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Essai philosophique et scientifique "C'est la vie" - par Emmanuelle Mairet - RECEVOIR LE LIEN VERS LE PDF et IMPRIMER LE MANUSCRIT

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CHAPITRE 6

Tout en gardant sa masse aux dépens de son volume, notre globe s’est autrefois déformé, élevant ses reliefs et creusant funestement ses couches. Ensuite, de gigantesques trémulations ont fracassé puis détaché ses hauteurs, réduisant sa circonférence et rapprochant dangereusement la croûte terrestre du centre. Ces énergies condensées, noyau de fer et de nickel en fusion, colossal aimant en lent déplacement, ont contribué aux fissions et conçu de nouveaux fonctionnements. Nous sommes plus près de l’intérieur de la Terre, de son champs magnétique incessant et assimilons bien des incidences... Cette proximité concentrique explique partiellement maintes choses. Evidemment, cela plaît aux philosophes et aux intellectuels qui se sont entichés de la naturopathie, un procédé de réglages des flux internes. Hippocrate lui-même estimait que la maladie provenait des humeurs. A ce stade, tout l’indique et moult encyclopédies regroupent ces doctrines ou médecines. Maîtrisons le réseau impulsif qui sillonne la surface de notre corps et inclinons-nous tant devant les lois métaboliques que cosmiques. Sans aucun doute, cette mainmise que s’octroient les cycles, les températures, les vents, la chaleur ou le froid, ne doit pas être négligée... Et nous exhortons à des exercices de relaxation ou de méditation, avec pour finalité de canaliser nos flux... Ceci, sans perdre foi en la science.

Les fléaux encaissés depuis les cancers, les sidas ou leurs variantes ont instauré une hygiène irréprochable... Les derniers épisodes eux, éduquent les gosses dans des écoles aseptisées, à ne vivre qu’à l’intérieur des enceintes, à se blinder tous azimuts et à se nourrir de denrées traitées. Les éruptions et affections attrapées à l’extérieur par quelques fougueux, en font des héros qui n’hésitent pas à exagérer leurs mésaventures ; certains téméraires y passent parfois leur passeport d’adhésion pour quelques clans d’adolescents, mais la plupart finissent par être dégoûtés de mettre le nez dehors. L’époque célèbre l’impeccable, nous passons notre temps sous des faisceaux purificateurs, payons par identification ADN, contactons par télématique et oublions cela dans des clubs de divertissements virtuels... Dans le même esprit, nous arborons l’uniforme, des combinaisons pratiques et seyantes, qui suivent nos tendances épuratives et varient de la tenue de jour, de nuit à celle de sport, en un tournemain. Des plumes, voiles ou ceintures de survie les accessoirisent subtilement. Nous vaquons à notre train-train, dans une ordonnance exclusive, grâce à laquelle tout semble rouler, au mépris de contrariétés qui auraient dû achever notre optimisme. Heureusement, tannées par le passé, les mentalités essuient chaque revers avec une incroyable maturité.

Rien ne semble tragique, hormis la désopilante dégringolade de nos naissances... Nos enfants vivent, s’amusent ou travaillent dans le meilleur esprit ; mais quoique irréprochable, cette génération ne nous promet pas de descendance. Tous s’effraient du sexe et des MST probables. Les sociologues sonnent l’alerte un poil trop tard. Toute une lignée réagit pareillement et notre démographie emprunte un virage plutôt impromptu. Faire l’amour n’est pas condamné en soi... Le pratiquer est autre chose... Trop de menaces justifient ce recul de nos cadets qui ont calmé leurs ardeurs presque à notre insu. Ils ont modéré leurs élans et le temps a discrètement engendré cette jeunesse platonique. Prendre du plaisir, au risque de contracter quelques infections ! Non ! Ils préfèrent s’en dispenser ou s’y essayer, mais au virtuel. Terrible ! C’est terrible ! Nous leur avons appris la traîtrise des gènes bactériologiques dans l’espoir de les en préserver, sans considérer l’handicap dont la procréation souffrirait. Avec notre culture, comme ces attouchements raréfiés et ces mentalités, passer à l’acte s’avère quasi inimaginable, irréfléchi et surtout incertain. Affaiblies par les faisceaux, usées par autant de préventions, nos hormones oublient comme qui dirait leurs fonctions physiologiques... et aucun aphrodisiaque ne serait assez puissant pour aller contre... Ne parlons donc pas des grossesses, ni des accouchements qui souffrent de l’ère bébés bulles que nous avons nous-mêmes cautionnée.
Cependant et tout à leur honneur, les couples manifestent le désir incontournable de compléter leur expérience en élevant leurs bambins... Cela reste tout de même un aboutissement. Frustrés, plusieurs sont allés commander un enfant bulle anonyme aux hôpitaux. Au début, ils ont poliment été reconduits ; féconds, ils ne répondaient pas aux paramètres requis. Mais cela se réitère tant, qu’IRIS doit se rendre à l’évidence. Ils ont décortiqué chaque dossier, tous répondent aux mêmes critères et accepter pour les uns, se résume à accorder aux autres les mêmes faveurs. Retranchés au pire, ils n’ont pu que légiférer les fécondations et gestations in vitro. C’est accablant et astreindra, mais la situation s’entérine. Il faut un coup de punch, de nouveaux jouvenceaux et les solutions n’abondent hélas pas. En dépit d’en avoir d’autres, notre proposition cloître davantage, mais esquivera les bactéries et ces syndromes de mimétisme. Nombreuses, pas toujours identifiées, tantôt positives, tantôt négatives, elles restent redoutables. Pour la pérennité de la race, nous nous trouvons donc dans l’obligation de plébisciter l’inadmissible et nous n’en sommes pas fiers.
Les chiffres ne font pas de détour, nous sommes trois fois moins qu’il y a un siècle. Au départ, cela nous a sortis d’impasses en facilitant la prolifération d’un modernisme extrême, grâce auquel les puissances compensent et le nombre s’empresse à dépenser... Cela ne durera pas si cette stérilité, au sens propre comme au sens figuré, s’entête à tuer l’amour, comme disparu sous les ruines, emportant avec lui la sève des instincts primitifs. Nous n’avons pour passé que nos souvenirs ou nos encyclopédies cyber. L’âme vitale est éternellement enfouie et la magie ancestrale propre à chaque cycle, chaque civilisation, source de vie, n’est plus qu’un mythe. Une nouvelle ère est née, avec de nouveaux décors et des protagonistes qui font preuve de sagesse, s’affiliant à un certain idéal d’agglomérations parfaites... Hélas peut-être trop, puisqu’au point de mettre notre héritage en péril. Indéniablement, nous devrions nous mettre au diapason et revoir certains rudiments fondamentaux. Au regard de la flore et de la faune, notre seule issue serait encore d’obtempérer au mieux. Gambader à l’air libre et au soleil, sans craindre de suffoquer ou de se brûler, nous y tenions, même si nous nous sommes oubliés.

