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Les choses commencèrent tôt. De temps en temps, une odeur revient, les sens ouverts, une excitation à vif ne peut que confirmer qu'une seule vieille expression : «ça manque.» Et, est-ce plus tôt ou plus tard, que la pensée du crépuscule vint tout bousiller ? Dans la conviction du dehors. Tension musculaire inextinguible, compulsions inconscientes, manies sexuelles tocs etc. Parier sur tout cela est déjà beaucoup, trop. Plus de livres, juste des éléments virtuels, un microordinateur, à la place d'un grand volume - et ne croire que dans le clapotis des touches, comme seules compagnes, exprimer ses déjections émotionnelles, éructer ce qui fut observé, à demi palpé, lu, joué à travers de musiques. Rêver, imaginer la mer au loin. Penser que le cadre spatial est ici un hôtel particulier. Entrer plongé tel un personnage de roman dans son propre roman. Jazz et compagnie, comme si Coltrane revenait, vêtu, étrangement d'un bleu de chauffe. Soi-même, comme un autre parler d'une Afrique fantomatique et d'un Orient perdu. Ce dont il serait question dans l'ouvrage: une mosquée, un groupe de rap fait de jazzmen bizarres, la rivalité d'un nabot de droite et d'une hypocrite catholique. Toute croyance reste feinte de l'esprit : Tout cela n'est que conneries. Survit pendant quelques temps extirpé d'une torpeur clinique, post-traumatique, le réveil. La lumière de l'écran de veille de l'ordinateur, ne risque de soulever aucune peur, pas de raison non plus de s'y appesantir : état de semi-conscience, pourtant pesant comme des tessons de bouteille de bière, dans les yeux qui empêchent de se rendre compte que la machine s'est éteinte. Le monde reste bigleux. La machine fait grève. La lueur électrique et l'ancienne odeur de linge rangé reste inintelligible. Comme après le passage d'un artifice dans la pensée, à la fois un sentiment de nausée, dehors, le soleil derrière les vasistas semble taper. Le crâne dedans est brumeux : existence dedans et dehors; sujet détaché de tout, comme libre de ne rien appliquer. Tout repart si vite. Recouvrant la vue, bien étonné de trouver, dans ce petite monde clos, le noir. Douce lumière filtrée et reposante pour la courte vue. De la mémoire, l'esprit renait peu à peu. Brulant. Dérobé à la couverture, après la quête de la nuit ; des déplacements agités rythmiques du rêve sans véritable cause. Incompréhensible. Le contenant de la nuit reste obscur. Quelle heure peut-il être ? Les klaxons comme des sax raisonnent, des bagnoles qui se battent sur la route, c'est loin; le chant de l'oiseau d'un temps perdu en ville ne s'entend plus. Des distances, ne décrivent plus rien réellement : ni l'étendue d'une campagne natale, aucun désert - nul voyageur qui ne se hâte vers le prochain pays - ni de petit chemin qui puisse être gravé dans un souvenir. L'excitation du jour, toujours arrive. Elle livre à des lieux nouveaux, à des actes non consommés, à la causerie délirante, incessante, hystérique et imaginaire : citadelles du corps parlant. Passent les dieux de l'internet - la peau irréelle se donne maintenant telle une lampe étrangère. Suivent alors des êtres inconnus, des bestioles riantes de peurs, encore dans le silence de la nuit, mordu par le surgissement du réel, arrive finalement la douceur du détour d'un jour .
Faut-il seulement rappeler la tendresse des joues, des jambes, des hanches d'une femme ? Le corps, son moi contre les jours heureux d'un l'oreiller, plénitude et fraîcheur d'un parfum de musc, qui saisissent pour longtemps : la vraie peau transpire contre le tissus satiné ou le coton. Pareil aux les corps emmaillotés de l'enfance. Le manque relève de ça. Il est pourtant l'heure de rouler un pétard. Bientôt midi. Chaque moment subit sa peine, lancinante. Fumer et boire, de la sorte est écœurant ! Malade à crever, contraint à fuir en voyage psychique. Il faut bien s'occuper. Qui plus est, là, dans un hôtel particulier merdique, anonyme. Le réveil est suivi par une envie terrible de vider le corps dans son intégralité : tripes et viscères. Réjouissance d'une expulsion aux WC .. Voyant sous la porte une lame de jour. Quel plaisir ! Dans un moment, la concierge de l'hôtel particulier vieille décadente qui s'imagine psychiatre, pourrait bien faire du bouquant. Qui viendrait lui porter secours ? L'espoir de rencontrer un jeune minet lui donne le courage d'être-là : de chasser les rats. Il suffit d'écouter les pas les pas de cette vieille truie, qui s'éloignent. Le Soleil, cet ami passant ses bras sous la porte a disparu. C'est midi. Qui vient de l'éteindre ? La belle domestique du ciel est partie : c'est la première femme de Mahomet, Khadija. Et, après cet exil, que reste-il ici-bas ? Il faudra rester tout le jour à morfler sans rien, presque ; plus de Aberlour, un bout de chit, même plus de subutex !
