d’antan est toujours à la page. Toutefois, ces mentalités fortement engagées à protéger l’environnement nous rassurent. Idem pour ce bon technologique qui ne peut qu’être salué. Auparavant, la situation nous y avait acculés, mais les méandres politiques avaient laissé trop de traces... Le temps leur a accordé de mener à bout ce qui avait secoué notre génération... Quoi de plus gratifiant ?

Nous sommes séduits par ces officiers, généreux et tout à fait plaisants. Ils ne s’imposent aucunement et respectueux de leurs hôtes, ils se présentent méticuleusement. Nous sommes encore dans une des capsules et vis à vis de ces bijoux technologiques, ergonomiques et automatiques, avouons que nous sommes ravis. Ces derniers cris du modernisme sont dotés de tout le confort souhaité. A bord, une cabine d’oscillation les relit entre-eux et avec tout point oscillatoire à moins de 750 000 km, donc par procuration avec l’Arche. Ayant une capacité moindre que celle des stations stellaires, ces télécabines servent surtout en cas d’urgence, de rapatriement ou d’importation et exportation de matériaux spécifiques. Les théories du physicien Broglie, début vingtième, précurseur de la mécanique ondulatoire et cantique, qui consécutivement associe les quantités aux ondes et définit l’état de tout électron en quatre nombres, sont toujours valables. La fragmentation atomique d’une part et les nombres cantiques d’autre part, ont avalisé cette belle mise en pratique. L’une permet la dématerialisation ou la reconstitution mais craint la translation, l’autre enclave justement ces altérations dans les déplacements. Maintenus dans une fluctuation équilibrée, les sujets sont téléportés sans danger. Pour les objets, c’est moins compliqué car les cellules ne s’inventent d’écosystèmes parallèles ou d’hybrides. La fission se fait dans une discipline toute calculée, les atomes se déplacent, se reconstituent et les erreurs exceptionnelles sont repérées par les faisceaux d’arrivée, annihilant toute anomalie potentielle. Un SAS isole hermétiquement la manœuvre et stérilise les cabines avant, pendant et après toute opération. Le spatial, premier utilisateur, a d’emblée effectué un pêle-mêle de tests qui les ont convaincus. L’individualité des envois est la règle d’or, il ne faut expédier qu’une personne à la fois et par cabine. Cela agrandit naturellement les stations qui totalisent en moyenne une trentaine de cabines mais en contre-partie, celles-ci effectuent une téléportation en moins de deux minutes quarante-sept secondes. Avec ceci, ajouté à la Voile, une flotte de cinquante capsules se réunit en moins d’un quart d’heure. Autonomes, les vaisseaux mères demeurent dans l’espace et reçoivent jusqu’à soixante individus qui forment les équipages permanents. Ceux-ci s’alternent tous les six mois, revenant par saison, se requinquant, récapitulant leurs virées et se préparant leurs futures prospections. Le semestre suivant, ils vivent tels de réels colons de l’espace, alimentant leurs confédérations de toutes les enquêtes préconisées.
Au passage, ils nous ont raconté que les séismes, raz de marées et autres drames continuent de les menacer et qu’en cas de destruction irrévocable, leurs cocons volants suggèrent aussi une survie spatiale. C’est donc l’invasion sauvage qui a poussé à décupler ces modes de déplacements et par cette union du mouvement de fission et d’oscillation, ils dépassent les obstacles du corps solide, comme ils anticipent sur un cloisonnement probable. Les années lumières sont hors jeu et sidéral ou pas, le temps reste réel, éludant d’inopportuns décalages. Chevaliers célestes, ils ont accompli un vieux songe.

Pour comble, ils nous ont même fait une démonstration de leurs hologrammes qui envoient des clichés aussi vrais que nature et destituent tout autre communication. Chacun porte un bracelet et, par son immatriculation, transmet ou reçoit des messages. Le bracelet l’enrobe d’une aura électromagnétique qui le projette lui et son alentour à son correspondant et vice versa. Nous viviens utilisons la télépathie ou l’enveloppe astrale mais cela a certaines frontières également et n’est si spectaculaire.

 

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