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Belade, comédien raté a la dérive, rêve de monter un café-concert sur paris et d'y inviter des jeunes talents des banlieues qui font souvent la "une" des journaux. Perdu entre rêve et réalité, il va s'encanailler en devant un virtuose du gourdin et de la cambriole. En duo avec un vieux pote de la correctionnelle, ils vont détrousser leurs premières victimes un épicier avare et raciste suivit d'un marchand de canon belge que même les supplices et l'agonie n'arrêteront les bourreaux. À lire sous tranquillisant 50 mg.
Enfant des bidonvilles de Nanterre la rouge 1957/1969 - Associé production films documentaires - commerçant - Militant SOS racisme et droit au logement - intime de l'Abbé pierre durant 3 ans - tour du monde pendant 5 ans - 147 pays visités - détenu pendant 4 ans aux Etats-Unis - taxi brousse au Burkina Faso - frère de cœur du grand Fela au Nigéria et écriture, mise en scène, comédien de 7 pièces de théâtre. Auteur de "et dieu créa l'ANPE" publié en 1994 éditions IM’ média. Partie de Nanterre et Paris en 2001 – installé près de Nevers - fin du deuxième roman - ébauche du troisième roman.
Dans mon entourage, surtout les amis que je peux compter sur les doigts d’une main tremblante, indécise, on m’appelle Belade, c’est mon surnom, aussi mon nom de plume, puisque j’en suis a mon deuxième roman que les gentils décideurs du Centre National du Livre à Paname, après avoir lu le premier, m’ont généreusement et a l’unanimité octroyés une bourse d’encouragement de 40.000 F pour écrire celui-ci. Un geste de bienvenue ou de pitié pour un ch’ti gars de banlieue qui a osé franchir le magnifique portail de l’hôtel particulier d’Avejan, au 53, avenue de Verneuil – 75007 Paris. Oui, moi, Belade, natif du bidonville-Beach de Nanterre et ses rats de foires, le rebelle a deux balles des cités dortoirs qui font souvent la « une » des journaux et autres torchons pour pousse-mégots et nez de Boeuf, je me suis permis d’affronter les salons feutrés de cette noble institution ou j’ai croisé au passage quelques dorés sur tranche et oncles d’Amérique de la grande littérature. A l’accueil, on m’a pris pour un coursier en Vespa, je m’en rappelle comme si c’était hier. Un coursier, vu ma tenue vestimentaire et ma dégaine de pickpocket prospère dans le bon vieux quartier de Barbès-Rochechouart. J’ai dû forcer quatre barrages pour atteindre le bureau des aides à l’écriture. Peine récompensée. Six mois plus tard, Quarante mille balles sur mon compte Livret A.
A 16 ans et 9 mois exactement, j’ai été viré manu militari du collège d’enseignement technique Victor Hugo à Nanterre la rouge ou j’apprenais un métier d’avenir garantie jusqu’au tombeau « ajusteur mécanicien ». Jusque là, tout allait bien, normal, itinéraire d’un enfant pas gâté. Un mois d’usine, toujours à Nanterre, j’ai vite compris que les 3/8 n’étaient non plus pas pour moi. Viré avec comme solde de tout compte et remerciement une phrase du directeur qui m’est encore resté dans la tête : « t’es sorti sur le dos du ventre de ta mère avec en prime les mains dans les poches ». Ca promet pour l’avancement². Durant quinze années, j’ai exercé des petits boulots dégueulasses, pénibles, comme os1 pour finir os2 sur la fiche de paie en forme d’accordéon. En juin 1988, au détour d’un festival théâtrale à Gennevilliers, j’ai eu le grand flash, la révélation, le théâtre, les planches, le public, Molière et moi, a ma porté, même destin, même galère, même succès, sauf que le Grand et éternel Lesieur Molière était sous la protection dur roi Machin et des seigneurs de l’époque, et moi la Sainte Mère la Caf et son pendule porte-bonheur le RMI, sans oublier, de grâce, le bon Père Coluche et les Restos du cœur, pour ne pas crever la dalle.