Une petite branlette en songeant à Shahrazade et autant se rendormir. Les souvenir suaves, d'une période de bifs suivent : Les yeux de la nuit sont ouverts. Porte de Clignancourt, agitation des bagnoles passant sous le pont du périphérique. Le temps est inquiétant. Peu à peu s'étiolent les idées. Sous les toiles de tantes blessées par le cambouis. C'est là où les gens manquent à ne vouloir pas manquer. Se vidant de leurs puces et revêtissent des habits plus courts pour travailler ou étaler, leur bifs., ce qui peut leur être donné au sol, sur une manche. Dans les couloirs de métro aussi, suit sans cesse le gouvernent du hasard. C'est chic de penser que les gens s'aiment. Lorsqu'il se croisent sans se voir. Sans plus se parler. Il n'est pas d'autre solution que d'écouter dans le fond de l'un se ces couloirs : l'accordéon qui chante seul, gitan, bohème, pour qui bandonéons à la façon d'un joueur de tango qui déraisonne sur ses touches ? L'accord saigne. A Paris peut manquer à vie ; pour jamais ne n'oublier ces sons d'éternité. Clochardisant, le type joue. La femme tant aimée semble régner dans ses touches. Tel un guerrier l'instrument assaille le vide. Du métro il n'en est rien. La vide : métro, plein de monde ; et si vide de proximités, ah quand les rires armés des jeunes enfants, sur les quais ? Quand cette vie qui ne sait que souffler à vif, tremblante d'unité et de discontinuités, des corps meurtris au sol empoussiéré par leurs vies, leur quotidienneté. Un mini-espace de rêve nait. La musique encore en encore, vibrée dans les soufflets, qui font mugir la santé d'un type mal rasé : un Polonais expatrié. La musique n'a pas changé. Toujours la même sérénade à la cité : Lutèce - qui fait chier. Quelque pars il faudrait changer.. Mais la vitrine n'est pas cassée.. Paris laisse s'échapper quelques hurlements de train qui sur les rails se font espérer, se font à perte de vue, pour l'étranger qui ne sait s'il pourra manger. Deux ans ont passé et rien n'est terminé. Les accordéons chantent leur voyage, sans fin. De la Pitié aux butes oubliées : près de Montparnasse aux autres coins solitaires. C'est comme solidaire. La tranquillité d'être encore lié à la ville, si alambiquée. Celle qui fit fuir les nouveaux nés de leurs liens emmaillotés, celle qui fit partir les abandonnées, pour la solde. Etre ou ne plus avoir été dans cette cité, n'a que si peu d'importance pour tous. Ce ne sont qu'escaliers qui font luire dans les regards délaissées dans une misère sans nom. Paris gris, sans importance ni élégance d'un froid qui n'octroie aucunes croyances. Sec ! Sauf la Seine qui vagit son humidité il n'y a qu'à offrir au dessus du Pont Neuf son corps pour seul poids. Elle permet de se jeter, d'oublier, jusqu'à la mer, de songer à une mort, au moins digne. Et pourtant ce qui anime en regardant du haut d'un pont c'est souvent l'amour : cette excitation romantique, qui pousse à passer du temps à porter sa vie en mots aussi. Mais qu'en est-il de l'amour ? L'autoroute de l'infini, C'est une feinte de la vie. C'est la mémoire qui à chaque fois joue des tours, c'est à cause de tous ces souvenirs. D'une ville à l'autre, ça meurs. L'amour est trop présent. Même sur les trottoirs. Il clapse mais claque dans la tête encore un cri, juste avant d'être oublié. Pour les puissants rien n'est meilleur que les tartines de fric. Au petit matin ils bouffent la confiture aux violettes, made in Toulouse. Et puis après c'est la tarte aux poils qui vient joncher leur bonheur sur le trône artificiel. Cours et sentiment, « que nini » ! Le mur c'est la réalité. C'est déjà ça. Mais non. Paname reste là. Pour encore gicler quelques flammes autour des causses vides d'instruments gitans, autour des verres de bière. Rue des Rosiers, à chialer, des pleurs qui font péniblement compter les jours comme des mesures qui luisent sur un agenda invisible. Soldat, boxeur, trimard de l'art qui bade les voleurs, les odeurs de haine, les nuages des femmes qui hantent, le visage d'un désir inassouvi, l'effroi dans la tête sévit sans aucuns émois. Ya pas que l'ennui ya pas non plus que la folie, peut-être ; aussi, en fait un seul verbe qui vit : « sourire ». Avant de rire à pleins poumons de la vie, rire. S'éclater à n'en plus pouvoir. Expulser toutes les couleurs du corps désagrégé par l'alcool, par les femmes, par l'amour fantasmé de ces chattes, trop puissant et prégnant. Raisonnent les histoires.. d'hormonie et d'ostéogènes, qui assèchent l'homme aux sentiments. Lorsqu'il ne peut y toucher. Cloche il est.
