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Essai philosophique et scientifique "C'est la vie" - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF et IMPRIMER LE MANUSCRIT

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Nous avons peut-être oublié une connexion ? Un contact ? Clovis n’a pas attendu pour désactiver le subsidiaire et économiser au plus. Ce qui nous a d’ailleurs démontré que nous sommes sans équivoque chargés de quelque chose et pas seulement les quatre qui ont stimulé les appareils lors de la veillée, le jour de notre trouvaille... En notre présence, les chiffres lumineux se sont mollement rehaussés puis ont stagné. C’est dingue, valide au passage nos pressentiments, compense car maintient les niveaux, sauf que ce n’est guère satisfaisant... D’après lui, nous avons eu accès aux stocks mais n’avons pas atteint le bloc d’alimentation. Il doit y avoir un raccord à ordonner et c’est certainement par les programmes informatiques que nous y parviendrons.
Il fera bientôt nuit. Déjà ! Il n’y a rien à dire, c’est lorsque l’on en a le plus besoin que le temps défile... S’il ne s’agit que de logiciels à mettre en route, alors allons y et plus vite que ça. Depuis le temps que je n’ai pas touché un clavier ! Nous avons gagné le tableau de bord qui encadre la plage lumineuse. Un peu décontenancée face à ce qui m’enthousiasmait autrefois, j’ai d’abord lorgné chaque unité, chaque terminal, bref chaque configuration, comme pour me demander si je devais me replonger là dedans. Tous sont là et observent avec un air embêté, guettant qui va se décider. J’ai pris les devants. Quelques secondes pour actionner les boutons de démarrage et la multitude de touches, graduations et dispositifs... Des bips, des ronflements, des lumières ont graduellement empli le lieu d’une chorégraphie visuelle et auditive oubliée. Cela m’a plu... Mes nerfs se sont apaisés, j’ai su que ces processeurs me chavireraient autant que les miens. J’ai tripoté cet outillage et ai sommairement affiché ce qu’il avait dans le ventre. Au milieu, un écran rond et convexe a indépendamment décrit mes manipulations de celles de l’ordinateur... Cette reconnaissance s’annonce fructueuse et je retrouve les gestes qui m’étaient autrefois familiers...
Du coup, Carmélia m’a proposé son aide. Elle est techni-informaticienne et connaît parfaitement le fonctionnement de ces grosses bêtes. De plus, il y a trois postes de commandes et certainement faut-il y travailler de concert. Elle a raison. S’associant à mes investigations en même temps qu’elle a parlé, elle a vite prouvé être douée. Nous avons mis notre savoir-faire en pratique et avec complicité avons déchiffré les représentations binaires des fonctions principales. Chacun a cherché à comprendre tout en renvoyant leurs responsabilités aux pros. Hâtivement, nous avons parcouru les disques et avons su que nous ne disposions que de peu d’options, une sécurité a tout effacé ou protégé. Loin de nous laisser éconduire, nous avons poursuivi notre revue pour accéder au contrôle et peut-être détourner le blocage informatique. Tout est intact et c’est un sacré bol... Tout aurait pu être court-circuité... L’endroit a dû être déserté par anticipation sur on ne sait quoi. Sinon, pris de court, ses locataires n’auraient pas eu le loisir de crypté ainsi les données. Or, celles-ci le sont. Cette station n’a essuyé aucune avarie et plus nous avançons, plus nous avons de quoi penser que son ange gardien a parfaitement fait son boulot.
Il nous a fallu une bonne heure avant de franchir ces codifications et parvenir à nous introduire au sein même des disques durs. Là, nous avons ensuite fait un inventaire, ouvrant chaque extension et réinitialisant progressivement chaque paramètre. Enfin, nous avons pensé être au bout de notre rangement. A priori, les processeurs, le stock mémoire, les unités d’entrée-sortie et celles de communication sont réglées et susceptibles d’orchestrer la bonne marche de l’ensemble. Il nous reste à parcourir les unités, les débloquer parfois et à nous en imprégner.

