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Essai philosophique et scientifique "C'est la vie" - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF et IMPRIMER LE MANUSCRITdéposé à la SDGL, et la couverture emareva© est déposée également. Une charte protège autant les auteurs que leurs lecteurs, Éditions emareva, Blogs d'auteurs et Promotion d'auteurs se voulant clair dans ses prérogatives. |
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p20 Page Précédente < > Page suivante Ce n’est valable qu’avec des paramètres plus ou moins stables. Qu’en advient-il si les données basculent ailleurs ? Si le cocon dans lequel nous avons toujours baigné s’envolé ? Plus de repères, plus de modèles sur lesquels se projeter. Plus rien, sinon nous et notre devenir. Entités à la merci du destin et du bon jugement, nous reprenons tout à zéro.
CHAPITRE 10 Le lendemain, je peux vous assurer que les plus curieux ont été très matinaux. En dépit de leur courte nuit, ils ne se sont pas attardés et leur petit-déjeuner englouti, ils ont fait un rapide tour du village pour héler ceux qui les suivraient. D’avoir allumé ces instruments a décuplé leur intérêt et comme gagnés par leur impatience, nous sommes partis aussi. Clovis et Carmélia ont ouvert la piste, quelques-uns se sont joints, alors que Tron et moi fermons le pas. Prolongeant l’effervescence de la veille et des autres jours, chacun s’est affairé jusqu’à ce qu’enfin nos fouilles nous gratifient. En réalité, c’est en tombant que Carmélia a dégagé un levier complètement oxydé par la rouille. Soulevant une épaisse poussière, les plus obstinés l’ont fait basculer... Aussitôt, le sol s’est abattu... Une trappe, c’est une trappe ! Clovis est descendu le premier, timidement suivi de Carmélia. Leurs vives exclamations nous ont dare-dare attirés et heureusement que notre savoir-vivre est incoercible, car sinon nous nous serions carrément faits marcher dessus. Le jour suivant, nous y étions à la première heure. D’emblée, Clovis a inspecté la centrale découverte la veille, son moteur et tout. Bon ! Allons y ! Selon nos annotations, il a précautionneusement remis chaque fusible en place. Il a ensuite procédé à nombre de vérifications, dénudant des fils oxydés puis les resserrant pour de meilleures liaisons, soulevant des plaques et auscultant des circuits... Sommairement, une flopée de manœuvres dont nous n’aurions jamais estimé l’importance. Il s’est donc minutieusement certifié de maints détails qui éviteront tout court jus déplorable, puis nous a déclaré être fin prêt. A qui l’honneur ? Nous avons tous ri. A qui ? Sinon à lui ? N’est-il pas le seul à s’être dépêtré de ce micmac ? Humble et ravi à la fois, il a pris sa respiration et se tournant vers les commandes, a actionné des touches, réglé des variateurs, puis levé les leviers... un, deux, puis le troisième... Au tour des interrupteurs... Un, deux, trois ! Brusquement, un ronflement s’est fait entendre, nous nous sommes tous regardés presque épouvantés. Du coup, Clovis a battu des mains et la coïncidence a voulu que la lumière se fasse à ce moment précis. Ouf ! Eblouis... Nous sommes éblouis et euphoriques. Bravo ! Bravo ! Nous avons tous félicité notre électricien favori, d’accolades et pour certaines de bisous affectueux... Puis, gênés par l’éclairage artificiel et abrutis par notre succès, nous sommes restés quelques minutes en bas, piétinant et découvrant le lieu. Ayant enfin envie de voir ce qui nous attendait au dessus, nous sommes montés. Carmélia la première a immédiatement déclaré que nous avions du pot car le néon circulaire est autonome et n’aura donc jamais besoin d’être remplacé. Cette remarque nous a fait rire, aucun d’entre nous n’y a pensé... Pourtant cet indice est loin d’être dédaignable... Quelle perspicacité ! Elle y tenait à son labo ! Calmés et observant d’un nouvel œil cette antre insolite, aux parois nervurées et couvertes de mucus, nous avons ressenti une émotion indéfinissable. Le néon sillonne la périphérie de la pièce et cette douce lumière propage une singulière atmosphère, comme dans un cocon qui aurait éclos. Tous les pans de mur sont en bois et ce n’est ni décor ni placage, mais de l’écorce naturelle. Notre premier réflexe nous a immédiatement menés dehors pour soulever ces plantes qui recouvrent tout et auxquelles nous n’avions pas porté d’intérêt. Faisant le tour, nous avons finalement découvert cette impressionnante souche, recouverte de verdure et encastrée dans la roche. Ce quartier général est installé au cœur de ce qui a vraisemblablement été un gigantesque arbre. C’est magnifique ! Nos ancêtres ont creusé la matière de l’intérieur, respectant les racines et les formes initiales. Un examen confirmera que ce QG existe depuis des lustres. Pour sa part, l’arbre a pu frôler le millénaire avant d’être étêté et le laboratoire n’est pas aussi émoussé mais a fait son temps, les gammes de machines remontent assez loin pour nous l'induire. Cela devait être un refuge clandestin, un abri confidentiel, peut-être antinucléaire ou de surveillance, sinon nous l’aurions croisé sur nos forums... Dans une souche, il est chose assez originale... Une centrale pirate par laquelle certains esquivaient les congrès ? Ce qui expliquerait la disparité des instruments. De toutes les manières, nous ne saurons jamais qui a utilisé cette zone ni pourquoi. L’arbre n’est plus, son tronc a cependant tenu le choc et sauvé le tout, c’est l’essentiel et élude tout le reste. Etonnement, Clovis n’est pas immédiatement monté. Toujours aussi compétent, il préfère se méfier de dysfonctions malvenues et note les inductances des puissances hertziennes, des fréquences et des stockages énergétiques. Par analogie, il en a même amèrement déduit n’avoir que peu de temps. Il faut percuter à chaud, les valeurs varient et s’effondrent obstinément. Oui ! C’est clair ! Le générateur se vide et pompe goulûment ses provisions, ultimes ressources pour son entretien. Ne le voyant pas, nous sommes redescendus et notre exubérance s’est dissipée en cinq sec.
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