Quoiqu'un dors, est-ce votre serviteur ? La première personne du singulier est symboliquement absente. Morte. N'ayant plus que de sourds réveils, en soubresauts, un instant, le temps d'entendre les craquements organiques du corps qui digère le repas de la veille. Ouvrir encore les yeux pour fixer la symphonie de l'obscurité. Goûter pour un temps à une séquence de lucidité. Prier pour que le soleil revienne - à tout prix ! Siffler le délire. Dehors l'enfer de la ville. Dedans : la mer, mosquée érigée, des filles vierges en maillots de bais deux pièces rose sur la plage. Les pleurs d'Adam ont rempli les mers. Où furent ensuite cachés les manuscrits de Babel ? Dans la chambre secrète d'enfants ? Eve semble partie avec toutes les productions : bouquins et gamins. Le tout organi(se)que d'un corps absent : impuissant, adopté, handicapé, chétif, dont il n'est plus qu'une petite partie, son insensibilité paradoxale qui s'en retourne vite s'unir, au Tout, à Dieu. Dans la caverne nocturne le sujet rejoint, par glissements successifs un âge sans traits, la page tournée d'une vie reptilienne. La candeur se retrouve dans les peurs enfantines. Celles que des adultes provoquaient : bras tirés, mains dans la main, à faire la toupie autour d'eux. Ça, comme une danse, s'amusant à faire faire le tour façon pantin en toupie humanisée. Rien ne pu s'évader. Le jour, la nuit. - instants de mouvements réels prenant le pas sur le manège éternel - Un temps fut-il endormi ? Oublier ces événements pendant le sommeil. non ! Les excréments du réel remontent toujours. Un sentiment dans la caboche de gosse vient, aussitôt qu'il fut possible de se ressaisir virilement, pour échapper aux mains de l'adulte. Qu'est-ce qui reste marquant depuis l'enfance ? Les mouvements du cour, physiquement. Quand ça valdingue ! Par acquis de conscience, se protéger. Rester chez soi. Prendre soin. Tenir avec des pinces magnétiques « la folle du logis » Sortir de la danse serait possible. Mais pour aller où ? Dehors l'espace est infini.
Autrefois, une côte cassée transperça un thorax. Il ne fut possible que d'avoir mal. L'accouchement se fit par le nœud ouvert- le nombril. Comme si finalement Adam naquit d'Eve percée. Tout se résume en ouvertures organiques. La forme du plaisir qu'il faut goûter; pour imaginer que c'est toujours la femme qui l'offre. L'intérieur dans l'intérieur, c'est ce qui disaient les savants du XVII eme siècle, sur le corps dans un autre corps, l'enfantement et la sexualité poursuivent le même lieu. Un corps qui sent dans l'autre sa propre chaleur, pour vouloir l'y rejoindre. Le soleil réapparait : éveil. Grouillements lointains, des êtres qui se rapprochent, d'autres qui s'éloignent. Certains prient. D'autres jouent. Mais cette sacrée femme universelle, obsédante oubliée par la force des choses, pour quelques années juste reste là. Pareille à un écran lumineux, divin. Sensation chaude, peau hâlée par le ciel, pas de baiser pourtant, corps pathétique, esseulé par son poids et sa taille. Est-ce seulement la figure du Christ qui demande pourquoi se voir abandonné ? Cela devient une certitude : les femmes sont les véritables natures créatrices. Quelquefois, ce sont, dans le voile de la mémoire, les traits sémites et sévères, d'une femme connue dans la vie qui s'agitent. Poursuivre le visage de la femme est le but du voyage. Retrouver, tels ceux qui partent en désespoir de cause, les yeux flambés, une terre perdue, en s'imaginant qu'un voyage physique est plus porteur qu'un voyage onirique. Tableau de bord sans plus d'indications pour avancer. Boite noire enregistrant tout de même - sans femme, juste un rêve .
