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Nouvelle "L'autre France " - par Leo Marigot
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La dernière séance était terminée depuis maintenant dix bonnes minutes.
-qu’est ce Qu’elle foutait cette garce
Qu’il lui apprenne de quel bois il se chauffait ou plutôt de quel acier il était trempé ! Enveloppé dans du papier journal une machette dont la lame mesurait au moins quatre-vingts centimètres lui prolongeaient le bras. Les passants par instinct de conservation s’écartaient systématiquement à la vue du personnage. Ses yeux visiblement cherchaient parmi eux une victime potentielle. Ils étaient d’un rouge qui en disait long sur la quantité de rhum qu’il avait ingurgité. Un flot de jurons s’échappa de ses dents pourtant serrées en un rictus. Elle était là celle par qui le scandale était arrivé. Mathilde aurait bien voulu parler, s’expliquer mais eut à peine le temps d’esquisser un mouvement des lèvres avant que le revers de la main gauche de son agresseur ne vienne s’y écraser. Le choc fut si terrible qu’elle fit volte-face comme une poupée de chiffon. Elle senti sa lèvre supérieure exploser tandis que Sa bouche s’empli de bien plus de sang, qu’elle ne pu contenir. Instinctivement sa langue se promena sur l’intérieure de sa joue gauche lui révélant une chaire éclatée. Une boulle de chaleur lui embrasa le ventre se fraya un passage jusqu’à son gosier. Elle aurait très bien pu étouffer si ses yeux n’avaient en un gros paquet de larmes libérés la pression. Elle tenta de se relever mais Calypso au dessus d’elle s’acharnait maintenant avec sa machette. (3). Les badauds déjà autour s’attroupaient tandis que s’abattait sur Mathilde un déluge de coup.
Elle hurlait, pleurait, quémandait de l’aide mais personne ne fut assez
téméraire pour s’interposer entre Mathilde et son agresseur. Comment ? Comment diable
pouvait-on être aussi cruel ? Il va arrêter se disait-elle. Mais il frappait encore et encore. L’agression n’avait durée que deux minutes mais c’était deux minutes de trop durant lesquelles le passé de Mathilde lui sauta au visage. Calypso ne s’était arrêté que lorsqu’elle avait perdu connaissance puis il avait fondu dans l’obscurité complice d’une nuit sans lune.
Mathilde reprit connaissance sous la lumière éblouissante d’un réverbère. Sa tête lourde comme du plomb reposait sur la cuisse imposante de me Lucienne. Elle était en vie. Ses membres endoloris le lui rappelaient tout autant que cette voix qui disait :
-Madame Mathilde…madame Mathilde…ça va?
Tu as de la chance madame Mathilde il n’a pas utilisé le tranchant de sa lame sinon à l’heure qu’il est…
-Qu’elle heure est-il…mes enfants ?
Malgré la douleur elle se redressa, autour d’elle le flou bientôt fit place à des dizaines de paires d’yeux, parmi elles celle d’un agent de police.
-vous allez venir avec moi nous allons prendre votre déposition vous pourrez porter plainte au commissariat
-non ça va. « Il me tuerait pensa t-elle ». Il faut que je rentre !
Se voulant optimiste elle s’expliqua le bourdonnement de ses oreilles par le chuchotement faussement pudique des badauds. Elle entreprit de mettre de l’ordre dans ses cheveux mais y renonça très vite. Son cuir chevelu était douloureux, autant que ses bras et ses mains qui avaient fait office de bouclier. Faisant fis de tous ceux qui une fois tous dangers écartés se souciaient de sa santé Mathilde non sans appréhension entreprit le trajet du retour.
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