Février 1990. Premières ébauches du roman et de la pièce de théâtre Et Dieu créa l’ANPE. Je jubile. Je suis dans la cour des grands, enfin, je veux dire que je faisais partie de ces écrivains fauchés qui pianotent la nuit sur une vielle machine à écrire à boule IBM, et au petit matin gris les dessous de table des marchés pour racler les invendus pourris à tiers.
Novembre 1994. Je suis enfin récompensé des fruits de mon labeur. Mon premier roman est enfin sorti de l’imprimerie Normandie Roto Impression. Dès le premier jour où j’ai commencé à écrire une histoire de deux chômeurs longue durée de Nanterre, je savais que d’être publié dans la plus petite maison d’édition tenait du miracle et que je n’appartenais pas à l’honorable société des pistonnés. Pas un seul nom sur mon carnet d’adresses ne pouvait m’assurer un accueil empressé et un verre de ce vin pétillant qu’on appelle « champagne ».
Septembre 1997. De la certitude d’être en haut de l’affiche d’un théâtre parisien ou de province avec ma pièce de théâtre « Et Dieu Créa l’ANPE », je passais au doute, à la désillusion, à l’amertume, je sombrais dans la sinistrose, à l’échec cuisant, à l’inaction triomphante. Ma situation devenait un maelström d’ambitions déçues, d’erreurs, et de profonds désirs de vengeance. Des idées noires commençaient sérieusement à germer dans ma tête. Les jours, les semaines, les mois s’écoulaient lentement, inerte, jusqu’au jour où, un lundi, lundi 17 février 1998 pour être plus précis, à l’ouverture d’une lettre, que ma vie avait basculée. Une force de puissance 12 sur l’échelle de la haine qui en compte 10 s’emparait de moi, presque étouffée. Je n’étais plus le même. La bête avait pris place, la bête qui ne reculait devant rien, même au péril de sa vie et de celle des autres qui n’avaient aucune importance à mes yeux. Trop tard, le mal était fait. L’argent roi hantait mes nuits jusqu’au point de me réveiller en sursaut, le front dégoulinant de sueur et le cœur battant à se rompre.
Je ne pensais pas que de l’honnêteté au crime, il n’y avait qu’un pas à franchir. J’ai franchi le pas. Pour moi, maintenant, la notion d’interdit n’existe plus. C’est mon dernier rôle, taillé sur mesure, un rôle pas comme les autres. cynique et loufoque. On ne se refait pas. Normal, je suis un enfant des bidonvilles de Nanterre la Rouge.
Le monde est plein de filons, de magouilles, de trafics ; c’est une caverne remplie de trésors. Servez-vous
« Ils punissent de mort celui qui est convaincu d’avoir fait un crime pour cesser d’être pauvre et punissent de mépris celui qui a le courage de rester pauvre »
Marivaux -Le cabinet du philosophe (1734)
Je dédie ce livre à tous mes amis vaincus par la maladie, morts au boulot, sur la route, suicidés, seuls dans un HLM miteux, exploités par des négriers sans scrupules, aux sans papiers qui longent les murs la peur au ventre, a tous ceux et toutes celles victimes du racisme, de l’intolérance, du mépris, de l’exclusion, de la précarité et de toutes les saloperies qu’ils endurent sur terre.
Ce texte est passé au crible, mais pas de rewriting savant par des spécialistes de la chose écrite. Il doit rester, comme moi je le désire, un texte brut, voire brutal, témoin de la possibilité pour les gus de mon genre d’écrire leurs propres histoires, à leurs manières, sans chercher à les faire entrer à tout prix dans le moule d’une catégorie littéraire convenu. Le texte « Putain de d’argent » est donc présenté ici dans son authenticité première, sans retouche destinées à séduire tel ou tel public qui sinon ne comprendrait pas, avec aussi ses imperfections, ses redondances de langue et une terminologie souvent « impropres » leg vivant de la chose parlée L’écriture d’un tel document témoigne enfin de ma volonté d’inciter les gus des quartiers trop nombreux, qui font souvent la « une » des journaux d’écrire leur histoire, réalité ou fiction, à la maitrise de la mémoire, plutôt que de les assister comme simple écrivain public. Par ma volonté d’écrire, je témoigne aussi des difficultés multiples pour y parvenir. On ne s’improvise pas écrivain, chroniqueur des cités. On en bave…