Un homme dort. Tenant nimbé autour de lui l'arc en ciel des obsessions terrestres : les femmes et l'argent. L'ordre des idées premières. Il les consulte, tel un oracle, en s'éveillant et y lit en un bref instant le point, sur la terre qu'il occupe. Le temps qui s'est écoulé depuis le premier jour (plus de 11 000 levés de soleil) leurs apparitions éphémères peuvent succomber à leur poids, voire se rompre. Combien de matins après des nuits blanches, ne se ressemblent pas ? Le suicide reste la seule question réelle qui soit en train de se lire, dans une posture bien différente de celle de sommeil. Quoi que parfois elle intervienne aussi dans les rêves. Juste soulever le bras et sentir le mouvement de la vie. Arrêter et faire reculer le noir soleil. Sur un tapis, parsemé de cousins satinés et couverts de filets d'or ; tout vautré, fumer la première minute d'un nouveau réveil. Jamais il n'a été vraiment l'heure - estimation faite, de l'heure du coucher. Quoi qu'il en soit, le sentiment mauvais, de merde incarnée s'assoupit dans une posture déplacée, divergente. C'est la haine - dé-unificatrice - de soi et des autres. Solitaire. Par exemple après avoir mangé un gigot et des haricots, pété, et même déféqué. Assis sur le tapis, alors le bouleversement reste complet dans les mondes psychiques, de la digestion physiologique et physique ; tout est éclaté, sorti de l'orbite. Le sol tremble magiquement, demeure le rapport de soi à soi. Voyage intersidéral, à toute vitesse dans le temps et dans l'espace, paupières fermées, nausée, où l'on croie avoir couché quelques mois plus tôt, ailleurs qu'à l'hôtel particulier, près d'une femme connue un soir. Mais il n'en est rien. Il suffit de presque rien d'ailleurs pour voir dans le lit de sommeil plus profond encore, plus enivrant une tâche de sang. Serai-ce le reste d'un stigmate arboré pendant la nuit ? Alors celui-ci décrirait corporellement la trace d'un lieu d'endormissement marqué sur le drap. Une fois sorti de la plaie intérieure de l'âme : menstruations de femmes, scarification auto mutilation masturbatoire etc - à nouveau le réveil ! Comme si cette tâche marquait le passage d'un lieu à l'autre - un évitement suicidaire. Lorsqu'un être évite de mourir, il dort. Mû au milieu de la nuit. Pareil à la bête dans son terrier, au chameau abandonné, à l'oryx perdu, au lézard jaune voué à être écrasé par les humains. De là : l'existence sauvage et singulière - comme il se peut qu'elle frémisse au fond d'un animal. Dénué de tout : état normal de l'homme des cavernes pour qui rien d'advient. Néanmoins, s'il n'est pas de moi, reste le goût du souvenir - mais sans lieu bien précis attribuable à un « je ».Sortir du néant, cela ne se fait pas seul. Soit dit en passant, il n'est que figures informes qui se jouent des sujets : petits monstres aux formes biscornues. Cochonneries enchevêtrés, noueuses, en flux permanents, que sont ces subjectivités - pour tout dire : l'extraction d'un moi, c'est l'élévation. Passer, une fois levé, une seconde sur internet en Wifi, et voir en par-dessus des siècles de civilisation .. les images confusément accumulées et entrevues : du fer, du béton et du verre, des ordinateurs, des tours de grands buildings, des rues commerçantes, zoom porté sur les détritus ramassés dans les poubelles, les petits canins urbains passants, en dessous les rats d'égouts faisant le ménage, des hommes et des femmes au dessus s'entrecroisant dans le cahot de la ville, mains et pieds liés par leurs préoccupations travailleuse, chemises et cravates, tailleurs et talons, tenues de travail, qui reposent peu à peu les traits originaux d'un dehors existant et inexistant.