Nous avons repris notre souffle... sommes sorties nous dégourdir... le ciel est clair, c’est la pleine lune. Nos amis ont rallumé le feu, ainsi prendrons-nous autant de pauses que nécessaire et attendront-ils dehors, tout en nous conférant assez de tranquillité pour réfléchir. Tron a même songé remettre la suite au lendemain. Réconfortant les plus pressés, nous avons répliqué vouloir en finir. De toute manière, nous ne trouverions guère le sommeil... Du coup, certains sont allés chercher des boissons et de quoi grignoter... Nous avons encore discuté un peu, n’en revenant pas de ce qu’il nous arrive et de la bonne tournure des choses.
Détendues, nous avons enfin repris notre inspection. Une petite visite interne des services disponibles s’est imposée, a été prompte, mais nous a dévoilé le type de cerveaux auxquels nous sommes confrontées. Ceux-ci, sont assez sophistiqués et superposent plusieurs terminaux qui se renchérissent respectivement. Tous fonctionnent, mais aucune archive ni registre n’ont été épargnés. Cet appareillage performant est vierge d’information et revendique une programmation. Cela n’est pas grave en soi, le summum est d’avoir de quoi progresser. En résumé, il suffit de tout reprendre à zéro, comme lorsque l’on vient d’acquérir du matériel. Les premières exécutions faites, les critères s’enregistrent selon nos préférences.
C’est parti ! Tout cela va enfin nous servir. Nous savons comment tout connecter et nos instructions vont être effectives. Nous avons tapé les accès et ordonné quelques lancements... Inopinément, ce n’est pas la table mais l’une des parois de la salle qui a grésillé... l’écran géant à cristaux liquides couvre une bonne surface du fond, à un mètre du sol. Interpellés nous avons attendu, mais le grésillement a insisté, suggérant quelques vices. Nous avons essayé d’autres modes, cherchant aussi celui de la table et subrepticement, elle s’est allumée de but en blanc, affichant maints clichés. Hourrah ! C’est gagné.
Effarés, nous avons vu cette carte numérique se dessiner, visiblement celle de nos alentours. Elle s’est doucement étayée, nous révélant les spécificités de notre territoire et d’après cette démonstration analytique, c’est assez verdoyant partout, mais notre coin demeure le plus hospitalier question géologie et climat. C’est étrange de voir notre région sous cet angle. Surtout, il y a perpette que nous n’avons pas vu des graphes mener leur danse. L’emplacement de notre camp est flagrant, nous y discernons même des groupes de masses rouges et mouvantes, nos amis restés au village. Les vents, les cours d’eau et autres notions sont aussi identifiables, comme les animaux et les types de flore. Cela se traduit néanmoins par une illustration grossièrement pixélisée des intensités et des composantes génériques.

Que dire vis à vis du respect éprouvé un temps soit peu devant la technologie ? Je retrouve le frisson du clavier et poursuis ma prospection. Il s’agit maintenant de capturer l’alimentation générale. C’est bien beau tout ça, mais nous avons bien plus urgent... Un temps soit peu accoutumées, nous n’avons d’ailleurs pas tardé et ayant appliqué les bonnes procédures, ce que nous recherchions est arrivé... Un filet vert s’est tracé sur cette représentation graphique... Cela a été très court, en direction du sud-ouest. Il s’est arrêté à une centaine de mètres, puis a édité de nouvelles suites numériques et rébus, supposant un nouveau barrage à franchir. Nous sommes sur la voie, mais n’avons pas atteint notre centrale thermique et rien ne s’est activé. Nous avons perdu quelques minutes supplémentaires avant de saisir que ce ne serait pas de notre poste que nous débloquerions quoi que ce soit. C’est à partir de ce point lumineux qui clignote à en être irritant qu’il faut agir. Nous sommes sortis pour le cerner et heureusement pour nos nerfs, ça n’a pas été long. Caché dans un petit blockhaus, tout de même pas facilement repérable, un boîtier nous a imposé ses devinettes. Encore des mesures pour dissuader je ne sais quels envahisseurs, mais pas moins énervantes. Des chiffres et des lettres gérés par certaines logiques-illogiques, ordinairement chouchoutées des informaticiens. Conscientes qu’autant de précautions ne puissent être gratuites, nous avons fait une trêve. Il ne faudrait pas tomber dans n’importe quel piège et être victimes d’une quelconque embuscade.
Ah là là ! Plutôt que de trouver un petit labo anodin, nous tombons là dessus... Un QG formidable qui peut pourtant nous sauter à la tête. Piteuses, nous avons profité de cette halte imposée et autour du feu, sirotant un jus, nous avons exposé le problème à nos confrères. Nous arrivons certainement à la dernière protection de ce réseau. Et vu les leurres auxquels se sont prêtés ses créateurs, attendons-nous au pire ! Si cette base était bien clandestine ou pirate, ils ont pu aller loin, jusqu’à installer quelques défenses... Des gaz, une bombe, une autodestruction... Allez savoir... Aussi les codes que nous entrerons dans ce boîtier doivent être exacts, l’erreur nous est interdite...

Finalement, épuisées comme persuadées d’avoir la solution, tant nous sommes invariablement revenues aux mêmes hypothèses, nous avons décidé de les tester. Carmélia et moi sommes allées au boîtier, tandis que les autres se sont éloignés au cas où. Silencieuses, nous avons tapé les entrées augurées, doucement, tout doucement, retenant à chaque fois notre respiration. A la fin, un bip a retenti, devançant une minuterie... 5, 4, 3... Les yeux exorbités et prises de panique, nous avons fui. Tapies avec nos camarades, nous avons attendu, cinq... dix minutes... jusqu’à nous sentir stupides.
Et bien ! Que d’ouvrage pour si peu. De retour dans l’arbre un message nous a indiqué le final... Aucun virus destructeur en vue... Quelques écritures supplémentaires et ce sera bon. Exaspérées, nous avons suivi notre instinct logique et ce que nous chassions s’est insolemment affiché. Ce fichu point de ravitaillement a fini par nous révéler comment s’y accoler ! En clair, l’astuce du transcodage a résidé en l’annulation de cadenas par ajouts et juxtapositions de clés en certains segments. Adorant les probabilités, c’est un challenge ingrat que j’aurais dû surmonter sans m’embourber autant. Admettons notre perte d’habitude comme fautive... Voyant que rien n’était plus à craindre, Carmélia a rappelé les autres.

 

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