Dans nos départements, nous digérons les principes de polymérisations tant bien que mal et tentons maints rapprochements pour indexer ces fissions moléculaires. Sacrée couche d’ozone, nous avons convenu tardivement de la carapace qu’elle nous concédait. Le temps a fini d’envenimer la situation, les quarantaines s’enchaînent et l’affluence des cellules dépistées nous maintiennent au comble du doute. C’est fort désagréable. Nous esquissons des moyennes mais c’est une réelle perte de temps dans ces écosystèmes mouvants par définition. Les sondes décantent les analyses géologiques, atmosphériques et tout ce qu’elles captent, les structures diffèrent constamment et un cas par cas cornélien nous évite bien des divagations. Avec cette adéquation du magnétisme vivant et terrestre, le sixième sens devient réalité et le septième voit le jour. Assumons cette notion d’unité qui lie les éléments entre eux... Nous sommes imprégnés de notre contexte qui nous influence à notre corps défendant, pendant que les points d’interrogation s’entassent et que bien des dons dits paranormaux s’affinent. Cela s’acquiesce indubitablement et surtout laisse baba nos toubibs qui, sans l’expliquer, soupçonnent le transformisme d’être investigateur de la segmentation génétique.
Maîtriser ces options atypiques n’est pas récent. Nous examinons toutes les éventualités et cette aisance des ondes à se rebiffer surprend à fortiori. La synchronisation des translations et des individus dessert le tout et répond à de profondes forces. Nous n’obtenons jamais les mêmes aboutissants. Au delà des biopsies, nous caractérisons les symptômes de manière typologique, selon l’humeur du témoin, son tempérament et sa routine, comptant avec la concordance innovante des milieux. Quelle est l’alchimie qui amorce une telle fluidité des cortex ? Avec ces aptitudes à communiquer et à s’activer, cette matière où chaque atome est son propre garde-fou, rien n’est sûr... Des tentatives, tant biotechniques, génétiques ou électroniques ont été menées, sans réponses positivement tangibles. Ces plantes immortelles, ces bêtes automatisées par abstraction de cellules ou greffes d’électrodes, comme ces gamins plus que surdoués proviennent d’une recherche avertie, assoiffée, mais peu responsable. Nous avons proféré l’introduction de clones, pour réaliser trop tard la folie que c’était... Désormais c’est inutile de disserter, les associations en vigueur s’autorecoupent et, impuissants, nous n’avons qu’à observer. Le catalyseur, lequel ? est activé... Humain ou contextuel ? Hérédités, manipulations, conditions atmosphériques méconnaissables ou magnétismes planétaires entrent en lice, tandis que d’autres aspects s’ajoutent régulièrement...
Plus que jamais nous n’avons pas le sentiment de nous appartenir. La Terre et l’espace se gèrent, guidés par la survie des contextes qui s’ajustent. “Etre bien dans le pire des mondes” régente ces fluctuations. Nous n’avons pas conjuré cette redistribution libre des cellules et au gré de la sauvegarde, les gènes ont adopté des modes inédits, dont celui de la génération même. Nous ne mésestimerons plus ces impulsions capables de s’inventer une dynamique imparable.
C’est saugrenu, mais pour quantité d’entre nous, ce qui n’a jusqu’alors pas eu de crédit s’atteste tout bonnement. En ces temps de découvertes où tout se mue, les phobies devant de telles modifications du macrocosme auraient été légitimes, pourtant il n’en est rien. La curiosité l’emporte gracieusement et nous ne nous suffisons pas d’être spectateurs.

 

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