Peut-être le temps est-il devenu éternel ? Dans la continuation des choses autour du petit monde s'allume quelque chose sur l'ordinateur. Jaillit comme une diffraction. Un clic de souris et puis : C'est la joie qui part de la trompette de Louis Armstrong interprétant Mack the Knife avant que ne suive sa voix roque et sulfureuse, saupoudrée de notes de piano. C'est le temps du désir heureux partant tel une flèche. Comme le temps d'un soleil d'été, un saignement mélodique dans le cerveau, on ne sait qu'entreprendre après si bonne virée de sons. Le temps de l'insouciance suit toujours la fureur. Certitude que ce sont ces rages intérieures, et non pas d'autres, par l'immobilité du corps en face d'elles. Toujours est-il que, qu'au moment du réveil ainsi, l'esprit s'agitant, s'étale comme une huître pour chercher, sans n'y rien saisir, à savoir où il se trouve dans ce corps inorganisé. Tout tourne avec la fumée du pétard. Autour règne l'obscurité, les choses, les pays, les années. C'est à n'y rien comprendre. Rémanences synesthésiques : Vision de paysages sonores pop et cochons volants jouant du saxophone. Les autres musiques restent de la merde pour intellos, ou pseudo-chercheurs. Vian, la première Fontaine, Django, Coltrane ou Billie Holiday, de quoi faire crisper les poils et fait bander les neurones. Tout est dans la machine. Mais le corps reste encore trop engourdi pour se remuer. Résistance. La recherche d'après la forme à venir. L'espoir de se relever un peu .. Mais il faut, repérer la position de ses membres pour trouver la direction du mur, la place des meubles, pour reconstruire et pour nommer à partir des sens, la demeure. La musique as-t-elle de la mémoire ? Elle n'est que mémoire. L'imprégnation de ses lignes architectoniques, de ses rondeurs, de ses structures mélodiques douces ou viriles ; cela s'est toujours confirmé. Surtout avec le jazz et les tournoiements derviches. En plusieurs lieux, chambres d'hôtels, appartement, squât ou autres taudis célestes. Mais à chaque fois, le son embaume et les murs sont invisibles. Car, ils changeant de place selon la forme de la pièce habitée, tourbillonnants avec les rayons de soleil. Face au seuil des temps et des formes apparaissances qui portent voir le monde autrement. Par exemple, l'ordinateur enfer contre tous. rappelle dans son éclairage flamboyant les autres éléments du mobilier : le lit, les portes, les fenêtres, un couloir qui tournoiera en spirale jusqu'au matin. La rivière alcoolisée qui luit, des titubations sans deviner aucune orientation, en dehors de toute identités suivent le rythme des lieux. Imaginations phalliques et sauvages. Le corps blême allongé face au mur dans un grand lit de mort, aussitôt entend : « Regarde le monde meurs. Maman appelle. Mais viendras t-elle, au moins, dire au revoir ?», A la campagne, sur une route déserte, mort depuis bien des années; un chien pourtant parlait. Il aimait accompagner les gens. Le côté le plus sympa de ce cadavre canin était son pif, pour lequel les photographes le faisaient poser. Gardiens fidèles d'un passé dénué d'esprit : les photons l'avaient immortalisé. On n'aurait jamais dû oublier. Rappelant la flamme de la veilleuse du canin bohémien. Cette forme d'arme ouvrant le chemin, suspendue au collier animal. Vers le paysage de crème bucolique : une ancienne cheminée au creux de la tête, en forme étrange de silex, comme pour allumer un canon invisible, dans cette chambre à coucher de l'hôtel particulier; tout est si condensé. A la ville, ou ailleurs en des jours plus lointains que de moments disloqués, de figures obsolètes sans plus de représentations exactes. Quand reviendra l'éveil ? Le charme d'une tempête désirante, de ce tas d'os qui n'existe plus : un chien, un humain et ce décor.
Puis renait l'odeur de cette jeune fille. Athlète de la frustration vécue, sa seule inscription est C. Le mur de la réalité alors fila dans une autre direction : ailleurs, dans le monde de l'enfance, vers la scène d'une sœur et mère imaginaires, dans l'entre-jambe faisant naitre des cieux ö dieux ! Il est au moins deux heures. Ça doit bouger partout, dans tous les sens en ville. Il aurait été plus sympathique de rester aux pieu. Temps prolongé d'un somme absolument métaphasique, sommeil réparateur. Avec comme petite suceuse - cette C - en tête, avant de se fringuer façon clochard pour sortir. Mais pourtant bien des années ont passé depuis C. Elle envoya tout récemment un mail pour prendre des nouvelles - suite à des années d'absence. Après réponse, elle ne fut certainement pas déçue du retour de bâton la petite. Dans les retours les plus tardifs, c'est souvent les reflets rouges du couchant qui apparaissent comme des veines tranchées au rasoir des sentiments, dans la fenêtre. C'est un autre genre de vie qui est mené à l'hôtel. Le soir, au sortir, fardé, rimmel et gloss, une jolie jupe noire longue ornementée de poids blancs, perruque aux cheveux châtains lissés, bottes noires serrées aux mollets, collants résille etc. Ainsi, aussi bien ne sortir qu'à la nuit, ne suivre au clair de lune des rues alambiquées où jadis s'esclaffait le soleil et fuir la chambre s'habiller pour aller dîner. De loin s'aperçois assez bien la silhouette, putain ou belle folie hurlant la vie par tripes substituées en artéfacts de féminité ? L'étrange sujet-homme-femme en question est traversé par les feux d'éclairage du quartier, seuls hésitent parfois : les phares de voitures balisant la nuit .
Ces évocations tournoyantes et confuses ne durent jamais que quelques secondes. Cela fait tout de même chier, souvent la furtive certitude de la vie où l'on se trouve n'aide pas. L'écrire sur le « tap-tap-tap » de touches encore moins. Distinguer sans trop les unes des autres les diverses suppositions (masculin ou féminin mettons) dont elle était faite, qui s'isolent réciproquement .. Regardant un chien courir, écoutant une femme appeler à son amour - positions successives vues à la Tv- guettant le glamour amour.
Mais ce n'est pas sans revoir tantôt l'une, tantôt l'autre, des chambres qui furent habitées par des loosers-poètes. Dans la vie que les choses finissent par se rappeler toutes. Sur le rythme d'un music-hall, alternant chansons tristes et joyeuses, sortant de chez lui, les pieds dans la neige. Repenser à ces moments passés, au soleil levant dans cet appartement Parisien de 90 mètres carrés de la rue Duranti, près du père Lachaise - la TSF braillant au réveil. Dernier étage, vue sur les arbres du cimetière. Salon au faux parquet usé de HLM, murs jaunes ouf, affiches de cinéma dessus, à l'extérieur la lumière issue de grandes types fenêtres Bow Window Britanniques. Les jubilations jazzent mentalement - au seul fait d'aller prendre son café. Le monde alors fut fou. C'est ce qui devint sa désordonnée coordonnée.
Etrangement, le temps passé dans ce grand appartement marque un calme absolu. Entre musique, course à pied, natation avec les autres locataires, accumulant de bouteilles sur bouteilles (vins blanc, rouge, bières en packs, ou vodka Smirnoff) accumulées dans un back dans l'entrée, le temps passé à ne rien faire, dans la seule attente du lendemain peut manquer. Quel luxe que l'oisiveté ! Dans de longs trips, en toutes langues, les scènes se suivent multicolores, avant qu'encore ça ne se répète indéfiniment.
Chambres d'hiver où une fois couché, le corps de l'homme se blottit la tête dans le cul en forme d'horloge et les corps de sables - lorsqu'ils se rejoignent- se tressent avec les éléments les plus disparates. Au coin de l'oreiller, le haut des couvertures, un bout de foulard mauve, le bord de cette tombe de sommeil, et un vieux numéro de Max, tout finit par se cimenter selon la technique des oiseaux. Et puis, s'y appuyant indéfiniment, là, par un temps glacial, les plaisirs du corps qu'on goûte qui consistent à se sentir séparé du dehors. C'est une hirondelle de mer qui a son nid au fond d'un souterrain, dans la chaleur terrestre, ancestrale, comme la rage dans le vendre du loup et où le feu étant entretenu toute la nuit dans la cheminée. Qui pourrait encore dormir dans un grand manteau d'air chaud et fumeux ? traversé par des lueurs d'un feu de la St Jean. Tout se rallume, sorte d'impalpable nid douillet et férocement chaud, caverne utérine, creusée au sein de la chambre même, zone nocturne ardente et mobile en ses contours thermiques, aérée de souffles qui rafraîchissent la figure et arrivant aux ongles. Les parties voisines de la fenêtre : canapé, fauteuil bleu jean usé, télévision, parties ouvertes sur le cimetière, éloignées du véritable foyer, se sont alors refroidies ..